Jean-Jacques Tirquit, directeur général de la société d'exploitation Aéroport Grenoble Isère (effectif: 80 à l'année, 350 pendant les quatre mois d'hiver), avoue ne pas comprendre. «C'est de l'incompréhension totale, un vrai problème: les Grenoblois ne se sont toujours pas approprié l'aéroport. Il y a des habitudes à changer et un travail à faire sur la communication.» Les tour-opérateurs Voyamar et Aerosun, du groupe Marietton, qui proposeront cet été des vols vers Djerba et Tunis, regrettent ce manque de notoriété. «Nous cherchons des villes de proximité pour faire voyager les gens et créer des marchés, explique Aurélien Aufort, responsable marketing. Mais nous espérons que la Ville et la Région vont prendre conscience que le grand public a besoin de connaître l'aéroport et les destinations desservies et en faire la publicité. Ce ne sont pas qu'aux tours opérateurs de prendre des risques financiers.»
Des liaisons vers Nantes et Bordeaux?
Jean-Jacques Tirquit estime que «peu de tours opérateurs sont assez courageux pour se lancer dans des opérations à risque. Pour se développer, l'aéroport a besoin de lignes mais aussi d'acteurs qui prennent des risques. Actuellement, les compagnies demandent des subventions trop fortes. Mais tout est histoire de feeling, d'entente avec les compagnies.» Le directeur dit être en cours de négociations avec des compagnies à bas coût pour développer le marché estival en direction du Royaume Uni. De son côté, François Bacchetta, directeur général d'EasyJet France, estime que «Grenoble n'a pas de capacité à l'année» pour la clientèle britannique. «Nous faisons nos choix en fonction du marché, pas seulement de la plateforme. On croît sur Grenoble, mais raisonnablement. Nous vivons de notre exploitation, pas de subventions. Donc soit nous gagnons de l'argent, soit nous fermons la ligne.» Grenoble ne se focalise pas sur le Royaume Uni. «Nous réfléchissons aussi à l'Italie, dit Jean-Jacques Tirquit. Et nous aimerions avoir des lignes transversales vers Nantes et Bordeaux. Je pense que nous pouvons récupérer des lignes quotidiennes ou biquotidiennes. C'est à concrétiser en ce début 2011.»
Objectifs d'après crise
Avec 353.000 passagers la saison précédente, contre 470.000 en 2008, l'aéroport encaisse la crise. «Nous visons une augmentation de 2à 5% cette année. Mais nous avons des objectifs ambitieux à plus long terme, avec 500.000 à 600.000 passagers annuels.» Le directeur relève les avantages de cet aéroport local. «Pour ceux qui partent, nous avons une politique tarifaire pour le parking des voitures plus que compétitive, allant jusqu'à offrir la semaine de stationnement pour certaines destinations. Notre avantage concurrentiel pour ceux qui arrivent, c'est un accueil rapide et fluide. Nulle part ailleurs le voyageur peut descendre de l'avion, récupérer ses bagages et, en vingt minutes, être dans le bus en direction des stations de ski.» L'aéroport s'enorgueillit d'avoir cet hiver douze destinations européennes régulières, opérées par six compagnies: Ryanair, EasyJet, Transavia, Aurigny, Lot et Wizz Air. Ainsi, depuis Grenoble, on peut relier trois différents aéroports de Londres, Bristol, Birmingham, Liverpool, Dublin, Stockholm, Rotterdam, l'île de Guernesey et Varsovie. Des charters viennent également d'Ukraine, Russie, Scandinavie, Angleterre et Israël. Également dans les projets du directeur, «des améliorations internes pour redynamiser l'aéroport: un restaurant digne de ce nom, une aire de commerces, un hôtel, une plateforme logistique. Mais c'est très long.»
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