Meurthe-et-Moselle

Industrie

En recyclant des matelas, Envie 2E Lorraine crée des emplois

Par Jean-François Michel, le 30 novembre 2020

Membre du réseau Envie, qui conjugue insertion et économie circulaire, Envie 2E Lorraine vient de relancer une activité de recyclage des matelas usagés. Le dirigeant, Pierre Guyot, vise les 20 salariés sur cette activité dès 2021.

La « séparateuse » permet d'extraire les ressorts d'un matelas en quelques secondes, contre vingt minutes auparavant.
La nouvelle machine d'Envie 2E Lorraine permet d'extraire les ressorts d'un matelas en quelques secondes, contre vingt minutes auparavant. — Photo : © Jean-François Michel

En quelques secondes, les griffes de la machine arrachent les ressorts du matelas : « Auparavant, il fallait près de 20 minutes pour réaliser cette opération très pénible », s’enthousiasme Pierre Guyot, le président d’Envie 2E Lorraine. Membre du réseau Envie, réseau spécialisé dans l’économie circulaire et l’insertion, le dirigeant de la Société coopérative d’intérêt collectif, qui emploie 70 personnes en Lorraine pour un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros, vient de remettre en production une ligne de recyclage de matelas usagés : après l’incendie du 9 août 2017 qui avait stoppé l’activité et emporté les 3 000 m2 du bâtiment, Pierre Guyot savoure.

Au total, il a fallu rassembler 4 millions d’euros pour relancer le recyclage de matelas, activité démarrée en 2014 suite à un appel d’offres lancé par l’éco-organisme Eco-Mobilier. À la reconstruction à l’identique des locaux, s’est ajoutée l’installation de nouvelles machines pour 1 million d’euros, montant qui a permis de réduire la pénibilité du travail. Un investissement porté avec le concours de Recyc Matelas Europe, société basée en Île-de-France spécialisée dans le recyclage, et qui garantit des débouchés à la matière recyclée par Envie 2E Lorraine. « Nous avons aussi injecté 500 000 € rien que sur la sécurité incendie », dévoile Pierre Guyot. « Je ne veux plus jamais revivre la nuit du 9 août… ».

Jusqu’à 3 000 tonnes de matelas à recycler

Une douzaine de salariés en insertion sont aujourd’hui employés sur la ligne de recyclage des matelas, et préparent des balles de latex, de mousse ou encore de métal qui seront réemployées dans l’industrie. Avant l’incendie de 2017, Envie 2E Lorraine avait atteint les 1 500 tonnes de matelas recyclés par an. « Nous traiterons 3 000 tonnes par an dès 2021 », se félicite Pierre Guyot, qui réussit à refaire de la matière première avec 98 % des matelas collectés. « Dès 2021, nous serons à 20 personnes sur la ligne », assure le dirigeant qui considère tous ses projets sous le prisme de l’emploi. Le président d’Envie 2E Lorraine s’est fixé un objectif : atteindre les 150 salariés en 2025. Un défi pour lequel Pierre Guyot multiplie les projets dans l’économie circulaire, toujours guidé par la volonté de créer de l’emploi.

Collectant 150 000 tonnes de déchets électroménagers par an, la société parvient pour l’instant à remettre sur le marché à peine 2 % des appareils. « Nous allons investir 200 000 € pour réorganiser le process et réussir à réemployer 7 % de ce que nous collectons. Il faudra créer 4 postes », détaille Pierre Guyot. En triant plus finement et en testant les appareils, le dirigeant souhaite mettre en vente 6 000 appareils issus du rebut dans le magasin Envie de Nancy, contre 4 000 aujourd’hui.

Contrairement à l’ensemble des activités d’Envie 2E Lorraine, qui ont enregistré un recul de 36 % à la suite du premier confinement, le réemploi de l’électroménager est en plein développement. « Plus 15 % par rapport à 2019 », précise Pierre Guyot, qui estime que « les mentalités ont évolué sur ce sujet, l’économie circulaire devient visible. Pour une nouvelle génération, c’est tout à fait évident de réemployer un appareil plutôt qu’acheter du neuf ».

La « séparateuse » permet d'extraire les ressorts d'un matelas en quelques secondes, contre vingt minutes auparavant.
La nouvelle machine d'Envie 2E Lorraine permet d'extraire les ressorts d'un matelas en quelques secondes, contre vingt minutes auparavant. — Photo : © Jean-François Michel

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