Sarthe

Agroalimentaire

Investissement industriel

Depuis la Sarthe, Reitzel veut faire gagner des parts de marché au cornichon français

Par Frédéric Gérard, le 24 novembre 2023

Le site de Connerré est l’une des deux usines françaises de la société suisse Reitzel. Sa particularité : être spécialisé dans le cornichon frais. La marque investit ces dernières années pour gagner en efficience et imposer "Hugo, le cornichon français" dans les rayons. En face, les volumes sont à 90 % produits en Inde.

Martial Chauvière, directeur des opérations chez Reitzel France, travaille a augmenté la productivité de l’usine de Connerré au profit de sa marque de cornichons français.
Martial Chauvière, directeur des opérations chez Reitzel France, travaille a augmenté la productivité de l’usine de Connerré au profit de sa marque de cornichons français. — Photo : Frédéric Gérard

Reitzel France, filiale de l’entreprise familiale suisse, possède deux usines dans l’Hexagone, l’une dans le Loir-et-Cher, l’autre en Sarthe, à Connerré. Dans cette dernière sont mis en bocaux des oignons et des cornichons, dont ceux de la marque Hugo, "le cornichon français". Sur ce segment de marché, l’entreprise a des ambitions. Des investissements sont en cours, pour monter progressivement en puissance. Vingt-six agriculteurs produisent pour Reitzel sur 47,5 hectares en Sarthe, Maine-et-Loire, dans le Loir-et-Cher, le Loiret, le Cher, en Bretagne, en Alsace.

90 % de la production mondiale est en Inde

Cette stratégie est à contre-courant de la filière. En quelques années, la production mondiale s’est concentrée en Inde : 70 % des cornichons vendus dans le Monde, dont 90 % en ce qui concerne les petits cornichons consommés en France. Reitzel a suivi le mouvement, reconnaît son directeur des opérations Martial Chauvière. "En INde, il y a trois saisons où il peut être cultivé. Il y a donc moins de risque de rater sa récolte… Et quand il y a trois-quatre sites de production situés à trois-quatre heures de distance, c’est très productif. "

Malgré cette externalisation de la production, Reitzel croit en son usine sarthoise et son savoir-faire dans le cornichon frais. "En 2016, nous produisions environ 53 tonnes de cornichons français, aujourd’hui, 900 tonnes en bio conventionnel, compare Martial Chauvière. Hugo représente 2 à 3 % du marché des marques, mais l’objectif est de se hisser à 10 %." En marques distributeur, l’entreprise est en tête des parts de marché avec "plus de 40 % des volumes".

"Entre un et deux millions d’investissements par an"

La capacité de l’usine de Connerré est de 10 000 bocaux par heure en moyenne annuelle. Mais en pleine saison, la cadence se réduit. "Tout dépend de ce qui arrive des champs. Nous avons cinq calibres, il faut adapter la chaîne aux différentes tailles de bocaux", explique Martial Chauvière. La main-d’œuvre (35 salariés), elle, augmente pour les étapes supplémentaires de lavage et de tri, notamment. Pour rester rentable sur ce produit, "il faut rechercher l’efficience."

Depuis 2017, "nous réalisons entre un et deux millions d’euros d’investissements par an. Nous avons d’abord opéré une rénovation des bâtiments, puis nous avons investi dans l’outil de production", présente Martial Chauvière. Un remplisseur, une sertisseuse, un pasteurisateur en 2021 pour 1,5 million d’euros, puis une amélioration du convoyage en 2022. Le dernier outil en date, un dépalettiseur pour 500 000 €, a été mis en fonctionnement mi-novembre. En 2024, 125 000 € seront investis dans la sécurité incendie et 500 000 € dans une fardeleuse.

"En 2019, nous avons aussi créé un atelier de poches en plastique et film aluminium, destinées à la restauration, principalement dans les villes où les cuisines cherchent à optimiser la place". Un million d’unités sont produites par an.

La restauration représente 20 à 25 % du chiffre d’affaires. " Mais cela évolue à la hausse" avec 3,4 tonnes écoulées en 2022. Reitzel France a réalisé 46,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 et prévoit 48,9 millions d’euros en 2023. "Nous pensions faire plus en début d’année, mais la consommation ralentit sur les derniers mois de l’année, du fait de l’inflation", indique Martial Chauvière. Malgré cela, Reitzel est confiant dans ses ambitions : "Sur le marché de marques, avec la fabrication française, nous sommes plus légitimes".

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition