Chimie

Frédéric Henry : Un homme de réseaux

Par Guillaume Ducable, le 03 avril 2009

PDG de la filiale française du chimiste américain Lubrizol, Frédéric Henry a gravi les échelons un à un depuis son entrée dans l'entreprise en 1982. Président de l'Union des industries chimiques de Normandie (UIC), élu à la CCI de Rouen, il est surtout un homme de réseaux influent.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

L’annonce en juillet 2008, alors que l’Armada battait son plein, de l’existence d’un projet de Grand prix de Formule 1 au cœur de la capitale Normande en aura surpris plus d’un. Derrière ce « coup médiatique », une association de décideurs locaux, dirigeants pour la plupart des cinquante plus grandes entreprises de la région rouennaise qui se réunissent depuis plusieurs mois déjà à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouen. Parmi ces « décideurs », le PDG du chimiste Lubrizol France, fleuron de l’industrie locale, figure en bonne place.

Dix ans à la tête de Lubrizol France

Si le projet alors dévoilé semble depuis avoir fait long feu, l’association Eden, pour Espace des décideurs des entreprises normandes, demeure et ne renie pas ses objectifs. Mais au-delà des actions du club, la présence même du PDG de la filiale française du groupe de Cleveland est symptomatique du rôle que l’entreprise et son dirigeant jouent dans la vie économie locale. Vice-président de la CCI de Rouen, mais également président de l’UIC (Union des industries chimiques) de Normandie, Frédéric Henry est à cinquante-sept ans un homme de réseaux, fortement impliqué dans la vie économique locale.

Natif de Roanne dans la Loire, c’est à Rouen, en Seine-Maritime qu’il aura jusqu’ici passé l’essentiel de sa carrière. Une carrière marquée par la fidélité à une entreprise, Lubrizol, qu’il a intégré en 1982 « un peu par hasard » et qu’il n’a depuis pas quitté. Formé à l’Inscir, l’Institut national de chimie industrielle de Rouen, ancêtre de l’Insa (institut des sciences appliquées), le futur PDG du chimiste rouennais fait, diplôme d’ingénieur en poche, une courte « escapade » parisienne chez les pompiers de Paris avant d’intégrer au ministère un poste de scientifique du contingent. Ses obligations militaires derrière lui, il revient dans la capitale Normande et décroche un premier emploi d’ingénieur de production dans une entreprise dont il ne connaît alors rien ou presque : Lubrizol ! « Peu importe, c’est ce que je voulais faire, connaître le monde de l’usine, et dans un poste où l’on peut mesurer rapidement les résultats de ce que l’on a entrepris ». L’expérience durera cinq ans. Cinq années durant lesquelles il participe à la construction d’une nouvelle unité de production, « un moment important pour le site », se souvient Frédéric Henry. « La taille de l’entreprise n’était pas celle d’aujourd’hui ; les ingénieurs de production devaient avoir plusieurs cordes à leur arc et être capables de piloter un projet de A à Z ». Frédéric Henry jubile.

De la production aux achats

À partir de 1988 il occupe un poste de responsable des achats de matières premières pour l’ensemble des sites de Lubrizol France. Un cheminement logique, « de la production aux achats » pour un rôle clé au sein d’une entreprise dont près de 60 % du chiffre d’affaires est absorbé par le poste « matières premières ». « Cela m’a ouvert l’esprit sur le positionnement de l’entreprise dans le monde », évoque le dirigeant qui se souvient d’une période riche en voyages et en contacts à travers l’Europe de la chimie. Dans sa trajectoire linéaire chez Lubrizol, de la production au sommet de la direction, il est appelé en 1992 au siège du groupe à Cleveland (Ohio), au service vente-marketing. Un séjour étape qu’il fait en famille, avec sa femme et ses quatre enfants avant de retrouver les bords de la Seine en qualité de DRH. Installé dans un poste « beaucoup plus visible dans l’entreprise », il instaure les réunions dites « PDG », pour « Parlons des gens », visant à améliorer la communication entre les salariés ! Un concept au nom évocateur pour celui qui occupera dès 2000 la fonction suprême chez Lubrizol France.

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