Soucieux de l'environnement depuis leur installation et désireux de se diversifier, trois exploitants agricoles de la même famille ont décidé de s'associer au sein d'Agriflandres pour se lancer dans la méthanisation. Une source de revenus supplémentaires, à terme, en même temps qu'une façon de valoriser les coproduits issus de leurs exploitations. « Notre site permet de transformer le carbone des plantes en biométhane. On peut utiliser jusqu'à 10.000 t. par an de résidus végétaux, dont une majorité de litières et lisiers en provenance de nos propres élevages laitiers, mais aussi des sous-produits de légumes issus de la production de Bonduelle, toute proche, et d'autres déchets verts », détaille Jacques Wyckaert, dirigeant, avec son fils Julien, de la GAEC Wyckaert, l'une des deux exploitations à l'origine du projet.
Coproduits agricoles valorisés
Le tout est mélangé, puis placé pendant 40 jours à 40°C dans une première cuve de 2.000 m3, le digesteur. 80 % du gaz est alors extrait de la matière, qui passe ensuite dans le post-digesteur, d'un volume identique, jusqu'à ce que les 15 à 50 % de gaz restants soient extraits. Le produit fini, le digestat, est ensuite utilisable comme engrais naturel pour les cultures. « On récupère un produit amélioré, » souligne Jacques Wyckaert, « puisque non seulement pendant l'opération aucun élément fertilisant n'a été perdu, mais surtout le digestat est immédiatement absorbable par les plantes. Sur notre exploitation, ça nous a permis de diviser nos achats d'engrais chimiques par trois. Et puis il n'y a aucune odeur à l'épandage. »
Chaleur et électricité
Surtout, le gaz sert à alimenter un générateur, qui produit de l'électricité, revendue ensuite à EDF. 250 kWh sont ainsi produits, de quoi alimenter 300 foyers, affirme fièrement Jacques Wyckaert. Et la démarche est entièrement vertueuse puisque l'eau qui alimente le circuit de refroidissement du moteur sert ensuite à chauffer le digesteur et les bureaux d'Agriflandres en hiver. Les 80 % de chaleur restants sont eux revendus à la société voisine Wostin, qui l'utilise à la place du gaz fossile pour chauffer ses cultures de pousses de soja, réduisant son impact carbone de 30 %. Au total, l'installation a coûté environ 2 M€, financés à 20 % par l'Ademe et le reste sur fonds propres, grâce à un prêt du Crédit Agricole. Le chiffre d'affaires prévu est de 400.000 à 500.000 €, avec un retour sur investissement après environ sept ans. Une personne est employée à mi-temps sur le site, mais un temps plein est envisagé à terme.
Agriflandres
(Renescure) Dirigeants : Jacques et Julien Wickaert CA prévu : 500.000€ 1 salarié (0,5 ETP)