En début d’année, le groupe varois ADI a signé l’acquisition d’une autre entreprise familiale, MSI Système de Sécurité Incendie, intégrée au sein de son agence montpelliéraine. La septième opération de croissance externe depuis la première de son histoire en 2020. Un tournant pour cette société fondée en 1987 par Didier et Nadia Sayrous sous le nom d’Alpine Drômoise Incendie, devenue ensuite Azuréenne d’Incendie, et qui s’était jusque-là développée exclusivement de manière organique. Pendant plus de trente ans, l’entreprise est restée fidèle à son ancrage régional.
À l’époque, le rachat du plus gros indépendant du Sud-Ouest, Européenne Protection Incendie (35 personnes, CA : 3,50 M€), à Toulouse, lui avait permis d’étendre sa zone d’influence à l’Occitanie et de sortir pour la première fois de sa région d’attache. Une opération structurante : 4 000 clients intégrés et un modèle commercial éprouvé dupliqué avec méthode.
Le goût de la croissance externe
Depuis, au fil des acquisitions, le groupe dirigé par les deux frères Yoël et Yoan Sayrous s’est renforcé à Montpellier (Établissements Henry Leloup et MSI), à Nice (Langny Sud Incendie, Sud Sécurité Incendie et Élite) et à Paris (VIE). "Au total, ces opérations représentent 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé pour une trentaine de personnes", précise Yoël Sayrous, président d’ADI, entré dans l’entreprise familiale en 2004 avant d’en prendre les rênes en 2012.
Il avoue avoir pris goût à la croissance externe. "Grandir ainsi stimule, permet de voir comment travaillent les confrères et finalement de prendre le meilleur pour mutualiser les compétences et faire progresser chaque entreprise. À chaque fois, nous avons réussi à quasiment doubler le chiffre d’affaires", complète-t-il.
La méthode est rodée : reprise d’un portefeuille clients, maintien des équipes en place, déploiement du savoir-faire maison, notamment auprès des syndics et bailleurs sociaux, cœur de cible historique du groupe. Elle s’applique en plus sur un secteur structurellement dynamique. Avec un incendie, qui se déclenche toutes les deux minutes en France et 75 % des entreprises qui ne reprennent pas leur activité après un sinistre, le marché de la protection incendie génère près de 2,3 milliards d’euros de coûts annuels pour les assureurs et a connu un important rebond depuis le drame de Crans Montana, en Suisse, survenu la nuit de la Saint-Sylvestre.
Un leader indépendant
Désormais, le groupe ADI emploie 315 collaborateurs et a réalisé 37 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. "Nous sommes devenus la première société spécialiste de la maintenance incendie, non-fabricante, en France, tout en conservant des capitaux 100 % familiaux et en restant attachés à notre indépendance", souligne le président. Une singularité dans un marché dominé par de grands groupes intégrés comme Siemens, Chubb, Desautel ou encore Eurofeu, qui conçoivent et fabriquent également leurs équipements.
Objectif Paris
La recette qui a fait son succès dans le sud de la France, ADI entend désormais la dupliquer à Paris, avec en ligne de mire la possibilité de doubler l’activité totale du groupe à horizon cinq ans. Après une première acquisition dans la capitale, le groupe compte cinq collaborateurs sur place. " J’envisage un ou deux rachats, complétés par de la croissance organique ", explique Yoël Sayrous. Grandir en interne repose sur une stratégie qui a fait ses preuves : l’activité a été multipliée par trois de 2012 à 2017, passant de 7 à 21,5 millions d’euros. Depuis, elle n’est pas loin d’avoir été multipliée par deux. " Notre politique commerciale cible en priorité les syndics de copropriété et les bailleurs sociaux (65 % de l’activité). " Cette spécialisation permet au groupe de sécuriser des contrats pluriannuels, notamment auprès de grands bailleurs sociaux, offrant une base d’activité stable. Viennent ensuite les acteurs B to B, hôpitaux, collectivités, établissements recevant du public ou des travailleurs.
Et le dirigeant en est convaincu : " Il y a de la place dans la capitale et un marché bien plus important qu’en région Paca puisque l’Île-de-France compte 12 millions d’habitants contre un peu plus de 5 millions en Provence-Alpes-Côte d'Azur. " Il espère ainsi gagner 10 à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en région parisienne, tout en continuant de consolider ses positions dans son bastion historique. Dans le grand sud de la France, le groupe prévoit de réaliser 40 millions d’euros en 2026, tout en confirmant son ambition nationale.