Alpes-Maritimes

Financement

M Capital veut lancer un fonds pour les entreprises du tourisme de la Côte d’Azur

Par Olivia Oreggia, le 15 octobre 2020

M Capital et la Caisse d’Épargne Côte d’Azur veulent lancer un Fonds Tourisme d’un montant de 44 millions d’euros afin de financer le développement des PME et entreprises publiques du secteur touristique dans les Alpes-Maritimes et le Var. Une vingtaine de projets sont déjà à l’étude.

De gauche à droite : Éric Tardy, directeur dette privée M Capital ; Tania Vilas Boas, chargée de développement filière tourisme de la Caisse d'Epargne ; Julie Khaski, directrice d'investissement M Capital ; Laëtitia Estrosi-Schramm, directrice du développement du Fonds Tourisme M Capital ; David Aversenq, directeur général associé M Capital.
De gauche à droite : Éric Tardy, directeur dette privée M Capital ; Tania Vilas Boas, chargée de développement filière tourisme de la Caisse d'Epargne ; Julie Khaski, directrice d'investissement M Capital ; Laëtitia Estrosi-Schramm, directrice du développement du Fonds Tourisme M Capital ; David Aversenq, directeur général associé M Capital. — Photo : O.oreggia

« Il ne s’agit pas de subventions. Nous sommes des financiers, pas des mécènes. Nos investisseurs souhaitent revoir leur argent. » Directeur dette privée au sein de M Capital, Éric Tardy a le mérite de la clarté. La société d’investissement qui compte cinq bureaux en France dont un à Nice, prépare le lancement du Fonds Tourisme Côte d’Azur, avec la Caisse d’Épargne Côte d’Azur. Il s’adresse aux entreprises, privées, publiques ou parapubliques, du secteur touristique, implantées dans les Alpes-Maritimes et le Var. Un tourisme à large horizon, du nautisme à l’hôtellerie, du sport à la culture, via la parfumerie ou les innovations technologiques.

Une enveloppe visée de 60 millions d’euros

Ce fonds est initialement doté de 44 M€, avec l’objectif affiché d’atteindre les 60 M€ dans les douze mois. Car s’il est pour l’heure financé par la Banque européenne d’investissement (50 %), la CECAZ (40 %), la CCI Nice Côte d’Azur, la métropole niçoise et M Capital, il s’agit d’attirer bien d’autres investisseurs dans l’aventure. « Nous allons évangéliser », reprend Éric Tardy. « Nous voulons donner de l’ambition aux acteurs du tourisme, leur donner du souffle. L’objectif est de fédérer les énergies régionales pour répondre aux besoins de financement. Nous ne venons pas en opposition aux financements bancaires, au contraire, nous voulons tenir un rôle d’accélérateur, de catalyseur de l’investissement bancaire afin de rendre possible des projets qui ne se seraient pas réalisés. »

Mais, à l’heure du Covid, quels projets viables de développement peuvent bien se présenter ? Quels sont les acteurs touristiques du territoire qui peuvent prétendre avoir la tête déjà hors de l’eau pour leur permettre de se projeter dans cet avenir plus qu’incertain ?

Anticiper maintenant les attentes des consommateurs

« Le projet a été construit avant l’émergence du Covid-19 », explique Laëtitia Estrosi-Schramm, directrice du développement du Fonds au sein de M Capital. « Cela a encore plus de sens aujourd’hui. Nous avons tous intérêt à sa réussite. Avec un effet de levier, il constituera une puissance de frappe énorme pour les deux départements. Il permettra aux PME de passer un cran au-dessus en matière d’attractivité et de compétitivité et de passer le cap de l’innovation. » M Capital dit avoir déjà une vingtaine de projets à l’étude. La plupart viennent du secteur hôtelier pour accompagner la montée en gamme d’un établissement par exemple, mais aussi de la parfumerie et du commerce, de l’œnotourisme ou encore pour développer des applications pour connecter les plaisanciers ou recenser l’offre touristique. « Le pari porte sur l’attente des consommateurs dans les 6, 12 ou 18 mois à venir. Elles vont évoluer », analyse Éric Tardy. « Si l’offre touristique n’évolue pas, les professionnels auront les pires difficultés car la concurrence sera violente et ne se fera pas seulement sur les prix. Le tourisme aspire à une dimension plus qualitative, plus responsable et cela nécessite des investissements à réaliser dès aujourd’hui. S’ils gèrent encore les urgences, les professionnels commencent à en prendre conscience. » Seul critère incontournable : la viabilité dudit projet.

Un premier Fonds en Occitanie

L’an dernier, M Capital a lancé ce dispositif en Occitanie avec un fonds de 110 M€ pour couvrir l’ensemble des treize départements de la région. Ces investissements ont permis la création d’un écoparc animalier (1,9 M€ provenant du Fonds Tourisme sur les 9,1 M€ de budget), la montée en gamme d’un hôtel 3 étoiles (800 000 euros du Fonds Tourisme sur 2,5 M€) ou encore d’un éco domaine avec cabanes en bois (3,5 M€ budget dont 1 M€ du Fonds Tourisme et 2 M€ banques). Le Fonds Tourisme Côte d’Azur financera 10 à 15 dossiers par an, apportant entre 500 000 euros et 5 M€ chacun, dans la limite de 50 % du projet. Les candidatures doivent se faire via la plateforme dédiée.

De gauche à droite : Éric Tardy, directeur dette privée M Capital ; Tania Vilas Boas, chargée de développement filière tourisme de la Caisse d'Epargne ; Julie Khaski, directrice d'investissement M Capital ; Laëtitia Estrosi-Schramm, directrice du développement du Fonds Tourisme M Capital ; David Aversenq, directeur général associé M Capital.
De gauche à droite : Éric Tardy, directeur dette privée M Capital ; Tania Vilas Boas, chargée de développement filière tourisme de la Caisse d'Epargne ; Julie Khaski, directrice d'investissement M Capital ; Laëtitia Estrosi-Schramm, directrice du développement du Fonds Tourisme M Capital ; David Aversenq, directeur général associé M Capital. — Photo : O.oreggia

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