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Automobile

Oreca veut gagner dans tous les sports

Par Hélène Lascols, le 11 juillet 2022

À la veille de ses 50 ans, le groupe Oreca, qui œuvre dans le sport automobile, lance la construction d’un Techno Centre, à la fois usine et vitrine de l’entreprise. Cet investissement de plusieurs millions d’euros lui offre les moyens de continuer à briller et de confirmer sa stratégie de diversification vers le multisport, à travers la distribution et l’événementiel.

Lors de la 90e édition des 24 heures du Mans (11 et 12 juin 2022), 26 châssis Oreca 07 ont pris le départ dans la catégorie LMP2 sur 27 voitures engagées. 25 voitures sur les 26 ont rallié la ligne d’arrivée.
Lors de la 90e édition des 24 heures du Mans (11 et 12 juin 2022), 26 châssis Oreca 07 ont pris le départ dans la catégorie LMP2 sur 27 voitures engagées. 25 voitures sur les 26 ont rallié la ligne d’arrivée. — Photo : DPPI - Jan-Patrick Wagner

Le 11 juin dernier, le prototype LMP2 du groupe varois Oreca, constituait à lui seul 45 % des véhicules sur la ligne de départ des 24 heures du Mans, avec 26 châssis engagés. Baptisée Oreca 07 et présente sur le circuit de l’endurance depuis 2017, cette voiture a tout gagné, invaincue depuis 2017 en championnat de monde de l’endurance et couronnée depuis 2017, de cinq victoires successives en LMP2 aux 24 heures du Mans. Au total, plus de 45 équipes de course lui ont fait confiance. Son succès est tel que son centième châssis est sorti des usines de Signes en mai 2022. Un autre record pour la firme varoise, qui dispose ainsi d’un quasi-monopole en LMP2, et qui n’est sans doute pas totalement étranger au contrat de prestige décroché il y a quelques mois.

La fierté de travailler pour Ferrari

"Pour la première fois de son histoire, Ferrari a choisi une entreprise française et c’est forcément une très grande fierté et une très grande responsabilité", se félicite Hugues de Chaunac, le président et fondateur du groupe Oreca, devenu l’assembleur et le producteur de la nouvelle Ferrari 296 GT3, qui prendra son premier départ lors des 24 heures de Daytona en 2023. "Le défi est colossal. La voiture test a déjà réalisé ses premiers tours de circuit avec succès et nous travaillons maintenant sur la chaîne de production car nous aurons 60 à 70 voitures à produire chaque année à partir de 2023. À titre de comparaison, Oreca est habitué à sortir de ses ateliers entre 20 et 30 LMP2 par an", détaille Raphaël de Chaunac, vice-président, entré dans l’entreprise familiale en 2004. Pour le groupe varois, le défi est technique, industriel et humain. Outre l’assemblage et la production, Oreca assurera le service client, à savoir la vente de pièces et accessoires et une assistance sur les championnats. "Une trentaine de personnes seront recrutées pour l’exécution de ce contrat. Là où nous étions un artisan joaillier du sport automobile, nous prenons la direction d’une logique semi-industrielle. C’est un vrai virage qu’Oreca est en train de prendre", ajoute le vice-président Raphaël de Chaunac.

Oreca Technology, la division de construction de voitures de course du groupe Oreca a été sélectionnée par Ferrari pour assembler les voitures et assurer le support client de la nouvelle génération de Ferrari GT3.
Oreca Technology, la division de construction de voitures de course du groupe Oreca a été sélectionnée par Ferrari pour assembler les voitures et assurer le support client de la nouvelle génération de Ferrari GT3. - Photo : DR

La Ferrari 296 GT3 n’est pas l’unique modèle sur lequel travaille le groupe. "La conception de l’Acura ARX-06 LMDh effectuera ses premiers tours de roue l’an prochain en championnat automobile américain d’endurance, la construction du châssis de la future Alpine LMDh roulera en 2024." Avec ces deux prototypes, Oreca se prépare à une nouvelle catégorie, la LMDh, qui jette un pont entre les championnats européens et américains du monde de l’endurance, qui obéissaient jusqu’alors à des réglementations différentes.

