Quel avenir pour les abattoirs de proximité ? La chambre d'agriculture du Morbihan se met en ordre de bataille « pour trouver des solutions pour les éleveurs », annonce Laurent Kerlir, président de la structure sur le Morbihan. La fermeture annoncée de Gallais Viandes (90 salariés et 48 M€ de CA), courant 2014, aura été l'élément déclencheur. À Vannes, c'est l'historique abattoir Le Floc'h qui cherche un acquéreur quand le projet de Sérent, à l'Est, du département, n'a pas avancé en six ans. « La chambre d'agriculture du Morbihan a décidé de tout remettre à plat, de faire un état des lieux afin de rassurer les éleveurs et les bouchers charcutiers. Nous défendons l'idée d'un abattoir multi-espèces avec un service de première découpe », martèle Laurent Kerlir. Cet état des lieux se fait aussi en relation avec des industriels de la viande. La chambre d'agriculture n'entend mettre sur les rails qu'un modèle économique rentable. « Nous devons tirer les enseignements du projet de Sérent même si celui-ci n'est pas enterré. Il a fédéré 300 producteurs, des collectivités mais pas de spécialistes de la viande et les financements n'ont pas suivi. Il faut imaginer le bon modèle. » Et ce modèle doit répondre à des débouchés : la vente directe par les éleveurs, le circuit des bouchers-charcutiers avec des demandes spécifiques sur des durées courtes ainsi qu'une ouverture à la restauration collective. « La restauration collective a des besoins. Il faut savoir y répondre. Dans le Morbihan, on sait produire, on sait consommer breton mais pas encore dans la restauration collective. C'est du bon sens d'imaginer que nous pouvons l'approvisionner. » Les rencontres de terrain se multiplient pour Laurent Kerlir et ses équipes. L'objectif est d'avoir une feuille de route claire et détaillée pour fin 2014.
Ségolène Mahias
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