Haute-Garonne

Défense

EPSI commercialise un nouveau radar à courte portée

Par Fleur Olagnier, le 11 juin 2020

Spécialiste de la détection d'intrusions sur les sites industriels, EPSI vient de commercialiser son quatrième radar. Grâce à une technologie qui permet de déterminer avec précision l'origine d'un mouvement sur une zone donnée et ce à un prix accessible, la société compte multiplier les clients professionnels et élargir dans un second temps aux particuliers. 

Frédéric Chaumeil, dirigeant d'ETSI.
Frédéric Chaumeil, dirigeant d'EPSI. — Photo : ETSI

Basé à Beauzelle, EPSI a été créé en avril 2019 comme une division de l’entreprise ITNI qui travaille exclusivement pour le ministère des Armées. À l’origine de l’entreprise : six anciens salariés de Rockwell Collins France qui ont emporté avec eux leur technologie et leurs premiers marchés.

« Au rachat de Rockwell Collins par UTC en 2018, nous avons d’un commun accord récupéré notre radar et les marchés qui avaient permis son industrialisation, le ministère des Armées et le nucléaire avec EDF, raconte le dirigeant Frédéric Chaumeil. Pour conserver nos habilitations sur ces secteurs sensibles, nous nous sommes donc rapprochés d’ITNI, ce qui nous permet également depuis de bénéficier de leurs installations à Limoges pour la production ». Aujourd’hui, EPSI (17 salariés ; CA 2019 : 1 M€) lance déjà son quatrième radar.

400 radars dans toute la France

La technologie développée par EPSI trouve sa première application dans la détection d’intrusions sur sites industriels. À onde continue, le radar est fixe - il ne tourne pas - et est capable de détecter tout mouvement sur une zone allant jusqu’à une cinquantaine d’hectares. Mais surtout, la technologie d’EPSI comprend des algorithmes de traitement qui permettent de déterminer avec certitude l’origine des mouvements (feuille, animal, parachutiste, véhicule…) afin de ne déclencher une alerte que si nécessaire. Couplée à un prix abordable, l’offre de l’entreprise beauzelloise ne possède que quatre concurrents dans le monde, aux États-Unis, en Israël, en Chine et en Italie.

EPSI a déjà installé environ 400 radars dans toute la France, avec en moyenne 6 radars par site. La société possède une forte spécialisation sur la détection de 0 à 1 km, et ses trois premiers produits PSR-850, PSR-500 et PSR-200 sont ainsi capables de repérer un piéton à 850, 500 ou 200 mètres de distance. Dernier sorti ce mois de juin, le PSR-SR ou « short range », est lui capable de repérer un individu à 120 mètres et un véhicule à 150 mètres au loin.

Le nouveau radar d'EPSI tout juste sorti est capable de repérer un individu à 120 mètres de distance.
Le nouveau radar d'EPSI tout juste sorti est capable de repérer un individu à 120 mètres de distance. - Photo : ETSI

Un public plus large que prévu

L’entreprise compte parmi ses clients Renault pour la surveillance nocturne de parkings, des vignobles, des champs de truffes ou encore des parcs à huîtres. « Au départ, nous pensions intéresser seulement les industries pour la surveillance de leurs sites sensibles, mais en réalité, la technologie attire un public bien plus large, même certains particuliers », précise Frédéric Chaumeil. D’ici fin 2020, EPSI devrait d’ailleurs lancer le radar ESW qui permet de surveiller un couloir de 6 mètres de large par huit mètres de haut sur deux cents mètres de profondeur.

Comme pour la plupart des produits de la société, le radar sera lancé en partenariat avec son premier acheteur : Réseau de transport d’électricité (RTE). L’entreprise beauzelloise envisage également d’élargir son offre aux particuliers dans les deux à trois ans. EPSI visait un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros cette année, mais la crise liée à l’épidémie de coronavirus a entraîné le glissement de certains contrats - notamment avec six centrales nucléaires - sur 2021. « Finalement, nous devrions réaliser 30 à 40 % de chiffre d’affaires en moins en 2020, conclut le dirigeant. Toutefois, nous n’avons enregistré aucune annulation et nous comptons malgré tout asseoir notre position en France cette année avant d’attaquer l’export, et embaucher trois personnes ».

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition