Transport

Le finistérien Towt met les voiles depuis Le Havre pour changer d'échelle

Par Isabelle Jaffré, le 22 décembre 2021

L’entreprise finistérienne de transport à la voile Towt se développe désormais davantage en Normandie grâce aux infrastructures du port du Havre. La société est en train de boucler une importante levée de fonds pour financer quatre voiliers cargos pour des traversées transatlantiques.

L’entreprise Towt a confié la conception de son premier voilier cargo au cabinet d’architecture navale Herskovits & Tobie.
L’entreprise Towt a confié la conception de son premier voilier cargo au cabinet d’architecture navale Herskovits & Tobie. — Photo : TOWT

Créée en 2011 à Douarnenez (Finistère) par Guillaume Le Grand et Diana Mesa, l’entreprise de transport de marchandises à la voile Towt (TransOceanic Wind Transport) se développe désormais surtout au Havre.

Towt (10 salariés, 203 000 euros de chiffre d'affaires et 87 000 euros de résultat net en 2019) emploie en effet huit personnes sur le port normand sur la dizaine de salariés. "Nous y sommes arrivés en octobre 2020. Il y a ici une histoire commerciale. Quand nous parlons logistique, nous sentons que nous sommes compris", décrit Guillaume Le Grand.

Des besoins logistiques mieux compris

L’entreprise prévoit un effectif de 22 salariés en 2023 et 90 dès 2025. Les deux fondateurs sont lauréats du parcours Booster / Impact + de Réseau Entreprendre Normandie, après avoir été lauréat de Réseau Entreprendre Bretagne. "Nous bénéficions au Havre d’un véritable accompagnement, d’une écoute de nos besoins. Dès 2018-2019, quand nous avons fait nos premières escales, nous avons été bien compris par les autorités, les dockers, etc.", poursuit le dirigeant.

Guillaume Le Grand et Diana Mesa ont démarré l’aventure Towt en 2011.
Guillaume Le Grand et Diana Mesa ont démarré l’aventure Towt en 2011. - Photo : Fabrice Pouliquen - Towt

La possibilité de décharger en masse, y compris des produits bio, la proximité avec Paris, la présence d’infrastructures logistiques maritimes d’envergure, les habitudes des chargeurs… Autant d’atouts que ne possède pas la Bretagne. La validation par la Commission de l’inscription des ports de Brest et Roscoff au réseau central transeuropéen de transport (RTE-T) va cependant permettre aux acteurs bretons d’investir 150 millions d’euros sur les dix à quinze prochaines années pour développer les infrastructures portuaires et ferroviaires.

Insuffisant pour Towt, qui a besoin des équipements et des compétences présents au Havre pour grandir. "La Bretagne a d’autres atouts, insiste Guillaume Le Grand. On y construit les bateaux grâce à la Marine, la pêche, la course au large. Ce savoir-faire n’a pour moi pas d’égal ailleurs. C’est pour cela que notre premier navire sera construit par un chantier naval breton."

Près de quatre millions d’euros d’épargne citoyenne

Un pied en Normandie, un autre en Bretagne. C’est sur ses deux jambes que Towt veut se développer. À l’été 2020, l’entreprise de transport a annoncé investir 40 millions d’euros dans une flotte de quatre voiliers cargos capables de transporter un millier de palettes entre Le Havre et New York en moins de 14 jours. Le chocolatier Cémoi et l’importateur de cafés bio et éthiques Belco, la société EthicDrinks ou encore Martell Mumm Perrier-Jouët (filiale cognac et champagne de Pernod Ricard) font partie des clients de Towt séduits par le projet.

Si celui-ci a pris du retard (il était prévu une mise à l’eau du premier voilier fin 2021), la PME en profite pour lever des fonds. "Nous avons largement jalonné le financement auprès des banques. Notre rythme est bon pour trouver des investisseurs en capital. Et puis il y a eu cette opportunité de lever des fonds auprès de particuliers avec la plateforme Lita.co", explique Guillaume Le Grand, qui avoue ne pas y avoir cru au départ. "Je ne pensais pas que c’était pour nous mais, au final, nous sommes ravis !" En effet, Towt a largement dépassé son objectif d’un million d’euros en approchant les 4 millions d’euros de promesses d’investissement. Un engouement citoyen qui a aussi permis de réveiller des acteurs institutionnels.

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