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Interview Camif : "Les premiers retours sur la location de mobilier pour enfant sont positifs"

Entretien avec Pierre Launay, directeur général de Camif

Propos recueillis par Caroline Ansart - 16 juin 2023

Le spécialiste de l’ameublement fabriqué en France Camif propose, depuis avril, certains produits en location. Une manière pour l’entreprise à mission niortaise dirigée par Pierre Launay d’étendre son offre et d’atteindre sa clientèle cible, tout en restant en adéquation avec ses valeurs. Les premières semaines de lancement confirment le marché potentiel.

Pierre Launay, directeur de Camif.
Pierre Launay, directeur de Camif. — Photo : Caroline Ansart

Depuis avril, vous proposez du mobilier pour chambres de bébé et enfant en location, pourquoi ?

Une offre écoresponsable n’est pas à la portée de tous : une chambre de bébé complète c’est 1 500 euros. En location, le pack est à 39 euros par mois (lit à barreaux, commode, plan à langer, matelas), livraison et montage compris. Nous voulions aussi proposer une offre plus proche de l’économie circulaire.

Pourquoi ne pas avoir opté pour la seconde main ?

Nous nous sommes penchés sur la seconde main. Nous avons mené une étude pendant un an, accompagnés par un cabinet (le parisien Reset). Il existe déjà plusieurs modèles, LeBonCoin, Vinted, etc., qui sont tous assez loin de notre métier. Nous n’avons pas voulu ouvrir une énième plateforme. Nous aimons être pionniers, un peu comme avec le "Black Friday", que Camif boycotte depuis 2017. Le marché de la location n’en est qu’à ses balbutiements dans l’ameublement mais décolle dans d’autres secteurs.

Quels sont les premiers retours ?

Les premiers retours sont positifs. Nous avons beaucoup de visites sur la plateforme (15 000 au bout d’un mois et demi). C’est un vrai premier point de satisfaction, cela signifie que nous suscitons de l’intérêt. C’est encore un peu tôt pour parler de succès, mais c’est un bon début.

Pourquoi ne pas proposer la location pour tous vos produits ?

Plusieurs catégories de meubles auraient pu correspondre, nous pouvons avoir des besoins temporaires pour de multiples raisons. Nous avons en projet de développer la location mais nous commençons par tester cette gamme qui répond bien aux critères : nul ne sait si un autre enfant va arriver, les enfants grandissent : du lit à barreaux au lit enfant, l’idée est d’accompagner les clients. Notre cible, les 35-45 ans, a un fort besoin d’équipement.

Qu’espérez-vous en termes de chiffre d’affaires ?

C’est encore difficile à estimer. On sent que le marché de la seconde main est en pleine explosion en France. La location sera une part de ce marché.

Quelles sont les forces de Camif aujourd’hui ?

Nous sommes sur un positionnement qui a un bon écho : du "made in France" écoresponsable. 100 % de nos fabricants sont en Europe, 75 % en France. Nous avons renoncé depuis deux ans au grand import pour rester en cohérence avec nos engagements d’entreprise à mission. Nous restons une petite entreprise (75 salariés pour 40 M€ de CA, NDLR), avec notre siège et trois entrepôts.

Quand la compagnie d'assurance Maif a pris 82 % du capital de Camif fin 2021, l’objectif était de permettre à l'entreprise de doubler son chiffre d’affaires en cinq ans, où en êtes-vous ?

Oui, notre actionnaire doit nous permettre de nous développer. Nous réfléchissons par exemple à une offre BtoB qui sera un axe de croissance important. Maif, avec ses 8 000 collaborateurs, serait notre premier client. Nous allons faire nos armes ainsi.

Quels sont les défis aujourd’hui ?

Communiquer la différence pour justifier le prix. Nous ne jouons pas avec les mêmes règles environnementales et sociales que des concurrents. La provenance du mobilier devrait obligatoirement être affichée, comme elle l’est pour les légumes. Le deuxième challenge est l’écoconception. La dynamique est enthousiasmante. Quand nous accrochons une innovation (par exemple la mousse recyclée pour matelas qui économise 45 % d’empreinte carbone comparé au même matelas fabriqué en Chine sans matière recyclée), nous tentons de la réutiliser ailleurs, en l’occurrence pour des canapés.

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