Le nouveau terminal transmanche du port de Dunkerque, qui a nécessité un investissement global d'une vingtaine de millions d'euros, a été inauguré ce jeudi 17 mars devant un parterre d'officiels et d'acteurs économiques locaux. Sur les 20 M€ nécessaires à la construction de cette infrastructure, la compagnie DFDS a financé 2 M€, l'Union européenne 1,3 M€, les Anglais de la Boarder Force à hauteur de 3,8 M€, le reste étant en grande majorité pris en charge par le Port de Dunkerque. Cette facture s'est d'ailleurs alourdie en raison notamment d'un renforcement de la sécurité dû à la crise migratoire. Le projet initial était de l'ordre de 14,88 M€ dont 12,88 M€ à la charge de Dunkerque-Port. "La sûreté vis-à-vis du flux migratoire a provoqué des dépenses supplémentaires pour le Port", concède François Soulet de Brugière, Président du Conseil de Surveillance de Dunkerque-Port.
Croissance
Une infrastructure plus fluide, en ligne droite et qui sépare les flux camions et véhicules légers. DFDS Seaways connait à Dunkerque un trafic hebdomadaire de près de 14.000 camions et 30.000 véhicules légers. Carsten Jensen, vice-président de DFDS, voit dans ce terminal amélioré de nouvelles perspectives d'évolution et s'attend à de nouvelles augmentations de trafic alors que la compagnie affiche un développement supérieur à 20% en nombre de passagers depuis Dunkerque. "Nous nous attendons à un facteur de 3 en matière de croissance. Le trafic depuis Dunkerque représente 600.000 camions et 700.000 véhicules de touriste, c'est 2,4 millions de passagers au total. Etant donné le trafic plus fluide permis par le nouveau terminal, nous allons capter plus de croissance : au moins 2% au niveau du fret. Les voies d'accès rapides et plus faciles sont des éléments qui nous permettent d'aller dans ce sens ", explique Carsten Jensen qui reste discret sur les autres prévisions de la compagnie danoise.
Les clients de Dunkerque ne sont pas ceux de Calais
La compagnie DFDS Seaways opère des départs depuis Calais également où elle a augmenté sa flotte, en passant d'un navire à trois, ce qui la place au même niveau que Dunkerque. "La croissance y sera forcément plus importante", mentionne le vice-président de DFDS. Selon les études marketing menées par DFDS, la ligne depuis Dunkerque est empruntée par les pays du Nord de l'Europe, là où Calais fait plutôt la part belle aux pays de l'Europe du Sud. "Il s'agit de deux routes correspond à deux demandes de marché différentes. Même si un départ depuis Dunkerque coute plus cher à la compagnie que Calais puisque le trajet en est plus long, ça reste bien évidemment rentable", fait savoir Carsten Jensen. Là où la compagnie compte 24 départs par jour depuis Dunkerque, elle en dénombre 30 à Calais. "Le potentiel de la ligne de Dunkerque est important, elle répond à un marché qui se développe notamment vis-à-vis des pays de l'Est", confirme Jean-Claude Charlo, directeur général de DFDS Seaways France avant d'ajouter : "Entre Dunkerque et Calais, nous observons une
fréquentation identique à celle de P&O Ferries".
Selon les chiffres du Port de Dunkerque, le trafic transmanche a explosé tous ses scores en 2015 avec un bilan à 16,6 millions de tonnes : son meilleur exercice avec 698.000 unités de fret et 3,19 millions de passagers.
Jeudi 17 mars s'est tenue l'inauguration du terminal roulier DFDS de Loon-Plage, au sein de Dunkerque-Port. Après une année de travaux, le nouveau terminal transmanche, qui passe de 10 à 17 hectares, est dorénavant opérationnel.