Perrick Penet-Avez (No Parking - Aberlaas Lille) « J'ai remis une dose d'innovation et un challenge au coeur de mon entreprise et de l'adrénaline dans le système. L'idée est de se mettre un peu en danger sur un projet. » À la tête de No Parking, éditeur de logiciels de gestion du temps et de suivi d'activité (CA : 200 K€), Perrick Penet-Avez avait envie de « devenir e-commerçant », avec un logiciel maison. Il lui manquait le produit. Devenu papa en 2012 et sans doute nostalgique des petites voitures, il vient de se lancer dans l'e-commerce avec Aberlaas, le nom d'une ville imaginaire de roman qui lui sert de support aux tapis de jeux pour enfants qu'il commercialise en ligne (six ventes depuis fin décembre). Son concept innovant repose sur le fait de pouvoir choisir, et donc jouer sur, son quartier via la cartographie cadastrale d'Open Street Map. L'impression de l'image ainsi obtenue est ensuite confiée à MyDitex, société de Tourcoing créée par un ancien cadre de Dickson-Constant qui réceptionne de nouvelles machines ce mois-ci. « Il a fallu quatre mois pour le trouver. Nous avons appris à quel point la réindustrialisation est difficile en France », témoigne Perrick qui va encore améliorer son tapis avec bientôt le nom des rues et des bâtiments, une version pour les petites filles, le choix de l'échelle par le client... Ce galop d'essai réussi, il songe désormais à mettre de la géolocalisation de clientèle dans son logiciel B to B classique. Utile pour les commerciaux en rendez-vous ou en tournée !
Vincent Mignot (Auchan France) « Mon objectif 2013 est de recruter en CDI 100 personnes en situation de handicap. C'est un gros challenge. Nous en avions recruté 200 entre2009 et2012. Nous voulons dire que le recrutement est ouvert chez Auchan. Cela m'intéresse car nous n'avons rien à gagner ! Nous avons déjà réussi à faire évoluer notre taux d'emploi de 4,9 % à fin 2008 à 7 % à fin 2012, supérieur aux obligations légales, avec 3.500 collaborateurs. Nous employons des hôtesses sourdes et muettes. Chaque année, Auchan investit 400.000euros pour l'aménagement de postes de travail et 60.000euros pour la prise en charge d'aides à l'exercice de l'emploi. On joue le rôle de l'Agefiph. Cette année, nous fêtons les 20 ans de notre premier accord d'entreprise sur le sujet, déjà renouvelé cinq fois. Chaque magasin doit atteindre un taux d'emploi de 6 %. Certains comme à Valenciennes sont à 10 %, d'autres plus en retard à 4 %. Vingt de nos sites ne sont pas encore au rendez-vous. Nous avons mis en place un numéro Vert pour nos salariés qui peuvent poser librement toutes leurs questions sur le sujet. Si je me lève chaque matin pour aller travailler, c'est que je suis dans une entreprise qui a du sens ! »
Guillaume Spriet (Drawer Lille) « J'ai décidé de faire travailler un atelier d'insertion pour fabriquer des meubles design vendus sur mon site Drawer.fr. » C'est par le réseau Entreprendre Nord qu'il a rencontré Antoine Bobot, dirigeant d'EMI (pour Entreprise Métal Insertion) qu'il a créée en novembre à Villeneuve-d'Ascq. Ingénieur de formation, Antoine Bobot se lance à son compte après avoir mis en place et développé durant cinq ans, pour l'Icam de Lille, son école de production qui forme des jeunes en rupture. À EMI, il veut réinsérer un public adulte dans l'industrie : « Mon objectif est de 10 à 15 personnes sous deux à trois ans. » Guillaume Spriet a été sensible à sa démarche : « En tant que petit-fils d'industriel du Nord, ça me parle. Et dans le mobilier design, on assiste à un peu de retour de fabrication en Europe. » Partenariat gagnant !
