Si le Québec ne renie pas sa filiation avec la France, il opte bien souvent pour l'organisation et le pragmatisme à l'anglo-saxonne. Sur le plan du nom, Québec International ressemble fort à Bretagne International. Mais en pratique, l'organisation diffère. La structure dirigée par Carl Viel a ainsi pour mission d'animer les secteurs d'excellence qui sont compétitifs à l'international. En résumé aider les entreprises de son territoire à exporter, la mission ici de Bretagne International.
Compétences multiples
Mais, en parallèle, Québec International tente aussi d'attirer des capitaux étrangers et suit les filiales des entreprises étrangères installées près d'elle. Une mission dévolue, chez nous, à l'Agence économique de Bretagne, en lien avec l'AFII (Agence française pour les investissements internationaux). Une double compétence au Québec synonyme de plus d'efficacité, selon Carl Viel. «Je pense personnellement qu'il y a plus d'avantages à cette organisation. À l'extérieur, on développe des expertises (pour les entreprises québécoises tentées par l'international, ndlr) mais aussi des contacts (pour attirer les capitaux étrangers, ndlr). Ça nous permet de travailler avec les mêmes intervenants.» Le tout pour un budget resserré de 4M€ environ, pour une trentaine de personnes.
Indépendance des chambres de commerce
La Chambre de commerce de Québec, quant à elle, suit un modèle à 100% anglo-saxon. Présidée actuellement par un avocat, Luc Paradis, son budget ne dépasse pas 2,7M€ pour une quinzaine de personnes. Différence de poids, elle ne vit pas grâce à une taxe sur les entreprises. La contribution de celles-ci est volontaire! Aujourd'hui, 1.800 entreprises de la métropole québécoise y adhèrent. Avantage du système: la chambre est libre de s'exprimer sur tous les sujets, indépendamment de tout pouvoir. Les CCI françaises, en pleine réforme, devraient méditer ceci alors qu'elles vont signer, dans les prochains mois, des contrats d'objectifs et de moyens avec l'État... Dans les faits, la Chambre de commerce de Québec constitue plus un outil de lobby que de gestion d'équipements et de services. Ce qui ne l'empêche pas d'être fier de ce qu'elle fait pour son tissu économique. «Les Français nous disent souvent ?Comment faites-vous pour faire autant avec si peu de moyens??. On leur répond ?Comment faites-vous pour faire si peu avec autant de moyens??», résume, avec le sourire, l'un des cadres de la chambre québécoise.