Aérien

La compagnie aérienne normande Chalair investit en Bretagne pour développer son activité

Par Jean-Marc Le Droff, le 10 juin 2022

Présente dans le ciel breton depuis ses débuts en 1986, la compagnie aérienne normande Chalair dévoile ses ambitions pour la desserte de la Bretagne après l’installation, fin 2020, à Morlaix, de sa cellule technique spécialisée. Elle emploie douze anciens salariés de Hop !.

La compagnie normande Chalair dispose actuellement d’une flotte de 12 appareils à hélices de 19 à 70 sièges.
La compagnie normande Chalair dispose actuellement d’une flotte de 12 appareils à hélices de 19 à 70 sièges. — Photo : Chalair

Fin 2020, la compagnie normande Chalair Aviation (137 salariés, environ 30 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2021), a installé à Morlaix (Finistère) une cellule technique spécialisée, dédiée notamment au contrôle à distance de la maintenance de ses 12 appareils à hélices, ainsi qu’aux achats et à la logistique.

Une cellule qui, en deux ans et malgré la crise sanitaire qui a bousculé le secteur de l’aviation, est passée de quatre à douze salariés. Tous sont d’anciens collaborateurs de la compagnie Hop !, qui abandonne son site d’entraînement et de maintenance morlaisien. "Cette cellule présente un potentiel de croissance dans les années à venir en fonction des besoins de la compagnie", indique prudemment Alain Battisti, qui a repris Chalair, dont le siège se situe à l'aéroport de Caen-Carpiquet, en 2003.

Vers une montée en puissance du site de Morlaix

Et les besoins pourraient effectivement augmenter à Morlaix dans les mois à venir. Car après avoir été contrainte de vendre quatre appareils pendant la crise sanitaire, Chalair prévoit d’en racheter un à deux supplémentaires d’ici fin 2022. "Nous allons vraisemblablement nous diriger vers des appareils de plus grosse capacité de type jet", confie ainsi Alain Battisti.

Yves-Marie Jouanet, responsable de la cellule de Morlaix (à gauche), aux côtés de Jérôme Latrasse, directeur général adjoint (au centre) et Alain Battisti, président de Chalair.
Yves-Marie Jouanet, responsable de la cellule de Morlaix (à gauche), aux côtés de Jérôme Latrasse, directeur général adjoint (au centre) et Alain Battisti, président de Chalair. - Photo : Jean-Marc Le Droff

Des discussions sont également en cours avec le centre d’entraînement voisin, Icare Aviation Training, afin d’y installer un simulateur d’avion à hélices de type Beechcraft de 19 sièges. "Nous devrions être fixés fin juin. Si l’opération est un succès, nous aurons à Morlaix le seul simulateur de ce type en Europe, qui attirera naturellement une clientèle européenne, mais également d’Afrique et du Moyen-Orient", espère le président, qui se prépare à débourser "plusieurs millions d’euros" pour cet investissement.

De nouvelles lignes envisagées au départ de Brest, Quimper et Rennes

Côté desserte régionale, la ligne Bordeaux-Brest, que Chalair opère depuis 2007, "sera poursuivie et probablement renforcée", et la compagnie "n’exclut pas de se positionner sur la ligne Brest-Orly en fonction de l’évolution du marché et de la concurrence". Un premier pas qui pourrait constituer la "ligne vertébrale" lui permettant de développer d’autres liaisons vers Strasbourg, Lille ou d’autres destinations françaises et européennes.

Quant à la liaison Quimper-Orly, qu’elle opère depuis 2019 dans un contexte dégradé, Chalair "reste convaincue, comme le monde économique de Cornouaille, de la nécessité impérieuse de la poursuite de la ligne", assure Alain Battisti, qui réfléchit à développer une offre de ligne saisonnière sur l’année 2023, comme ce fut déjà le cas par le passé.

À Rennes, Chalair envisage notamment de reprendre la liaison vers Bordeaux, ligne historique qu’elle avait suspendue durant la crise sanitaire. Toujours au départ de Rennes, "au moins une autre destination vers une grande métropole régionale est également à l’étude pour la saison hiver 2022", avance Jérôme Latrasse, son directeur général adjoint. Quant à Lorient, "nous restons également à l’écoute des demandes du territoire, et serons volontaires pour accompagner les réflexions et offrir des solutions sur les axes consolidés", conclut-il.

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