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Production et distribution d'énergie

Témoignage Soleil du Sud : "25 % de nos projets pour les particuliers tombent à l'eau du fait de demandes de la collectivité"

Par Hélène Lascols, le 15 novembre 2023

Qu’elle soit réalisée en toiture, en ombrière ou au sol, une installation photovoltaïque est soumise à une autorisation d’urbanisme. Avec plus de 60 projets en cours et une centaine réalisés, les permis de construire et déclarations préalables de travaux font partie du quotidien de Soleil du Sud, producteur varois d’électricité photovoltaïque.

Joël Oros, dirigeant de Soleil du Sud
Joël Oros, dirigeant de Soleil du Sud — Photo : DR

La PME varoise Soleil du Sud (43 salariés, CA 2022 : 10 M€), producteur d’électricité photovoltaïque, présent sur l’ensemble de la région Paca, est habituée aux permis de construire ou aux déclarations préalables de travaux. Près de 15 ans après sa création, elle exploite une centaine de centrales, toitures ou ombrières, pour une puissance installée d’une vingtaine de mégawatts et a dans "son pipe", 67 projets pour une puissance de 11 mégawatts. Pour le dirigeant, Joël Oros, "les règles d’urbanisme posent peu de problèmes lorsqu’il s’agit de mener des projets industriels. Situés en zones d’activités, ils ne sont généralement pas menés dans le périmètre d’un monument classé. Par ailleurs, nous travaillons dans un environnement économique que nous connaissons bien, nous sommes reconnus pour nos compétences et avons une bonne connaissance des règles d’urbanisme des communes varoises."

Un travail sur la durée

C’est ainsi pour la plupart des projets menés par Soleil du Sud… Mais il y a des exceptions, notamment lorsqu’il s’agit d’ombrières, pour lesquelles, il faut un permis de construire, si leur emprise au sol dépasse les 20 m² et que leur hauteur va au-delà de 2,5 mètres.

Sur le site du marché aux fleurs de Hyères, Soleil du Sud a longtemps détenu le record de la plus puissante toiture solaire de France avec 20 000 m² de panneaux photovoltaïques et s’est lancée dans l’installation d’ombrières. "Or, ce type d’installation n’est pas prévu au PLU. Nous travaillons donc sur la durée, trois à quatre ans… Mais tous les projets ne peuvent pas se permettre d’afficher de tels délais de réalisation", précise le dirigeant. Ce délai, c’est souvent le temps de "trouver des compromis", dont l’aboutissement est bien souvent une réduction de la taille du projet.

Si Soleil du Sud est connue pour ses projets industriels ou publics, à l’image de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la DREAL Paca qu’elle a décroché en 2023 pour équiper 14 sites étatiques en photovoltaïque, l’entreprise varoise a aussi mené 200 projets pour le compte de particuliers en 2023, "une activité, qui représente 15 % de notre chiffre d’affaires."

Des projets plus restreints

Et, pour ce type d’installations photovoltaïques, les architectes des bâtiments de France, chargés de préserver le patrimoine et le paysage, doivent souvent être sollicités pour qu’ils délivrent, ou non, un avis conforme. "Mais c’est à une autre difficulté que nous devons faire face, en particulier sur le territoire de la métropole Toulon Provence Méditerranée. Pour toute déclaration préalable ou pour tout permis de construire, la collectivité requiert la présence d’une borne à incendie à moins de 200 mètres et aujourd’hui, ce sont 25 % de nos projets pour le compte de particuliers qui tombent à l’eau parce que le réseau incendie est trop éloigné ou manque de puissance", explique Joël Oros.

Outre les toitures et ombrières, Soleil du Sud s’intéresse aussi depuis 2020 à un nouveau terrain de jeu : la création de centrales solaires au sol. L’entreprise a trois projets en cours, à Rocbaron et dans les Alpes-de-Haute-Provence. Parce que ces projets ne se font pas sur des zones déjà artificialisées, les porteurs de tels projets doivent prévoir des mesures de compensation. Mais chez Soleil du Sud, Joël Oros ne raisonne pas ainsi : "Nous bâtissons le projet pour qu’il n’ait pas besoin de compensations. Ainsi, pour la future centrale de Rocbaron, nous n’abattrons pas d’arbres et avons, pour cela, restreint son périmètre."

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