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Investissement

Le whisky de Rozelieures en route pour doubler ses volumes

Par Philippe Bohlinger, le 17 novembre 2023

La distillerie Grallet-Dupic à Rozelieures (Meurthe-et-Moselle) investit en vue de doubler ses capacités de production de whisky lorrain, un virage qui coïncide avec l’arrivée de Maxime Dupic, 25 ans, représentant la sixième génération de dirigeants familiaux.

La distillerie Grallet-Dupic à Rozelieures (Meurthe-et-Moselle) maîtrise l’ensemble des étapes de production.
La distillerie Grallet-Dupic à Rozelieures (Meurthe-et-Moselle) maîtrise l’ensemble des étapes de production. — Photo : Distillerie Grallet-Dupic

En bonne place parmi les pionniers du whisky français, la distillerie lorraine Grallet-Dupic se prépare à franchir un nouveau cap. Installée à Rozelieures (Meurthe-et-Moselle), à mi-chemin entre Nancy et Épinal, l’entreprise de 15 salariés, qui pèse environ 3,6 millions d'euros de chiffre d'affaires, annonce cet automne son ambition de doubler sa production de ce spiritueux. Un projet qui implique d’augmenter les capacités de maltage et de brassage, mais aussi de distillation et de maturation, quatre étapes incontournables dans la fabrication de cet alcool.

Le projet coïncide avec l’arrivée il y a quelques mois, au poste de responsable de production, de Maxime Dupic, 25 ans, ingénieur aéronautique et représentant de la sixième génération de dirigeants familiaux. De quoi impulser un nouvel élan à cette lignée de céréaliers et d’arboriculteurs connue notamment pour sa production de mirabelles.

De gauche à droite, Maxime Dupic, Christophe Dupic, Sabine Grallet-Dupic et Anne-Marie Grallet.
De gauche à droite, Maxime Dupic, Christophe Dupic, Sabine Grallet-Dupic et Anne-Marie Grallet. - Photo : Distillerie Grallet-Dupic

Le premier whisky de Rozelieures avait été embouteillé en 2007, après les trois années de vieillissement en fûts de chêne, un délai incompressible imposé par la législation. Les flacons avaient d’abord été commercialisés à petite échelle, via des cavistes régionaux, avant d’élargir la zone de chalandise à l’Hexagone en 2013 par le biais du distributeur de spiritueux Dugas. La hausse de la production devrait donner les moyens à la distillerie de mettre en vente des bouteilles de dix ans d’âge, une attente forte du marché. Elle espère également augmenter sa part à l’export, actuellement équivalente à un cinquième de la production. Début octobre, ses responsables se sont d’ailleurs rendus aux États-Unis, afin de former des équipes commerciales.

De la terre au verre

Sa devise "de la terre jusqu’au verre" résume l’étendue des atouts de l’entreprise. "Nous distillions historiquement des eaux-de-vie de fruits, mais mon mari (Christophe Dupic) et mon père (Hubert Grallet) ont toujours partagé un véritable intérêt pour le whisky. L’idée de produire ce spiritueux dans nos alambics est venue en moissonnant un champ d’orge. Nous avions tout sous la main ! Aujourd’hui, nous sommes l’un des rares distileurs au monde à maîtriser l’ensemble des étapes de production d’un whisky", détaille Sabine Grallet-Dupic, directrice-générale de la distillerie. L’orge à whiskies pousse en effet sur l’exploitation familiale de 300 hectares, puis transite par sa malterie de Lépanges-sur-Vologne (Vosges). L’eau-de-vie de malt ainsi obtenue est ensuite distillée, puis vieillie dans les chais de l’entreprise, dans des fûts de chêne neufs, mais aussi d’anciens fûts de vins de Bourgogne, de la vallée du Rhône ou du Sud-Ouest.

La distillerie Grallet-Dupic pousse même la traçabilité jusqu’à embouteiller chaque année des whiskies dits parcellaires, garantissant l’origine des orges jusqu’à la parcelle. Cette gamme s’est ajoutée dernièrement à ses whiskies traditionnels (floral, fumé, tourbé, etc.). À cela s’ajoutent des whiskies issus d’élevages dans d’anciens fûts de Jurançon, de Porto, de Banyuls ou encore de Pineau des Charentes. Enfin, un second whisky bio est actuellement en gestation.

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