Agroalimentaire

Investissement

SBV veut valoriser la volaille française

Par Ségolène Mahias, le 22 novembre 2023

Basée à Saint-Jean-Brévelay, la Société bretonne de volaille (SBV) compte douze sites majoritairement situés dans le Morbihan. Employant plus de 4 300 salariés et réalisant 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires, cette filiale de LDC investit massivement dans son outil industriel afin de valoriser l’origine française et bretonne de la volaille.

Laurent Girard, directeur général de SBV et Anne-Lise Clavel, en charge de la communication et du marketing, confirment l’engagement de l’entreprise auprès du Rugby Club de Vannes représenté par Jordan Roux.
Laurent Girard, directeur général de SBV et Anne-Lise Clavel, en charge de la communication et du marketing, confirment l’engagement de l’entreprise auprès du Rugby Club de Vannes représenté par Jordan Roux. — Photo : Ségolène Mahias

C’est dans la galaxie du groupe sarthois LDC (5,8 Md€ de CA et 23 400 salariés) que La Société Bretonne de Volaille (SBV) écrit son histoire. Cette filiale est l’une des cinq filières de volaille du groupe. SBV a vu le jour en 2015 : elle est issue de la fusion de six sites bretons de LDC et de l’acquisition de cinq autres sites auprès d’autres groupes volaillers. Basé à Saint-Jean-Brévelay, dans le centre Morbihan, l’acteur pèse aujourd’hui 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires et emploie 4 310 salariés en s’appuyant sur 12 sites. "Huit sites sont dans le Morbihan, trois dans les Côtes-d’Armor et un dans le Finistère. Ce maillage fort dans le département s’explique aussi car c’est le premier département volailler de France", résume Laurent Girard, directeur général de SBV.

S’appuyant sur cette densité et cette proximité, cet acteur majeur de l’économie morbihannaise indique être créateur d’emplois directs mais aussi d’emplois indirects. "Pour un emploi, 5,5 emplois sont soutenus sur le territoire soit un total de 20 850 emplois soutenus."

Structuré, SBV, leader français de la restauration hors foyer, décline son plan d’actions : "Nous devons rendre à la volaille française sa place dans les assiettes. Il s’agit pour cela de le faire savoir via nos partenaires", développe le directeur général de SBV.

Vendre les savoir-faire bretons

L’enjeu est de taille. Les acteurs de la restauration collective et de la restauration commerciale en France peuvent importer jusqu’à plus de 50 % de leur volume de volailles. Pour SBV, le défi est d’importance et les débouchés majeurs car

l’acteur agroalimentaire réalise 51 % de son tonnage annuel sur ces marchés de la restauration hors-foyer. Les autres créneaux de distribution de SBV se font auprès d’acteurs agroalimentaires spécialisés dans la transformation, via les produits alimentaires intermédiaires (PAI) à hauteur de 24 %, les autres filiales du group pour 13 % et enfin la GMS pour 12 %. Fortement positionné en France où SBV commercialise 73 % de sa production, l’industriel est aussi présent à l’export à hauteur de 27 %. Outre l’Europe et notamment la Belgique, l’entreprise est présente au Moyen-Orient, en Afrique mais aussi en Asie.

Acteur engagé, SBV est en ordre de marche pour gagner un autre pari. "Pour faire face à l’importation et vendre les savoir-faire de la filière bretonne", comme le répète Laurent Girard, l’entreprise entend actionner différents leviers. "Nous avons ici une vraie culture de l’élevage avec nos 1200 éleveurs indépendants." Ces derniers élèvent des poulets, des dindes et des canards. Ces trois types de volailles cohabitent au sein de SBV et lui permettent de proposer une offre très large.

Une démarche d’élevage durable

"L’accent est fortement mis sur la traçabilité. Nous faisons en sorte que les volailles soient correctement élevées, nourries, abattues et transformées selon des normes très strictes." Ainsi, les poulets sont nourris avec une alimentation 100 % végétale, minérale et vitaminique, les abattoirs se trouvent le plus possible à proximité les élevages, l’utilisation d’antibiotiques n’est possible qu’en dernier recours et de nombreux audits ainsi que des contrôles sont mis en place.

" Faire, c’est bien mais le faire savoir est nécessaire. C’est en ce sens que nous avons mis en place la marque Poule et Toque." Destinée à la RHD, cette marque met en exergue les savoir-faire développés par SBV pour répondre aux besoins des professionnels. Poule et Toque rassemble donc des produits prêts à cuire, à réchauffer et à servir.

Des volumes d’investissements conséquents

Face à l’attrait croissant des consommateurs pour la volaille et afin de regagner du terrain face aux volailles d’importation, SBV investit massivement sur ses différents sites. "Nous investissons en moyenne entre 50 et 70 millions d’euros chaque année sur nos différentes unités. Nous avons fait le choix d’augmenter nos capacités de production. Ainsi, à Guiscriff, nous avons un des sites les plus capacitaires d’Europe", chiffre Laurent Girard. "Ces investissements nous permettent de gagner en capacité, compétitivité… mais aussi de baisser nos consommations énergétiques."

Outre son outil de production, SBV s’est doté depuis 2018 de sa propre plateforme logistique implantée à Ploërmel. 5,5 millions d’euros ont été engagés sur ce site de 3 700 m2 qui lui permet de maîtriser ses coûts de transport. "Il s’agit d’un hub logistique pour expédier nos produits en dehors de la Bretagne."

Développement sur la protéine végétale à Quimper

L’entreprise investit aussi pour gagner en valeur ajoutée sur des produits élaborés ou prêts à l’emploi. Ainsi, sur le site de Bignan, SBV a mobilisé quelque 35 millions pour notamment porter la production de lardons de poulet à 3 000 tonnes par an mais aussi développer les activités de produits élaborés cuits et fumés, de charcuterie tranchée…

L’heure est aussi à l’ouverture pour SBV à l’instar de son chef de file LDC qui a annoncé faire une percée dans le domaine de la protéine végétale avec à la clé un investissement de 235 millions d’euros entre 2022 et 2023. Au sein de SBV, cette orientation stratégique prend forme au sein du site Doux Farmor de Quimper. Une enveloppe de huit millions d’euros pour fabriquer des protéines végétales qui seront commercialisées à l’export mais aussi utilisées au sein du groupe.

Chercher des leviers de croissance est également dans les esprits. Alors que la filière a été secouée par l’épidémie de grippe aviaire survenue en 2022, l’entreprise a été peu impactée. "L’expertise et le professionnalisme des équipes a permis de juguler ces épisodes-là. La situation en Bretagne a été différente de celle vécue en Vendée. C’était un choc pour la filière. Au sein du groupe, nous avons fait preuve de solidarité en alimentant en production les usines sur ces zones fragilisées. Cela a limité l’impact. C’est toute la force du collectif."

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