Vendée

Industrie

Umea veut croître pour stimuler ses salariés handicapés

Par Jéromine Doux, le 03 septembre 2019

Au sein de l'entreprise adaptée Umea, 80 % des salariés sont en situation de handicap. Comptant recruter une dizaine de nouveaux collaborateurs, la PME vendéenne veut diversifier ses activités, pour croître et valoriser le travail de ses salariés.

Jérôme Marguet, le dirigeant d'Umea, emploie 80 % de salariés handicapés et souhaite diversifier ses activités.
Jérôme Marguet, le dirigeant d'Umea, emploie 80 % de salariés handicapés et souhaite diversifier ses activités. — Photo : Le Journal des Entreprises

Comme la plupart des dirigeants, Jérôme Marguet veut développer son entreprise. Mais ce qui motive avant tout le dirigeant d’Umea, une entreprise adaptée, composée à 80 % de travailleurs handicapés et basée à Mortagne-sur-Sèvre, c’est l’épanouissement de ses salariés. Arrivé de Sarthe il y a trois ans, le chef d’entreprise dirige depuis plus de 20 ans des établissements de l’économie sociale et solidaire. Aujourd’hui, son objectif est de diversifier son activité pour valoriser le travail de ses salariés et leur permettre de gagner en autonomie. « Nous travaillons beaucoup pour le BTP, nous fabriquons des barres en aluminium assez basiques. Nos collaborateurs réalisent souvent des tâches répétitives. C’est peu valorisant pour eux », explique l’entrepreneur qui cherche désormais à travailler davantage avec l’industrie, à réaliser des pièces plus complexes et à répondre à des cahiers des charges plus exigeants.

Mobiliser les capacités intellectuelles

L’idée : gagner en technicité, en valeur ajoutée et mobiliser les capacités intellectuelles de ses salariés. « Notre projet social est de former et de développer les compétences des personnes handicapées. Leur confier des missions plus complexes risque au départ de les effrayer, mais cela va ensuite les stimuler », décrit le dirigeant qui doit évidemment veiller aussi à la pérennité de la PME vendéenne. C’est pour cela qu’il investit un million d’euros dans un agrandissement de 2 000 m² de sa surface de production. « Aujourd’hui, Umea est sous-traitante. Réaliser des produits finis va nous permettre d’être moins dépendants de la charge de travail de nos clients », explique le dirigeant qui emploie 50 salariés. 
Et l’entrepreneur souhaite faire grossir ce chiffre. « Nous visons la création de 10 emplois pour personnes handicapées d’ici trois ans. Car nous sommes loin d’avoir réglé le problème de l'emploi pour ces personnes », précise-t-il. Le chômage est en effet deux fois plus élevé chez les travailleurs handicapés. 

Aides de l’État

Comme toutes les sociétés adaptées, Umea bénéficie d’un conventionnement avec l’État et donc d’aides financières qui s’élève à 80 % du smic brut par mois et par personne. « Ces aides permettent de compenser la productivité un peu moindre des salariés. » Umea peut aussi compter sur la législation pour capter du business. « Le fait de faire appel à nous permet à nos clients de répondre à leur obligation légale. Aujourd’hui, la loi impose aux entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de travailleurs handicapés. Mais la moyenne est plutôt de 3,5 % », assure Jérôme Marguet. Beaucoup d’entreprises sont donc obligées de verser une taxe. L’une des façons d’éviter cela est de faire travailler des entreprises adaptées. « Quand une entreprise nous fait travailler pour 20 000 €, on considère que c’est comme si elle avait employé une personne handicapée pendant un an », précise le dirigeant. Grâce à cela et à la diversification de ses activités, Umea espère faire passer son chiffre d’affaires d’1,7 M€ en 2018 à 2 M€ en 2021.

Jérôme Marguet, le dirigeant d'Umea, emploie 80 % de salariés handicapés et souhaite diversifier ses activités.
Jérôme Marguet, le dirigeant d'Umea, emploie 80 % de salariés handicapés et souhaite diversifier ses activités. — Photo : Le Journal des Entreprises

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