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Témoignage Jean-Pascal Decroix (STME) : "Il y a des gens qui quittent leur entreprise pour venir travailler chez nous"

Par Olivia Oreggia, le 21 mars 2022

Spécialisée en génie électrique et climatique à Grasse, l’entreprise STME est passée en vingt ans, de l’artisanat à un groupe d’une cinquantaine de salariés. C’est précisément autour de ces collaborateurs et de la RSE que s’est forgé ce développement. Leur dirigeant, Jean-Pascal Decroix, veut les voir heureux au travail.

Jean-Pascal Decroix (deuxième à gauche) entouré de collaborateurs de STME lors d’une course à pied.
Jean-Pascal Decroix (deuxième à gauche) entouré de collaborateurs de STME lors d’une course à pied. — Photo : STME

Pour Jean-Pascal Decroix, la RSE s’écrit avec deux S. Le fondateur et dirigeant de STME, spécialisé en génie électrique et climatique à Grasse, ne veut pas avoir à choisir "entre responsabilité sociale, en interne, et responsabilité sociétale, en externe".

En plus de vingt ans d’existence, STME est passé de l’artisanat à la PME puis de la PME au groupe DX qui chapeaute aussi STME Provence (à Salon-de-Provence), STME Fire avec son dispositif de lutte contre les incendies et feux de forêt, et Sun and Go, expert du photovoltaïque. Soit une cinquantaine de salariés pour un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2021 qui devrait grimper entre 7 et 8 millions en 2022. Ce développement s’est bâti autour d’une question : "Comment rendre les salariés heureux ? L’objectif, comme avec nos clients, est de les garder", explique Jean-Pascal Decroix. Ici, on tutoie le patron, les horaires ne sont pas rigides, les salariés perçoivent des primes… Chacun reçoit un jour de congé pour son anniversaire. "En fait, on a toujours fait de la "RSE inconsciente". À la grande différence de beaucoup, j’y travaille depuis dix ans. Il faut être endurant car cela prend du temps pour embarquer tout le monde. On ne peut pas venir chez nous pour gagner plus. L’argent n’est pas le nerf de la guerre et ce n’est pas ce qui excite la génération Z." L’entreprise finance 50 % des licences dans des clubs de sport, la moitié du prix des paniers de fruits et légumes non-traités livrés au bureau, 70 % des séances de shiatsu qui se déroulent pendant le temps de travail…

RSE, levier de recrutement

Jean-Pascal Decroix en est convaincu, cette politique RSE permet aujourd’hui à l’entreprise de recruter sans mal. "Nous avions trois postes ouverts récemment : ingénieur d’études, technicien de maintenance et plombier, nous les avons pourvus en deux semaines. Ce n’est pas un hasard si les gens viennent chez nous. Nos salariés sont d’ailleurs nos premiers recruteurs. Ils sont heureux et en parlent autour d’eux. Il y a même des gens qui ont quitté leur entreprise pour venir travailler chez nous."

Car au-delà de toutes ces mesures, ce qui anime le dirigeant est de créer des emplois. Et là encore, sa vision se démarque, notamment quant au recrutement des jeunes. "Nous avions une alternante à qui j’ai confié le projet Cedre (dispositif de la Région Sud qui accompagne et finance les entreprises engagées dans la RSE, NDLR). Si elle réussissait, nous lui créerions un poste dont le salaire serait financé par la subvention remportée. Elle a réussi et est depuis notre responsable communication. Nous avons actuellement un alternant à qui nous avons donné deux ans pour prouver la viabilité de son poste. Il a été tellement compétent dans la réduction du stock qu’il nous a permis de gagner 40 m2 de bureaux, c’est de l’argent de gagné et cela paiera son salaire car nous allons l’embaucher dès cet été."

Comme lorsque l’entreprise organise les KJC, les Kilomètres Jaunes Challenge pour lequel elle remettra 1 000 euros tous les 5 000 kilomètres parcourus par ses collaborateurs à une association grassoise. "Nous avons constaté que la pratique du sport réduisait les absences et engendrait une belle créativité. Quand on fait du sport, il y a moins d’arrêts maladie, c’est de l’argent gagné et on se sent bien."

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