Le groupe allemand Bosch, premier équipementier automobile mondial, a annoncé cette semaine sa décision de se séparer de son site d’Yzeure, près de Moulins, dans l’Allier. "Des ajustements structurels sont inévitables", justifie Bosch face au "ralentissement économique persistant et aux défis majeurs liés à la transformation technologique du secteur".
Un manque de diversification dénoncé
La fermeture de l’usine, qui fabrique des systèmes ESP (outil d’aide à la conduite), doit intervenir à la fin de l’année. Un coup de massue pour les 265 salariés. Les négociations sur le Plan de sauvegarde de l’emploi doivent débuter le 3 février, alors que la production devrait diminuer progressivement jusqu’en juin. Les premiers licenciements seront opérés en septembre.
"Cela faisait plusieurs mois que la production était en baisse sur le site. Nous étions en sous-charge et nous demandions à la direction de nous attribuer d’autres activités, d’autres produits. Nous aurions pu fabriquer des ESP de dernière génération, compatibles avec les véhicules électriques", souligne Laurent Doriat, secrétaire syndical CGT Bosch Yzeure. Les syndicats dénoncent un manque de diversification, alors que l’usine est passée d’une production de 5,2 millions de pièces en 2023 à 3,3 millions l’an dernier.
Baisse des ventes de voitures neuves
Le groupe allemand annonce, dans le même temps, se séparer d’une quarantaine de collaborateurs à Vénissieux, dans la banlieue de Lyon afin de réduire ses "surcapacités en développement et ingénierie". Bosch évoque la faiblesse du marché automobile, alors que les ventes de voitures neuves ont baissé en France à 1,6 million l’an dernier contre plus de 2 millions en 2019. "Afin de préserver sa compétitivité à long terme, Bosch doit réduire ses coûts ", précise la direction dans un communiqué.
Les capacités de production européennes de la division Vehicle Motion seront regroupées sur un seul site en Allemagne. L’usine de Moulins-Yzeure n’est pas le seul site Bosch à connaître des déboires en France. Celui de Mondeville dans le Calvados doit fermer en juin. Quant à l’usine de Rodez, qui fabrique des composants pour les moteurs Diesel, elle est passée de 2 500 à 520 salariés en 20 ans.