Grand Est

International

Témoignage Xavier Piérard (eXporting) : « La première chose à faire pour exporter aux États-Unis, c’est de trouver un bon avocat »

Par Jean-François Michel, le 23 janvier 2020

Difficile de faire affaire avec les États-Unis par les temps qui courent. Si le pays n’est que la septième zone cliente du Grand Est, les opportunités ne manquent pas. À condition de prendre des précautions, prévient Xavier Piérard, dirigeant d’eXporting.

Xavier Piérard est opérateur du programme BE Est Export et dirigeant d’eXporting.
Xavier Piérard est opérateur du programme BE Est Export et dirigeant d’eXporting. — Photo : © Archives - Le Journal des entreprises

« Avec l’administration Trump, les dirigeants d’entreprise ont vite compris que la porte du marché pouvait se refermer d’un jour à l’autre. Il est très compliqué de travailler dans ces conditions », cingle Xavier Piérard, opérateur du programme « BE Est Export » porté par la Région Grand Est. Également dirigeant à Pompey, en Meurthe-et-Moselle, d’eXporting, spécialisé dans l’accompagnement des PME à l’export, il estime que « très peu d’entreprises du Grand Est choisissent de prioriser les États-Unis pour leur démarche à l’export ».

Des relations compliquées avec les États-Unis

Ce constat se lit dans les dernières données statistiques : les États-Unis ne sont que la 7e zone cliente de la région Grand Est, avec moins de 5 % des exportations régionales, loin derrière l’Allemagne (28,5 %), le Royaume-Uni (8,8 %) ou encore l’Italie (8,7 %). « Avec l’annonce des nouvelles sanctions commerciales (Washington a été autorisé par l’OMC à appliquer des droits de douane supplémentaires sur certains produits européens dans le cadre du dossier Airbus/Boeing, NDLR), le climat se dégrade encore », souligne Xavier Piérard.

« Si on veut réussir aux États-Unis, il faut beaucoup de temps et beaucoup d’argent. »

Le dirigeant précise encore que l’export outre-Atlantique a toujours été compliqué : « La première chose à faire pour exporter aux États-Unis, c’est de trouver un bon avocat, si possible ayant la double nationalité. Et si on veut réussir, il faut beaucoup de temps et beaucoup d’argent. Actuellement, certaines compagnies d’assurance font exploser les primes couvrant la responsabilité civile. »

Pour ce spécialiste de l’export, ce sont évidemment les produits agroalimentaires qui vont souffrir de ce nouveau chapitre ouvert par l’administration Trump. Pourtant, les PME régionales auraient certainement une place à trouver aux États-Unis, qui restent le deuxième marché mondial : « Il y a des ouvertures dans les services, estime Xavier Piérard, notamment parce que les PME françaises peuvent livrer des solutions efficaces en termes d’ingénierie. »

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