«Nous continuerons à gérer l'aéroport de Bretagne Sud jusqu'à ce que la liaison TGV entre Lorient et Paris soit acceptable. Soit 2020, 2021 ou 2023...» Le président de la CCIT, Jean-François Le Tallec, l'annonce sans langue de bois. En revanche, ce qu'il adviendra de l'aéroport de Lorient passé cette date, nul ne le sait encore.
2,3millions d'euros investis en huit ans
Difficile pour la CCIT du Morbihan de garder à niveau son aéroport, alors qu'un nouvel équipement flambant neuf est en construction à 155km de là. Un aéroport à vocation internationale certes, et que la CCIT espère complémentaire avec l'orientation nationale et régionale de l'équipement lorientais. Une vision que l'on peut juger optimiste, voire surréaliste. Surtout au regard d'un aéroport mixte, militaire et civil, qui peine à recevoir le soutien des collectivités de son propre territoire. La CCIT a investi 2,3millions d'euros en huit ans dans la plateforme. Qui d'autre pourrait prétendre soutenir un équipement de ce type, pesant 4,1millions d'euros de budget, qui sort tout juste de dix années de déficit?
Trafic en perte de vitesse
Un déficit budgétaire comblé grâce à de nouvelles orientations stratégiques, qui ne donnent pas forcément la part belle à la communication. Son budget a réduit comme peau de chagrin. Comment l'aéroport peut-il encore poursuivre sa conquête de clientèle? Atteindre la fréquentation record de 2006 semble impossible. Bien que la majorité des usagers en semaine soit issue d'une clientèle d'affaires, le trafic en général est en perte de vitesse depuis 2008. Enregistrant une baisse de près de 19% sur trois ans. Et ce n'est pas seulement la faute au nuage volcanique d'avril2010...
«Le développement commercial de l'aéroport dépend de sa capacité à accueillir les avions de certaines compagnies», explique Michel de Trogoff, directeur de la CCIT. Sur ce volet, la stratégie à long terme de Brit Air reste encore à écrire. Au sein de la compagnie aérienne la question de conserver son partenariat avec l'aéroport de Lorient, comme avec celui de Quimper, reste entière. «Il est beaucoup trop tôt pour le dire», indique-t-on chez Brit Air. Et Michel de Trogoff de poursuivre: «Ponctuellement, un avion de plus de 180 places peut atterrir sur le tarmac, mais de manière régulière, non.»
Diagnostic en cours
La raison? La résistance de certaines sections de la piste ne le supporterait pas. «Les voies de circulation sont fatiguées, c'est un phénomène normal», explique Franck Martin, directeur de l'aéroport. L'enrobé n'a
urait pas été refait depuis 1988. Et le parking avion mériterait lui aussi des travaux. «C'est au propriétaire d'engager les travaux. C'est-à-dire l'État», défend le président de la CCIT. La Région, elle, a déserté le terrain depuis longtemps, misant sur la ligne à grande vitesse. Les militaires continuent d'utiliser la piste sans mal,
avec des avions de poids plus faible. Mais pour accueillir un charter, il faut une dérogation. En attendant, un diagnostic est en cours de réalisation afin d'établir la nature des travaux à effectuer et leur coût. «Si personne ne s'y met, l'aéroport n'avancera pas. Ni la collectivité, ni le conseil général ne peuvent y aller seuls», assure le président de la CCIT, qui compte sur une prise de conscience de l'État pour sauver cet aéroport de proximité.
Équipement Avec l'ouverture en 2017 de l'aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes se pose la question de la pérennité de l'aéroport de Lorient.