Maine-et-Loire

Luxe

En Anjou, le nouvel atelier de Louis Vuitton porté par le marché chinois

Par Olivier Hamard, le 05 septembre 2019

Ouvert depuis janvier dernier à Beaulieu-sur-Layon (Maine-et-Loire), le 16e atelier français de maroquinerie du géant du luxe Louis Vuitton a été officiellement inauguré par la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Le site, qui doit accueillir 300 salariés, profite de la forte augmentation des ventes en Chine. 

L'atelier emploie actuellement 135 personnes avec l'objectif à terme d'accueillir 300 salariés.
L'atelier emploie actuellement 135 personnes avec l'objectif à terme d'accueillir 300 salariés. — Photo : Olivier Hamard JDE

Annoncée tout d’abord en 2012, l’arrivée d’un atelier de maroquinerie Louis Vuitton dans le Maine-et-Loire avait tout d’abord été retardée, avant que le géant du luxe n’annonce à nouveau son implantation début 2018, toujours sur le site initialement prévu, à Beaulieu-sur-Layon. En janvier 2019, la marque y a donc ouvert son 16e atelier français, le 4e dans les Pays de la Loire, après les trois déjà implantés en Vendée. Louis Vuitton emploie désormais plus de 1 000 personnes dans la région.

Une fabrication 100 % française

Pour son 16e atelier, Louis Vuitton a conçu un site de plus de 5 000 mètres carrés, construit pour favoriser la mobilité des salariés à l’intérieur de l’atelier. Éclairé au maximum par une lumière naturelle, le bâtiment est doté de grandes baies vitrées.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail (à gauche), a inauguré l'atelier Louis Vuitton de Beaulieu-sur-Layon,  aux côtés de Christelle Morançais, présidente des Pays de la Loire et de Michael Burke, président de Louis Vuitton.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail (à gauche), a inauguré l'atelier Louis Vuitton de Beaulieu-sur-Layon, aux côtés de Christelle Morançais, présidente des Pays de la Loire et de Michael Burke, président de Louis Vuitton. - Photo : Olivier Hamard JDE

Les postes de travail sont modulables et s’adaptent en fonction de la production, avec des salariés très polyvalents, qui y fabriqueront de petites séries et des sacs complexes. Si le montant de l’investissement réalisé par la marque n’est pas rendu public, la volonté de Louis Vuitton de fabriquer sur le sol français reste évidente, avec un critère, la proximité de la capitale : « Cela permet aux créateurs parisiens de venir dans l’atelier très facilement, précise Michael Burke, le président de Louis Vuitton. Et il est très important de conserver en France cette production, car dans le secteur de l’industrie, et plus particulièrement du luxe, c’est la main qui est motrice. Quand cette main quitte la France, la création et tout le reste suivent. » Un argument renforcé par l’annonce par le dirigeant de la future création de deux ou trois autres ateliers en France, sur le même concept que celui de Beaulieu-sur-Layon.

Il est vrai que la conjoncture est encourageante : le groupe LVMH, spécialisé dans l’industrie du luxe, affiche 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et la demande pour la marque Louis Vuitton, l’un de ses fleurons, est « exceptionnellement élevée », précise Michael Burke. Particulièrement auprès de la clientèle chinoise, avec qui elle réalise un tiers de ses ventes. Cette part devrait encore augmenter, Michael Burke prévoyant qu’elle devrait en atteindre la moitié.

300 recrutements en Anjou, 1 500 en France

Pour former ces « mains », maroquiniers qui travaillent dans l’atelier de Beaulieu-sur-Layon, Louis Vuitton a travaillé localement avec le lycée de la Mode de Cholet et recruté à ce jour 135 personnes. Cette inauguration tombait donc à point nommé pour Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, venue également en Anjou à la rencontre de jeunes apprentis. « C’est aujourd’hui le premier anniversaire de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, précise-t-elle. Et nous avons pris de réelles mesures pour favoriser l’apprentissage. L’atelier en est un bel exemple et montre l’importance de la formation et de la transmission du savoir-faire. » Occasion aussi pour la ministre de se réjouir de la dynamique de l’apprentissage dans la région, première de France en proportion du nombre d’apprentis chez les jeunes, et sur le territoire national : « Il y a aujourd’hui plus de 458 000 apprentis en France et les demandes sont de plus en plus nombreuses, ajoute Muriel Pénicaud. Le nombre de jeunes en apprentissage a augmenté de 8,5 % en cette rentrée. Beaucoup le découvrent et s’y engagent, et ce n’est plus considéré comme une voie de garage. Nous aidons aussi à la mise en place de formations et cette année, nous avons reçu 550 demandes de créations de centre d’apprentissage en France. »

Le bâtiment, avec une façade entièrement vitrée, favorise la lumière naturelle.
Le bâtiment, avec une façade entièrement vitrée, favorise la lumière naturelle. - Photo : Olivier Hamard JDE

Un message entendu par les dirigeants de Louis Vuitton, puisque la marque recrutera encore pour son atelier de Beaulieu-sur-Layon : l’effectif devrait atteindre 200 personnes en fin d’année, avec un objectif de 300 d’ici 18 mois environ. Et l’éventualité d’un autre atelier n’est pas exclue, la réserve foncière sur le site en permettant largement la construction. Avec cette nouvelle manufacture implantée en Anjou, Louis Vuitton emploie désormais 4 300 personnes en France. La maison prévoit 1 500 embauches supplémentaires dans ses ateliers de l’Hexagone à l’horizon 2022.

L'atelier emploie actuellement 135 personnes avec l'objectif à terme d'accueillir 300 salariés.
L'atelier emploie actuellement 135 personnes avec l'objectif à terme d'accueillir 300 salariés. — Photo : Olivier Hamard JDE

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