« Nous associer aux éditions Payot & Rivages, c'est un moyen de résister à la concentration du marché et d'affirmer notre ambition d'éditeur indépendant », confie Françoise Nyssen dans son bureau arlésien, à quelques mètres du Rhône. Courant janvier, la maison d'édition, fondée par Hubert Nyssen en 1978, est devenue propriétaire à 100 % du capital de l'éditeur, basé à Paris, qui compte une vingtaine de salariés. « Objectivement, rien ne va changer. Payot & Rivages proposent des livres de fond, des textes de littérature et les deux maisons vont continuer à exister. Nous allons laisser à chacune sa spécificité. En revanche, nous serons plus forts en jouant les synergies sur la fabrication », poursuit Françoise Nyssen. Côté distribution, le contrat de Payot & Rivages avec Hachette court encore pendant un an. « Nous déciderons ensuite la stratégie la plus cohérente possible ». Les éditions Payot & Rivages représentent un fonds de près de 4.000 titres et près de 200 nouveautés par an alors qu'Actes Sud dispose d'un catalogue de près de 8.000 titres pour 600 nouveautés annuelles.
La onzième acquisition
Ce rachat constitue la onzième opération d'acquisition menée par Actes Sud depuis sa création. Une routine presque, à entendre Françoise Nyssen. « Notre tout premier souci est de préserver le réseau de librairies indépendantes qui est une des spécificités françaises et qui a été rendu possible par la loi Lang qui contraint la grande distribution aux mêmes tarifs de vente que les petits libraires. Nous sommes sur un métier très spécifique. Nous proposons aux gens des produits qu'ils n'ont pas demandés. Il existe un goût pour la lecture mais nous sommes sur une activité assez risquée. Moins que le cinéma car les investissements sont moins importants et que nous sortons davantage de nouveautés chaque année. Sur le prix de vente, la part qui revient à l'éditeur est de 45 %. Pour être rentable, un livre de littérature française doit être vendu à environ 3.000 exemplaires », explique-t-elle. En mars2012, Actes Sud avait été candidat au rachat du groupe Flammarion. L'Italien RCS avait finalement préféré conclure avec Gallimard. « Il s'agissait de notre distributeur et nous les connaissions bien, nous avons fait une première offre avec Albin Michel et nous avons finalement été écartés. Cela nous a évité un processus lourd, mais nous avons ainsi constaté que les banques pouvaient nous suivre, que nous avions une capacité non négligeable à lever des fonds », conclut Françoise Nyssen.
Actes Sud
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