Il est des télescopages de calendrier à ne pas laisser passer. En février 2024, à Seiches-sur-le-Loir, Jérémie Bourdillon, dirigeant de la PME Goubard (9,2 millions de chiffre d’affaires, 70 salariés), venait de reprendre l’un de ses sous-traitants voisins, Acson, devenu Acson Technologies, spécialisé dans la découpe laser (2 M€ de CA et 8 salariés au moment du rachat). Lorsqu’il apprend un mois plus tard que la société Hydrovide, à Huillé-Lézigné, à 8 kilomètres de là, est en redressement depuis novembre 2023, et qu’une partie du site a déjà été reprise, par Sarp, la filiale de Veolia. "J’ai dû modifier le business plan d’Acson en catastrophe. Cela a été complexe à mettre en œuvre". Au bout du compte, la reprise est actée. Jérémie Bourdillon sauve cinq emplois sur quinze : quatre chaudronniers et une opératrice laser, des savoir-faire qui manquaient à Acson. Depuis septembre 2024, les quatorze salariés (huit d’Acson, cinq d’Hydrovide et une personne recrutée) ont investi le nouveau site de 1 900 m2.
Le nouveau site offre de meilleures conditions de travail
Si le dirigeant a réalisé cette opération, c’est que le site d’Hydrovide apportait une réponse à ses attentes urgentes. "Les locaux d’Acson souffraient d’un manque d’investissement depuis dix ans. Il fallait faire l’isolation, acquérir de nouvelles machines et adapter la production aux besoins de Goubard. La métallerie d’Hydrovide était parfaite. Elle est dotée de ponts roulants, de systèmes de filtration performants pour les fumées de soudure : des équipements précieux pour les conditions de travail".
La bonne santé des salariés est primordiale, pour eux, mais aussi pour l’activité de l’entreprise. Comme les employés sont peu nombreux, la perte de production est rapide en cas d’arrêt maladie.
500 000 euros pour une nouvelle machine
Une machine de découpe laser de dernière génération a été acquise (pour plus de 500 000 euros). Celle-ci sera autonome en énergie car elle génère son propre gaz et consomme l’électricité produite par les panneaux solaires de la toiture. "La machine fonctionne trois heures par jour pour les besoins de l’activité de Goubard. Cela laisse de la marge pour la sous-traitance", envisage Jérémie Bourdillon. Celui-ci compte convaincre de nouveaux prospects grâce à la solution de devis en ligne bientôt mise en fonction. "Il suffira de fournir le modèle 3 D désiré et le système sortira un devis précis."
"La machine fonctionne trois heures par jour pour les besoins de l'activité de Goubard. Cela laisse de la marge pour la sous-traitance"
Un petit camion électrique a été acquis pour assurer la navette entre les deux sites (85 000 euros HT). En tout, près d’un million d’euros aura été injecté dans l’évolution d’Acson Technologies en 2024. Jérémie Bourdillon prévoit de continuer à investir en 2025, sur la cobotisation, pour assister les opérateurs dans les tâches de pliage.
Goubard respire et améliore son service
Le déménagement d'Acson Technologies permet à Goubard de respirer. En libérant 20 % des ateliers, l'entreprise résout son problème de manque d'espace. "Cela nous permet surtout de revoir l'ensemble des flux et d'améliorer notre taux de service. En effet, l'ancien site d'Acson sert à accroître le stockage sur mezzanine. Nous avons dix références disponibles sur étagères que nous n'avions pas auparavant. Nous pouvons plus aisément produire en série. Les produits sont finis et prêts à partir." Goubard exporte notamment une partie de ses équipements de levage dédiés au marché de la manutention : aux États-Unis pour les élévateurs de treillis soudés ou en Guyane pour les satellites d'Ariane 6. Plus près, la PME angevine a fourni les bennes perchées sur les échafaudages de Notre-Dame de Paris.