Haute-Garonne

Biotech

Micropep Technologies sème les nouvelles graines de son développement

Par Philippe Kallenbrunn, le 20 avril 2022

La biotech toulousaine Micropep Technologies emménage dans ses nouveaux locaux, recrute une dizaine de collaborateurs et prépare sa troisième levée de fonds afin de financer la commercialisation de ses premiers produits qui interviendra d’abord sur le continent américain.

La start-up Micropep Technologies développe des biofongicides et bioherbicides innovants, contenant des micropeptides naturels, comme alternative aux pesticides et intrants chimiques.
La start-up Micropep Technologies développe des biofongicides et bioherbicides innovants, contenant des micropeptides naturels, comme alternative aux pesticides et intrants chimiques. — Photo : Patrick Dumas

Fondé en 2016 à Toulouse et issu du Laboratoire de recherche en sciences végétales du CNRS et de la Satt Toulouse Tech Transfer, Micropep Technologies (30 collaborateurs) nourrit l’ambition d’aider les agriculteurs à protéger leurs cultures contre les agents pathogènes et les mauvaises herbes résistantes, tout en préservant les rendements et l’environnement. Pour y parvenir, la start-up a mis au point une technologie brevetée que Thomas Laurent, son président, compare "à la révolution que les ARN ont pu apporter sur les vaccins". Elle associe intelligence artificielle, biotechnologies végétales et procédé de bioproduction propriétaire. En fonction de la problématique agronomique et de la culture visée, Micropep identifie et sélectionne les "micropeptides" les plus appropriés, avant de les produire et les formuler en un traitement efficace. Ces petites protéines permettent d’ajuster les capacités naturelles des plantes et constituent une alternative aux pesticides.

Un projet de campus agri-agro

Après 5 années passées au sein du laboratoire Toulouse White Biotechnology (TWB), la start-up vient d’emménager dans de nouveaux locaux, à Auzeville-Tolosane (Haute-Garonne). "C’était le moment de franchir un cap et de s’autonomiser, résume Thomas Laurent. En lien avec le Sicoval (communauté d’agglomérations du sud-est toulousain), nous avons choisi de nous installer à proximité de l’École supérieure nationale agronomique de Toulouse (Ensat), dans une zone qui regroupe plusieurs acteurs de l’innovation dans l’agriculture. Nous avons investi sur la mise en place du terrain et signé un contrat avec la société Algeco. Nous louons notre bâtiment, ce qui nous permet de lisser nos dépenses. L’étape suivante sera de faire émerger un vrai campus agri-agro sur la région toulousaine. Nous portons déjà ce projet avec d’autres sociétés de notre écosystème."

Pour l’heure, Micropep doit mener ses expérimentations dans des serres situées à Moulis (Ariège), qu’elle loue au CNRS, et où elle a détaché quatre personnes. "À Auzeville, nous disposons de polytunnels mais pas de serres avec des niveaux de technicité corrects, explique le dirigeant. Ils ne permettent pas de maîtriser la température, l’humidité ou la lumière. Pour remplacer le glyphosate, il faut des moyens pour la recherche. Or, il n’existe pas en France un lieu clairement identifié pour permettre aux petites sociétés comme la nôtre de le faire."

Partenariats avec des industriels

Micropep arrive néanmoins à la fin de sa phase de recherche sur les biofongicides. Elle entrevoit ainsi la commercialisation de ses premiers produits à l’horizon 2025, qui s’opérera d’abord aux États-Unis et en Amérique latine. "Nous devons passer par les étapes réglementaires pour obtenir les autorisations de mise sur le marché, indique Thomas Laurent. Or, elles sont plus rapides à obtenir là-bas. Pour l’Europe, nous tablons plutôt sur une échéance à 2027 ou 2028." Une troisième levée de fonds attendue cette année, après celles réussies en 2018 (4 M€) et en 2021 (8,5 M€), permettra de financer ce déploiement à l’international, notamment l’installation d’une structure commerciale. D’ici à la fin de l’année, Micropep va aussi porter son effectif à une quarantaine de collaborateurs. La start-up entend par ailleurs débloquer le compteur de son chiffre d’affaires par le biais de partenariats avec des industriels.

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