Du 2 au 6juin se déroulait la semaine du microcrédit. À cette occasion, le directeur régional de l'Adie, Éric Taponnier, revient sur un dispositif de plus en plus utilisé.
Qu'est-ce que l'Adie et quelle est sa mission?
Notre association, reconnue d'utilité publique, a pour mission de proposer un financement et un accompagnement à des personnes exclues du marché de l'emploi, qui souhaitent créer leur propre activité, mais qui n'ont pas accès au crédit bancaire. En 20 ans d'existence, l'association a octroyé 68.000 microcrédits générant plus de 70.000 emplois, dont 6.500 en Rhône-Alpes.
La crise a-t-elle un impact sur la demande de microcrédits?
Sur 2008, nous avons accordé 1.134 microcrédits en Rhône-Alpes. Sur les cinq premiers mois de 2009, nous en avons déjà accordé plus de 700. La demande est donc particulièrement intense. Face à la crise, le microcrédit apparaît pour beaucoup de personnes en situation précaire comme un moyen de créer son propre emploi. Un créateur sur deux est à l'origine au chômage. Le problème, c'est que seulement 42% des créateurs en Rhône-Alpes démarrent avec un prêt bancaire.
Les banques ont souvent des coûts de gestion trop importants pour des petits dossiers. Or, 54% des entreprises créées en 2008 ont démarré avec moins de 8.00
0 €.
Quels sont les secteurs qui ont le plus recours au microcrédit?
Le microcrédit concerne tous types d'activité avec tout de même une forte proportion dans le commerce (un tiers), la vente sur les marchés (20%) et l'artisanat (20% dont 8% dans le second oeuvre).
Et le montant des prêts accordés?
On peut aller jusqu'à 10.000 € d'encours global pour des projets inférieurs à 20.000 €. La moyenne en Rhône-Alpes est de 5.500 €: 3.000€ de microcrédit auquel vient s'ajouter 2.000 € de prime accordée par la Région dans le cadre du dispositif IDéclic Prim'. En général, on intervient en plusieurs fois.
Et cela fonctionne?
Nos clients font tout ce qu'ils peuvent pour honorer leur engagement. Nous avons un taux de retard inférieur à 5% en Rhône-Alpes. Au final, 69% de nos clients passent le cap de la 2e année et 58% atteignent la 4e année. Ce taux est un peu supérieur à la moyenne nationale. Le plus important, c'est que plus de 80% des personnes financées retrouvent en définitif une situation professionnelle durable, soit au travers de leur entreprise, soit en rebondissant sur un emploi salarié.
- www.adie.org - www.adieconnect.fr pour faire une demande de microcrédit en ligne