Morbihan

Agroalimentaire

Comment Atlantic Nature a évité la catastrophe

Par Xavier Eveillé, le 19 juin 2017

Le spécialiste en compléments alimentaires Atlantic Nature a frôlé la catastrophe : une crise de croissance a failli lui être fatale. Non seulement l'entreprise bretonne a soldé ses dettes, mais l'entreprise fondée il y a 20 ans à Ploemeur (56) entend bien doubler son chiffre d'affaires d’ici 2020 et projette d'agrandir son site de 3.500 m². Retour sur une épreuve surmontée.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Un chiffre d’affaires en croissance de 23 %, un plan de développement à l’international avec un objectif de 15 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2020 (8,6 millions réalisés en 2016), quinze créations d’emploi en ligne de mire... Et pourtant, derrière ces perspectives réjouissantes, Atlantic Nature - et sa marque Nat & Form - n’est pas passée loin de la catastrophe. Le spécialiste du complément alimentaire sort tout juste d’un plan de continuation.

« Liquidez votre entreprise, passez à autre chose »

L’énergie déployée pour surmonter l’épreuve a soudé les équipes. Les quelque 70 salariés ont ainsi fêté la sortie du plan de continuation le 15 juin dernier depuis les terrasses du Celtic, à Lorient-La Base. Émotion palpable à la mesure de l’événement pour cette entreprise pionnière, devenue l’un des leaders du complément alimentaire en Europe avec 200 millions de gélules produites à partir de 750 références. La dirigeante, Elisabeth Macé, peut mesurer le chemin accompli : « Les difficultés sont apparues fin 2012. On a traversé plusieurs années vraiment difficiles... Seules 10 % des entreprises survivent à un redressement. Encore moins s’en sortent en ayant payé toutes ses dettes, ce qui est notre cas ! , souffle Elisabeth Macé qui s’est entendue dire : « liquidez votre entreprise, passez à autre chose ».

Conserver les clients, comprimer les dépenses

Pendant toutes ces années, l’objectif n’a jamais varié : conserver les clients, stabiliser le chiffre d’affaires, réduire drastiquement les dépenses. « Ce sont des choix stratégiques qui sont à l’origine de nos déboires, nous le savons. Nos ambitions ont parfois été un peu trop coûteuses. Mais le parti pris a toujours été d’être transparent, y compris sur nos difficultés rencontrées », indique la dirigeante. Un choix qu’Elisabeth Macé ne regrette pas aujourd’hui : plutôt que de taire ses difficultés financières, Atlantic Nature en a parlé. À tout le monde. À commencer par ses fournisseurs. Nombre d’entre eux ont joué le jeu. Et puis, le Medef 56, la CGPME du Morbihan ont apporté une aide précieuse dans les négociations avec les organismes sociaux. La municipalité de Ploemeur a aussi été à l’écoute. « Aujourd’hui, nous pouvons leur dire que nous comptons bien rester à Ploemeur ! », assure Elisabeth Macé.

Système D

Surtout, les efforts des salariés ont été considérables, comité d'entreprise inclus, avec un mot d’ordre : développer le système D et rester soudés. « L’une de nos faiblesses était le manque de structuration des services, poursuit Elisabeth Macé. Pour y remédier, nous avons recruté un responsable qualité et un responsable marketing à qui il a fallu dire... qu’il n’avait pas de budget ! ». Ils se sont battus avec les moyens du bord. L’entreprise a résolu ses problèmes bancaires, denier après denier. « Puis, il y a six mois, on a compris qu’on était tiré d’affaire... Le début d’un immense soulagement mais nous avons appris qu’il ne fallait jamais rien lâcher. Nous avons tiré des enseignements du passé. »

Un agrandissement de 3.500 m² en projet

Première entreprise à avoir créé une gamme vitaminée pour les enfants, première à développer une capsule d’origine marine, première gamme éco-responsable en Europe, Atlantic Nature s’est engagée depuis longtemps dans un plan de réduction de CO2, traite ses déchets avec les Recycleurs bretons, soigne sa traçabilité (Initiative Protect) et lance en 2013 un programme continu d’analyses chimiques et biologiques (30.000 analyses sont accessibles en ligne). Patrick Rault, le responsable marketing, évoque également le lancement du "Service Connect" en 2016 qui emploie dix personnes avec l’ambition d’en faire un lieu de réponse aux questions des consommateurs et d’échange par et pour les clients. « Cette transparence est fondamentale, nous sommes le seul labo en France à afficher une telle lisibilité clients. » La marque aux piluliers en carton recyclé et aux couvercles 100 % d’origine végétale compte aller plus loin. Elle ambitionne de sortir des frontières de l’hexagone. Présente d’ores et déjà au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal ou encore aux Seychelles, elle entend accélérer à l’export. Assaini, l’avenir doit s’écrire dès 2018 avec l’agrandissement de l’entreprise ploemeuroise sur 3.500 m² de bâti sur un terrain d'un hectare. L’objectif de quinze créations d’emplois tient toujours. Plus que jamais.

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