Nouvelle-Aquitaine

Luxe

La filière cuir, luxe et métiers d'art néo-aquitaine précise ses angles d'attaque

Par Anne Cesbron, le 28 mars 2022

À l’occasion du deuxième comité stratégique de la filière "Cuir, luxe, textile et métiers d’art", la Région Nouvelle-Aquitaine a présenté les axes qui conduisent sa feuille de route jusqu'en 2024. Objectif : développer l’attractivité des territoires et des entreprises autour de savoir-faire et de compétences d’excellence, sur toute la chaîne de valeur, de l'agriculteur jusqu'au commercial. 

La filière cuir représente 554 entreprises et 3 900 salariés en Nouvelle-Aquitaine.
La filière cuir représente 554 entreprises et 3 900 salariés en Nouvelle-Aquitaine. — Photo : Paul Robin

La filière "Cuir, luxe, textile et métiers d'art" est une filière "prioritaire" au sein du schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII). Ainsi l'a rappelé Andréa Brouille, vice-présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge du développement économique, lors du deuxième comité stratégique de la filière régionale le 28 mars. C'est que ces 3 000 entreprises, dont 164 labélisées "Entreprises du patrimoine vivant" (EPV), pèsent 10 000 emplois et un milliard de chiffre d'affaires dans la région. 

Relocaliser des étapes de la chaîne de valeur

La réindustrialisation du territoire, le maintien et le développement des entreprises et des emplois, la transmission des savoir-faire, la recherche de nouveaux marchés en constituent les principaux défis, selon Jean-François Clédel, président de la CCI de Nouvelle-Aquitaine. "Pour faire simple, plus que jamais la différentiation devient un atout. Les CCI, en partenariat avec la Région, proposent des accompagnements individuels autour de la démarche du label EPV, de son renouvellement et de sa valorisation. La crise en Ukraine nous donne l'opportunité de relocaliser", insiste-t-il, appelant à identifier certaines étapes précises à relocaliser.

Enjeux environnementaux

Selon l'élu consulaire, l'enjeu se situe également sur le sourcing, notamment celui du cuir. "Aujourd'hui, les grandes marques de cuir et de luxe n'utilisent que 15 % de cuir français. Pourquoi va t-on chercher les cuirs en Italie ? Comment les Italiens font-ils pour avoir un cuir de meilleur qualité ?", abonde Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, appelant également de ses vœux l'avancées des recherches en matière de traitement alternatifs des peaux. "Parce que le diable se cache parfois dans les détails, pour prospérer, il faut que l'on travaille aussi sur les produits de traitements et qu'on arrive à les biosourcer", avance-t-il.

Pour le président de Région, collectivité compétente en la matière, il faut aussi "remettre les lycées professionnels et les centres de formation des apprentis au cœur de la création de valeurs et d'emplois", et "démontrer qu'il n'y a pas de fatalité de désindustrialisation dans les territoires ruraux", notamment quand les entreprises font remonter leurs difficultés à recruter.

Mais pour dynamiser l'attractivité des territoires, il faut que les entreprises investissent dans la montée en compétences de leurs salariés et dans leurs outils, notamment dans la robotisation. Pour Alain Rousset, l'usine du futur et son dispositif régional en représente une des clés, laquelle permet en outre de "dépénibiliser" le travail. 

De l'élevage jusqu'au sac

Au sujet des autres enjeux pointés par le comité stratégique, auquel participent notamment les clusters et associations régionales tels que Réso'Cuir, Lainamac, Chaire Bali, Union Professionnelle du Textile, de l'Habillement et du Cuir (UPTHC), Pema Nontron, l'Institut Patrimoine Périgord, la Cité des Tanneurs etc., ont également été soulignés les besoins en termes d'accélération de la transformation numérique des entreprises, de facilitation des reprises et cessions aux savoir-faire d'excellence, la structuration de l'offre de tourisme de savoir-faire, de développement de nouveaux marchés dans le cadre de salons régionaux et nationaux...

Ainsi que ceux de traçabilité, "de l'élevage au sac", selon Laurent Duray pour Réso'Cuir, lequel apportait par ailleurs une réponse à Alain Rousset quant à la faible part du sourcing français par les grandes marques du cuir. La faute en reviendrait à Napoléon, lequel aurait fait du cinquième quartier, dont la peau, la propriété des abattoirs et non celle des éleveurs, "alors qu'en Allemagne et en Italie, l'éleveur touche une rémunération sur la peau, à laquelle il apporte alors davantage de soins."

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