Sarthe

Mécanique

Geslin continue de se moderniser malgré la crise

Par Rémi Hagel, le 03 octobre 2022

La PME de mécanique de précision mancelle Geslin (3,3 M€ de CA, 38 salariés) investit 500 000 euros dans de nouvelles machines et recrute, malgré une année compliquée et les craintes sur les coûts de l’énergie.

Stéphane Geslin a repris l’entreprise en 2015. Il modernise régulièrement de son parc machines.
Stéphane Geslin a repris l’entreprise en 2015. Il modernise régulièrement de son parc machines. — Photo : Rémi Hagel

Fin septembre, l’entreprise de mécanique de précision Geslin SAS a réceptionné un tour quatre axes bi-broches neuf, commandé en début d’année. En parallèle, elle s’apprête à recevoir son nouveau centre d’usinage trois axes, commandé fin 2021. "Ces deux moyens de production vont permettre d’asseoir notre position chez nos clients, et de proposer des services plus diversifiés, donc nous ouvrir de nouveaux marchés", escompte Stéphane Geslin, le dirigeant. "Nous sommes quasi autonomes sur l’usinage : de la conception à la finition". Son entreprise réalise des pièces usinées de haute précision, à l’unité ou en petites séries, pour de grands comptes, constructeurs ou équipementiers des secteurs automobile, aéronautique, offshore, pour l’armement comme le luxe (des talons de chaussures en aluminium, par exemple). L’investissement est conséquent, 500 000 euros, pour une entreprise dont le chiffre d’affaires 2021 s’élève à 3,3 millions d’euros.

Depuis qu’il a repris l’entreprise à son père en 2015, Stéphane Geslin a régulièrement investi pour moderniser les bâtiments et les moyens de production. Il a déboursé 1,5 million d’euros en 2019 pour agrandir l’atelier, passant de 1 500 m2 à 2 500 m2. Il avait alors réorganisé le parc de machines par pôles, optimisant la gestion des flux.

Ce tour quatre axes bi-broches vient d’arriver dans l’entreprise. Il va permettre d’étoffer l’offre de services.
Ce tour quatre axes bi-broches vient d’arriver dans l’entreprise. Il va permettre d’étoffer l’offre de services. - Photo : Rémi Hagel

Les coûts de l’électricité, "un tsunami"

Le gain de croissance envisagé avec cet outil performant a été retardé, "le Covid nous a fait un croche-pied en 2020", décrit le dirigeant. "En 2021, nous avons réussi à rebondir, et on pensait continuer sur la lancée en 2022…". Mais 2022 a mal tourné. "La guerre en Ukraine a entraîné des difficultés sur la disponibilité de matières premières, et une augmentation des coûts. On nous annonce des prix de l’électricité cinq à six fois plus cher l’an prochain. Si cela arrive, ce seront des éléments insurmontables. Un vrai tsunami", s’inquiète le chef d’entreprise. "Si j’ai besoin de main-d’œuvre, je recrute ; mais si j’ai un souci sur l’approvisionnement en énergie, je n’ai aucun levier". Pourtant, "notre parc machines est récent, consomme donc moins qu’avant ; et certaines machines programmées s’arrêtent automatiquement la nuit. Tous nos éclairages utilisent des LED". Un système de climatisation pour réduire la pollution de l’air a été installé pendant la modernisation de l’atelier. Positif pour la santé des opérateurs, mais plus coûteux en énergie. Au final, "nous parvenons à une consommation maîtrisée, avec une dépense de 70 000 à 80 000 euros annuels… habituellement."

Compte tenu de ce contexte troublé et des perspectives incertaines, Stéphane Geslin table sur "un maintien de l’activité en 2022, c’est-à-dire pas aussi forte qu’espérée". Il cherche tout de même à recruter deux techniciens d’usinage afin de répondre à sa croissance. Reste le projet de renouvellement d’une machine, initialement prévu pour 2023, suspendu par la hausse des coûts de l’énergie, et dépendant d’éventuels soutiens publics.

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