Au début de leur activité les créateurs de TPE ne se rémunèrent pas ou peu. Selon une analyse réalisée par la société lyonnaise Dougs (500 salariés, 24,7 M€ de CA en 2024), 53 % des entrepreneurs ne se versent aucune rémunération et ceux qui le peuvent affichent une rémunération médiane de 21 631 euros par an soit environ 1 800 euros par mois.
62 % des créateurs d’entreprise bénéficient de l’ARE
Au démarrage, les entrepreneurs sont donc prudents et peuvent lancer leur TPE grâce à l’aide au retour à l’emploi. Grâce à ce dispositif, un demandeur d’emploi peut percevoir son allocation chômage et créer son entreprise. Selon cette analyse, 62 % des entrepreneurs qui ne se rémunèrent pas bénéficient de l’ARE.
"L’aide au retour à l’emploi représente un montant moindre que ce que les bénéficiaires peuvent avoir en restant au chômage mais c’est une forme d’incitation à ce qu’ils ne reviennent plus dans les rangs des chômeurs", estime Patrick Maurice, dirigeant de Dougs.
Des écarts de rémunération selon les secteurs et les régions
D’un secteur à l’autre, les rémunérations peuvent varier fortement. Dans l’informatique, la rémunération médiane est d’environ 40 100 euros, dans le conseil en gestion elle baisse à environ 25 500 euros. De leur côté, les dirigeants du commerce, du BTP et de l’artisanat dépassent à peine les 15 000 euros.
Côté régions, les rémunérations des entrepreneurs de tous statuts sont plus élevées en Île-de-France. Suivent l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne et la Région Sud où les rémunérations médianes sont situées entre 15 000 et 18 000 euros.
Salaire et dividendes, deux possibilités de se rémunérer
Le salaire n’est pas la seule façon de se rémunérer pour les créateurs d’entreprise même s’il demeure majoritaire. Un peu plus de 60 % des entrepreneurs se rémunèrent en 100 % salaire, une option où la rémunération médiane est plus faible et atteint 15 017 euros par an.
D’autres optent pour un mélange de salaire et de dividendes. Pour les 20 % qui ont fait ce choix, la rémunération médiane est 29 000 euros. Quant à ceux qui ont choisi le 100 % dividende, cette rémunération atteint 51 998 euros. "Cette stratégie de long terme repose sur un revenu différé qui ne génère pas de droits à la retraite mais s’inscrit dans une logique patrimoniale", explique un communiqué.
Mais ces niveaux de rémunération ne durent pas. Patrick Maurice constate une "forte progression des rémunérations après 18 mois d’activité". Un temps nécessaire, selon lui, pour construire la viabilité de son entreprise.