L'évènement est assez rare pour être souligné... Les acteurs économiques de la Loire ont décidé de s'unir pour faire pression sur les élus au sujet du financement de l'A45, ce serpent de mer devant relier Saint-Etienne à Lyon. CCI, Medef, CGPME et clubs d'entreprise (Club Gier, Cleo, Ester, Foract et Acctifs) ont publié ensemble mi mars, un communiqué de presse réclamant « cette infrastructure essentielle pour le développement économique de la Loire ».
Lobbying
Ce document rappelle égaleent l'enjeu économique du chantier, au-delà du développement territorial que doit générer cette autoroute : un investissement d'1,2 milliard d'euros, 5 ans de travail et des retombées économiques pour les entreprises locales. Quelques jours avant, les élus de la CCI métropolitaine (Lyon/Saint-Etienne/Roanne) et de la CCI altiligérienne, accompagnés des syndicats patronaux, avaient convié la presse à Lyon à une réunion rappelant l'importance de cet axe pour la région. Depuis un mois, les manifestations et les opérations de lobbying se multiplient. Objectif : pousser les collectivités locales à mettre sur la table 422,5 millions d'euros, soit 50% de la subvention d'équilibre réclamée par le concessionnaire pressenti. L'autre moitié serait apportée par l'Etat, à condition que Saint-Etienne Métropole et le Département proposent un plan de financement bien ficelé d'ici fin avril. Ces deux collectivités s'étaient en effet engagées , auprès du ministère des Transports, à trouver les ressources financières nécessaires. Plusieurs collectivités devraient venir soutenir leur démarche. La Région d'abord, avec les 144 millions d'euros promis par Laurent Wauquiez pendant sa campagne (chiffre tombé désormais à 100 millions), si celui-ci maintient sa position malgré l'opposition de certains élus de son propre camps. Loire Forez a annoncé également qu'elle mettrait au pot. Le département de la Haute-Loire devrait aussi s'associer à l'effort. Toutes ces contributions viendraient ainsi alléger celles de l'agglomération stéphanoise et du Département.
Un appel aux dons mal perçu
Nos confrères des Echos évoquaient mi-mars une initiative de la CCI métropolitaine pour collecter les dons des entreprises. Portée par André Mounier, président de la délégation stéphanoise de la CCI, cette idée a bien été évoquée et discutée. Elle visait la constitution d'une fondation hébergée avec possibilité d'abonder, pour les entreprises et le grand public, via des dons dont une partie serait défiscalisable. Si quelques entreprises locales ont effectivement répondu positivement à cet appel du pied, notamment l'entreprise SNF à Andrézieux-Bouthéon dont le dirigeant Pascal Remy, a confié au Journal des Entreprises être prêt à injecter 200.000? dans l'opération, cette idée est pour l'instant mise en sommeil. « Nous avons tout préparé, nous pourrons éventuellement appuyer sur le bouton mais nous attendons de voir ce que décident nos élus. Après tout, s'ils y arrivent sans nous, c'est mieux ! » explique André Mounier, affirmant que 20 à 30 millions d'euros pourraient être collectés via ce système. « Cette idée ne fait pas l'unanimité parmi les entreprises. Nous sommes déjà suffisamment taxées ! Pourquoi les entreprises devraient payer cette infrastructure publique qu'elles vont déjà financer via les impôts, puis via les péages? », s'interroge Eric Le Jaouen, président du Medef Loire. Casino aurait ainsi déjà fait savoir que le groupe n'était pas particulièrement emballé par l'idée. L'UIMM Loire, de son côté, y est fermement opposée. Mise en stand-by pour l'instant, cette idée de fondation pourrait néanmoins renaître si le compte final n'y était pas. C'est en tout cas ce qu'affirme André Mounier.
Et maintenant? Depuis le vote, le 10 mars dernier, par le conseil de Saint-Etienne métropole de la délibération autorisant Gaël Perdriau à négocier avec l'Etat et le concessionnaire (dans la limite de la moitié des 422,5 millions d'euros nécessaires), des réunions techniques hebdomadaires se tiennent au ministère des transports réunissant des représentants de SEM, du département et du ministère. Saint-Etienne Métropole et le Département devront valider courant avril le montant final de leur participation, après délibération de toutes les collectivités ayant annoncé leur participation. La Caisse des dépôts et la Banque européenne d'investissement ont également été sollicitées. Rappelons que la Métropole de Lyon et le Département du Rhône ont refusé catégoriquement toute participation financière à la construction de cette infrastructure. Le plan de financement final doit être présenté au Ministre des Transports avant la fin du mois d'avril.
Stéphanie Gallo
INFRASTRUCTURES. D'ici un mois, Saint-Étienne Métropole et le Département de la Loire devront présenter au ministre des Transports un plan de financement pour l'A45.