Toulouse

Communication et médias

Milan Presse s'appuie sur le numérique pour mieux toucher enseignants et enfants

Par Paul Falzon, le 02 novembre 2020

Quarante ans après sa création à Toulouse, la société d'édition de presse jeunesse Milan Presse appuie toujours son développement sur l'abonnement papier. Mais le groupe innove aussi dans le numérique afin d'accroître son audience et d'aider la communauté enseignante à traiter les sujets de société.

Milan Presse emploie 360 salariés dans ses pôles presse jeunesse, éditions et presse territoires, dont 250 à Toulouse.
Milan Presse compte 360 salariés répartis entre ses pôles presse jeunesse, éditions et presse territoires, dont 250 personnes à Toulouse. — Photo : Milan Presse

À l’heure où de nombreux professeurs s’interrogent sur la façon d’aborder les sujets de société avec leurs élèves, le groupe toulousain Milan Presse (360 salariés, CA 2019 : 65 M€), société d'édition de presse jeunesse connue pour des titres comme Wapiti ou Toboggan, lance un nouveau format numérique : le webinaire. Le 6 novembre, quelque 700 classes de primaire vont suivre la conférence d’un pédopsychiatre sur le harcèlement scolaire avec, pour les enfants, la possibilité de poser des questions en direct et de répondre à des mini-sondages.

"Lors du premier confinement, la communauté enseignante a découvert l’intérêt de s’appuyer sur des contenus numériques : l’audience de notre site d’information pour enfants 1jour1actu.com a été multipliée par quatre pendant les mois de mars et avril. Nous souhaitons conserver cette dynamique en abordant des questions liées à l’éducation morale et civique", indique Marie-Anne Denis, directrice générale de Milan Presse.

Refonte de la boutique en ligne

L’offre de webinaires est amenée à s’enrichir au rythme d’un rendez-vous par mois, gratuit. Elle marque l’engagement de Milan Presse aux côtés de la communauté enseignante, mais aussi un développement stratégique du groupe sur le numérique. Non pas que le groupe souhaite basculer son modèle économique sur les contenus en ligne : le print reste le socle de l’activité presse jeunesse (CA 2019 : 42 M€), qui revendique 385 000 abonnés pour 6 millions de lecteurs. Mais la crise du Covid-19 et les difficultés des circuits de distribution incitent l’éditeur toulousain à revoir ses leviers de conquête et de fidélisation des lecteurs.

Marie-Anne Denis, directrice générale de Milan Presse
Marie-Anne Denis, directrice générale de Milan Presse - Photo : Norédine Benazdia / Milan Presse

En septembre 2019, le groupe a opéré une refonte de sa boutique en ligne : une modernisation qui lui a permis de bénéficier du boom des abonnements pendant le premier confinement, qui s’est maintenu en septembre avec une croissance de 15 %. "Les parents se sont mobilisés pour l’éducation de leurs enfants, avec l’envie de leur apporter une information de qualité mais aussi de sortir du tout écran", constate Marie-Anne Denis. Le développement du socle d’abonnés compense l’essentiel des pertes sur la vente au numéro, aggravées ces derniers mois par l’irrégularité du service puis la faillite de la messagerie Presstalis, et par la fermeture de centaines de marchands de journaux dans les gares et aéroports.

Un test sur Instagram

Avec une visibilité amoindrie en kiosque, l’autre enjeu de Milan Presse sur le numérique est l’audience. Le groupe vient de lancer une campagne expérimentale sur son titre Wapiti (axé sur la nature, les animaux, les sciences et l'environnement) avec des influenceuses Instagram qui permettront d’adresser la cible des parents. Auprès des professeurs, le principal vecteur d’audience reste le site 1jour1actu.com, ainsi que le réseau de 70 délégués qui sillonnent les écoles de France pour développer les abonnements.

Ce redéploiement des efforts commerciaux et le développement des abonnements doivent aider le groupe à limiter l’impact économique de la crise sanitaire. "Il y aura une incidence sur le chiffre d’affaires, mais nous avons optimisé nos taux de marge en diminuant la part des invendus", rapporte Marie-Anne Denis. L’activité éditions jeunesse (CA 2019 : 18 M€) devrait, elle, rester stable, tandis que la branche de presse territoires (CA 2019 : 5 M€) souffre plus directement des difficultés des réseaux de distribution et du marché publicitaire.

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