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Emploi

Interview Stéphane Merai (Attineos) : « La nouvelle génération a besoin de bien-être au travail »

Entretien avec Stéphane Merai, directeur général d’Attineos

Propos recueillis par Sébastien Colle - 19 avril 2019

Directeur général d’Attineos, entreprise de services du numérique basée à Rouen et à Paris, Stéphane Merai a mis en place une stratégie d’image et de moyens pour séduire les jeunes cadres qu’il souhaite recruter afin de soutenir la croissance à deux chiffres de la société. 

« La nouvelle génération à besoin de valeurs pour s’engager auprès d’une entreprise », assure Stéphane Merai, directeur général d’Attineos.
« La nouvelle génération à besoin de valeurs pour s’engager auprès d’une entreprise », assure Stéphane Merai, directeur général d’Attineos. — Photo : S.C

Attineos est née en 2014 à Paris et vous avez très vite choisi de vous implanter à Rouen. Pourquoi ce choix ?

Stéphane Merai : Nous sommes quatre associés avec Jérôme Gratien (président, NDLR), Eric Joubin et Frédéric Henry, tous d’origine normande. Très vite, nous avons souhaité ouvrir notre usine de logiciels en Normandie car nous avons identifié le potentiel de Rouen pour notre activité. C’est une métropole qui dispose de bons atouts en matière de formation avec son université et ses écoles d’ingénieurs comme le Cesi, l’Insa, l’Esigelec et aussi des BTS et DUT en informatique. Et il existe aussi au Havre une licence informatique. Il y avait donc pour nous un vivier de compétences intéressant et la proximité de Paris. Aujourd’hui, les trois quarts de notre effectif (150 personnes, NDLR) travaillent en Normandie, dont la moitié au sein de notre centre de services à Rouen. Notre projet était de nous inscrire dans les solutions d’externalisation de proximité. Ainsi, un client qui nous confie son projet peut venir rapidement nous consulter et cela nous permet de proposer des prix plus attractifs qu’en étant basé à Paris. Mais, nous avons aussi la volonté de développer l’économie notre territoire d’origine. Lorsque l’on travaille dans une société à vocation nationale, le choix de Rouen est souvent un second choix. Ce n’est pas notre cas, car nous avons voulu croire dans le potentiel de la ville.

Attineos a sa propre signification sémantique : Attitude + Neo (nouveau) + Services. Que vouliez-vous porter avec ce nom de société ?

S. M. : Nous avons tous, avec mes associés, entre 45 et 55 ans, et nous avions déjà une bonne expérience de ce métier, mais nous avons pensé que nous pouvions travailler différemment. D’où le choix d’Attineos, pour une nouvelle attitude et une mise en avant de la personnalité des salariés avant la technique. Avec l’idée de mettre l’humain au cœur de nos préoccupations et de se donner des outils pour cela, grâce à une marque employeur sympathique, à la mise en place d’un suivi de carrière. Nous voulons donner aux collaborateurs l’opportunité de progresser et nous adoptons une attitude séduisante sur les réseaux sociaux, prompte à intéresser les jeunes cadres que nous recherchons. Car nous connaissons une croissance à deux chiffres depuis la deuxième année de création de l’entreprise, nous avons réalisé une trentaine de recrutements l’an passé et souhaitons poursuivre sur ce cap. Nous avons réalisé un chiffre d'affaires e près de 10 millions d'euros en 2018 et nous souhaitons doubler ce chiffre d'ici cinq ans. En 2019, nous tablons sur une croissance de 20% avec une nouvelle phase de recrutement pour une trentaine de postes.

La nouvelle génération de jeunes diplômés a donc des besoins spécifiques ? Les anciens codes de l’entreprise ne suffisent plus ?