Un Techno Centre d’avenir

Pour Hugues de Chaunac, qui a créé Oreca en 1973 pour vivre de sa passion pour le sport automobile, le temps est donc venu de doter le groupe "de moyens industriels aux plus hauts standards de qualité pour se projeter complètement dans nos nouveaux défis." Le groupe qui fût l’un des premiers à s’installer sur le plateau de Signes en 1987, continue d’y investir. Le premier coup de pioche d’une future usine a été donné en août 2021 et les travaux doivent s’achever en juin 2023 pour laisser la place à un Techno Centre. Le projet avait été décidé avant le début de la crise sanitaire pour anticiper les besoins futurs. Mis en pause, il est désormais bien lancé et offrira au groupe une surface de 8 500 m², dont 5 000 m² d'usine, le reste étant dévolu aux bureaux, à un musée retraçant l’histoire d’Oreca, et à des espaces pour développer des événements made in Oreca. "Ce bâtiment, dont l’investissement s’élève à plusieurs millions d’euros, représente un enjeu considérable, il sera le vaisseau amiral du groupe, qui fêtera ses 50 ans en 2023", commente Raphaël de Chaunac. Les investissements se feront aussi sur le front de l’emploi. Là où le groupe employait encore 220 personnes à Signes début 2022, il prévoit de compter 300 collaborateurs dès 2023.

À proximité immédiate du Circuit Paul Ricard, dans la zone d’entreprise de Signes, dans le Var et dans le prolongement de ses installations actuelles, le groupe Oreca a démarré les travaux du Techno Centre, qui abritera une usine aux standards les plus aboutis du sport automobile, mais aussi un musée et des espaces événementiels.
À proximité immédiate du Circuit Paul Ricard, dans la zone d’entreprise de Signes, dans le Var et dans le prolongement de ses installations actuelles, le groupe Oreca a démarré les travaux du Techno Centre, qui abritera une usine aux standards les plus aboutis du sport automobile, mais aussi un musée et des espaces événementiels. - Photo : Quadrarchi Architectes

"C’est une fantastique promesse d’avenir, complète le fondateur. Il incarnera notre attachement indéfectible à la compétition automobile, il matérialisera aussi toute l’ambition de développement de notre groupe sur nos activités événementielles et de distribution pour les décennies à venir."

Un palmarès au service d’une référence multisport

Oreca produit des châssis à Signes depuis 2007, année du rachat de Courage Compétition, le constructeur manceau. À Magny-Cours, dans la Nièvre, là où est implanté le département moteur du groupe (400 moteurs préparés par an, plus de 80 victoires par saison), l’entreprise investit dans les nouvelles énergies, notamment le développement de l’hybride et de l’hydrogène. Au début des années quatre-vingt, le groupe met aussi un pied dans le commerce, mettant la saga sportive au service de la diversification, un axe fort de son développement.

Oreca sort alors son premier catalogue d’équipements et accessoires spécialisés dans le sport automobile, adressant des professionnels, comme des passionnés. "Via sa boutique en ligne, un catalogue, deux boutiques et une présence sur de nombreux événements, notre branche dédiée à la distribution, Oreca Store, devenue une référence française et européenne, propose plus de 30 000 produits, qui vont de l’équipement du pilote aux pièces moteur, en passant par les périphériques de carrosserie, les caméras embarquées ou les huiles moteur, et livre 800 à 1 000 colis par jour", détaille Raphaël de Chaunac.

Raphaël et Hugues de Chaunac, vice-président et président du groupe Oreca
Raphaël et Hugues de Chaunac, vice-président et président du groupe Oreca - Photo : Oreca

Cette expertise, qui s’appuie sur 60 personnes, 2 000 m² d'entrepôts pour les équipements et accessoires automobiles et un hub de plus de 5 000 m² à Lyon, Oreca la met au service du sport automobile, puis de tous les sports depuis 2020. Oreca Store est ainsi devenu l’équipementier des licenciés de la FFSA (Fédération française du sport automobile) en même temps qu’Oreca Digital Retail entamait une nouvelle phase de croissance dans le multisport pour accompagner des constructeurs, des annonceurs et ayants droit dans la vente de produits de merchandising et d’équipements. "En s’appuyant sur nos valeurs de passion, de performance et d’audace, qui abreuvent notre soif de victoire depuis 1973", l’entreprise varoise s’est d’abord développée en marque blanche dans l’automobile en devenant opérateur e-commerce pour de nombreuses marques : Audi, Alpine, Renault, lui font confiance et l’exécution en cours d’un contrat avec certaines marques du groupe Stellantis a permis l’embauche de 15 personnes pour ce projet mondial, intégrant le BtoB et le BtoC. Oreca Digital Retail a ensuite mis un pied dans le rugby en devenant opérateur e-commerce de la Fédération française de rugby, puis opérateur global merchandising et agent de licence exclusif du Stade français. "Des discussions sont engagées avec des acteurs du vélo et du football. L’ensemble de ces projets s’inscrit parfaitement dans notre stratégie, qui doit nous mener du rang d’acteur majeur du sport automobile à celui de référence sportive multisport", conclut Raphaël de Chaunac.

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