Alain Ducamp (Océan Délice, Traiteur Côté Mer et La Biscuiterie de la Côte d'Opale) « On évoque 2013 comme une année de crise ou en tout cas une année économiquement compliquée. Seraient-ce les stigmates de la précédente crise, j'y vois plus de travail collaboratif. En ce qui me concerne, c'est le lancement de la Biscuiterie de la Côte d'Opale avec quatre dirigeants d'entreprise. L'union fait notre force. »
Jean-Michel Giguet (My Ferry Link) « Dès le mois de février, notre dispositif sera complet. Les trois bateaux seront opérationnels avec le retour du Rodin après les arrêts techniques. Après la reprise tardive des activités de My Ferry Link en 2012 où nous n'avons pu profiter de l'effet JO ou du jubilé de la Reine mais aussi des contrats annuels signés pour le fret, nous attaquons 2013 sur des bases saines et un climat apaisé. De 395 salariés à la reprise, la compagnie est passée à 450 aujourd'hui en France. Et cet effectif est amené à augmenter avec l'arrivée de saisonniers dès Pâques. Cette année, la Scop espère transporter 1,8million de passagers et quelque 350 à 400.000 camions. Les 50.000 passagers transportés en décembre et la signature de contrats de fret sont encourageants. Le provisionnement des 10 millions, par la SNCF, au titre des indemnités devant être versée s à la SCOP pour chaque ancien salarié réembauché, va nous donner un nouvel élan. Nous avions pris en compte ce versement pour faire notre prévisionnel de l'année. À nos éventuels détracteurs, je réponds que, non, nous ne sommes pas perfusés par Eurotunnel à qui nous louons les bateaux. Nous avons repris les bateaux et ne sommes pas les successeurs de SeaFrance. En 2012, My Ferry Link a prouvé qu'elle tenait ses engagements et a mis en avant ses compétences. Cette année, l'accent sera mis fortement sur la communication et notamment le pavillon français, la notion d'homogénéité de l'offre car les bateaux sont des sister-ships. Notre campagne de communication a fortement commencé en Angleterre où réside l'essentiel de notre clientèle touristique. »
Hervé Diers (JC David) « 2013 sera économiquement tendue Il faut adapter sa stratégie en conséquence. Au sein de ma société, je vais cibler mes fondamentaux que sont mes clients
traditionnels de la restauration, de la poissonnerie,etc. Les enseignements des crises précédentes nous montrent qu'il faut être encore plus près de ses clients, à l'écoute de leurs besoins. Nos produits sont un positionnement premium. Ils ne nous autorisent aucun écart. »
Jérôme Sergent (Cerf Dellier) « Plus on a de projets, plus on a de chance que ça se réalise. Nous installons l'entrepôt et le siège social de Cerf Dellier en mars sur le parc de la Chênaie à Rouvroy. Le tout sur 2.900m² et en location. Ceci en attendant de prendre possession de nos nouveaux locaux en cours de rénovation à Hénin-Beaumont en septembre2014. Nous investissons 2,6M€ pour adapter ce bâtiment à nos besoins. Etre en mode projets, nous a permis de clore notre exercice à 4,6M€ de chiffre d'affaires (NDLR soit une hausse de 45 % du CA par rapport à l'année précédente). »
Stéphanie Baron (Groupe Baron) « Après avoir ouvert en Isère, nous investissons six millions d'euros sur nos bases littorales. Nous allons procéder à l'extension du site de Boulogne-sur-Mer et construire un nouveau bâtiment à Dunkerque où seront rassemblées les entités de Coudekerque-Branche, Petite-Synthe et Saint-Pol-sur-Mer. Le tout sur 6.000m² couverts. Nous ouvrons aussi une trentaine de postes cette année notamment sur des profils d'automaticiens, de monteurs et de roboticiens ».
Emploi, innovation, créativité.... Après les voeux pieux, place à l'action ! Ces dirigeants nordistes ont décidé de faire bouger les lignes cette année et ils ont commencé, faisant fi de la crise et de la sinistrose ambiante. Tour d'horizon de ces germes en devenir.