S. M. : La moyenne d’âge dans l’entreprise est de 31 ans, et nous recrutons nos collaborateurs plutôt entre 23 et 28 ans, 50 % d'entre eux étant des jeunes diplômés ayant moins d’un an d’ancienneté. C’est une génération qui a besoin de bien-être au quotidien et de valeurs pour s’engager avec une entreprise. À job et salaire égal, les jeunes vont regarder ce que renvoi l’entreprise à l’extérieur, ses valeurs. Il y a une volonté des jeunes de trouver un cadre de vie, et pour cela, nous pensons que l’empreinte sociale et environnementale de l’entreprise va les intéresser. Ainsi, le fait de mettre à disposition de nos salariés, essentiellement installés au cœur de la métropole rouennaise, un vélo ou une trottinette pour pouvoir venir au bureau, se déplacer ou faire du sport, a permis de renvoyer une bonne image et a été un levier très fort d’attractivité. Nous avons également beaucoup travaillé sur notre marque employeur avec une forte présence sur les réseaux sociaux. Nous avons aussi noué des partenariats avec les universités et les écoles, afin de nous faire connaître très tôt des étudiants. Notre attractivité passe aussi par notre expertise que nous diffusons à notre communauté via les réseaux sociaux, car les jeunes diplômés aiment être alimentés techniquement. D’ailleurs en interne, tous nos collaborateurs mettent leurs compétences à disposition de leurs collègues lors d’ateliers de présentation, qui deviennent alors aussi des moments de convivialité.

Vous avez démarré au sein de la pépinière Seine Innopolis et vous venez d’emménager dans de nouveaux locaux du quartier Luciline à Rouen près de la Seine. Le choix des locaux fait-il aussi partie de votre stratégie de séduction ?

S. M. : Notre ambition est de proposer à nos salariés un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Nous voulons faire comprendre que venir dans notre société, c’est être sérieux, sans se prendre au sérieux. Les locaux doivent être un vecteur d’attractivité, c’est un élément déterminant dans le futur choix de nos candidats, car nous offrons un environnement de qualité autour de nos nouveaux bureaux. Nous avons fait le choix d’être en bordure des quais de la Seine, au milieu d’un environnement éco-durable développé par la Métropole. Nos employés peuvent aussi trouver différents types de restauration aux alentours, ainsi qu’une offre variée pour pratiquer des activités sportives. L’endroit est aussi très bien alimenté en transports en commun, ce qui est un plus car la majorité de nos collaborateurs habitent au cœur de l’agglomération. Nous proposons également un environnement de travail axé sur la polyvalence au sein de nos 950 m². Les salariés ont à disposition des salons détente, une salle avec baby-foot et une autre avec une table de ping-pong (une table de réunion transformable, NDLR), ou encore une salle de présentation où l’on peut pratiquer les jeux vidéo. Autant d’endroits qui peuvent servir à faire une pause, un entretien ou une réunion. L’objectif est de viser la polyvalence des lieux, favoriser la souplesse et la communication pour faciliter les échanges.

Votre démarche n’est-elle pas aussi un moyen de lutter contre la volatilité de ces jeunes collaborateurs ?

S. M. : Nous espérons, en effet, que notre démarche va permettre de limiter le turn-over. En fait, nous sommes en recrutement permanent, car très souvent lorsque l’on signe une affaire, il nous faut recruter en fonction du projet. Notre force est de proposer des CDI, ainsi qu’une multiplicité de projets à nos salariés. Du coup, ce n’est jamais la même chose.

« Nous avons mis l’humain au cœur de nos préoccupations »

"La moyenne d’âge dans l’entreprise est de 31 ans, et nous recrutons nos collaborateurs plutôt entre 23 et 28 ans, 50 % d'entre eux étant des jeunes diplômés ayant moins d’un an d’ancienneté", souligne Stéphane Merai, directeur général d'Attineos.
"La moyenne d’âge dans l’entreprise est de 31 ans, et nous recrutons nos collaborateurs plutôt entre 23 et 28 ans, 50 % d'entre eux étant des jeunes diplômés ayant moins d’un an d’ancienneté", souligne Stéphane Merai, directeur général d'Attineos. - Photo : S.C

Légende photo de groupe: La moyenne d’âge dans l’entreprise est de 31 ans, et nous recrutons nos collaborateurs plutôt entre 23 et 28 ans, 50 % d'entre eux étant des jeunes diplômés ayant moins d’un an d’ancienneté.

« La nouvelle génération à besoin de valeurs pour s’engager auprès d’une entreprise », assure Stéphane Merai, directeur général d’Attineos.
« La nouvelle génération à besoin de valeurs pour s’engager auprès d’une entreprise », assure Stéphane Merai, directeur général d’Attineos. — Photo : S.C