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Retour à Nantes pour les lunettes de polette et sa jeune dirigeante nantaise

Par Amandine Dubiez, le 11 octobre 2019

Le vendeur de lunettes en ligne polette ouvre ce vendredi son 7ème showroom, à Nantes, en plein cœur du centre-ville. Un retour aux sources pour sa dirigeante nantaise, Pauline Cousseau, qui a créé polette (210 salariés, 55M€ de CA) il y a 8 ans, à 22 ans, après un LEA à l’Université de Nantes. Le « Zara de la lunette » veut aujourd’hui s'implanter en France et dans toutes les capitales européennes.

Pauline Casseau a créé Polette en 2010 depuis la Chine avec un associé Pierre Wisman.
Pauline Casseau a créé Polette en 2010 depuis la Chine avec un associé Pierre Wisman. — Photo : JDE

La jeune femme de 19 ans qui apprenait l’anglais et le chinois à la faculté de Nantes il y a 10 ans n’aurait jamais imaginé ouvrir sa propre boutique de 250 m² en plein cœur de sa ville d’origine, à Bouffay, où elle sortait étudiante. À 30 ans tout juste, Pauline Cousseau est à la tête de Polette, une entreprise multinationale qui réalise 55 M€ de CA, en croissance de 20 % par an, en vendant en ligne des lunettes en ligne made in China.

Une idée née en Chine

La Chine, c’est là que sont installées les deux usines de l’entreprise (Shanghai et Canton) employant 150 salariés qu’elle a fondé avec un associé Pierre Wizman, avec qui elle reste seule au capital. C’est au cours d’un voyage de fin d’études pour perfectionner son chinois, en 2008 qu’elle a eu l’idée de créer polette. « Je voyais des copains qui s’achetaient des lunettes de vue, montures et verres qui coûtaient 10 euros et c’est là que j’ai découvert la supercherie, la marge énorme des opticiens européens vendant des lunettes 200 à 300 euros en magasin alors qu’elles ne valent que 5 euros en sortant d’usine », explique la dirigeante. Les deux jeunes entrepreneurs décident de dessiner leurs propres modèles et de les vendre en moyenne 35 euros. « Tout part de la Chine, il n’y a pas de stock, pas d’intermédiaire, cela réduit les prix », poursuit Pauline Cousseau.

Un développement en autofinancement

Le site, le marketing, ils font tout eux-mêmes, encore aujourd’hui. L’idée, novatrice à l’époque où il est impensable d’acheter des lunettes sur internet, est alors rapidement médiatisée. En pleine crise économique, « le bon plan des lunettes pas cher » fait recette. polette est tout de suite rentable, et ne cherche pas à lever des fonds. « Aujourd’hui encore, on s’autofinance, on tient à notre liberté », explique Pauline Cousseau.

Pas de ventes en magasin, tout est en ligne

Dix ans plus tard, polette compte 7 showrooms à Amsterdam, où est basée l’entreprise mais aussi à Lille, Bruxelles, Toulouse et bientôt Lyon, Marseille et pourquoi pas bientôt Londres et les capitales européennes. Des showrooms donc, et non des boutiques. Pas de caisse enregistreuse, les clients y viennent essayer les 900 références et commandent ensuite directement sur internet. Les salariés ne sont pas des vendeurs mais des opticiens qui conseillent et aident les clients gratuitement à évaluer leur vue.

Cultiver une image fun et rebelle

Sur ce marché de la vente de lunettes en ligne, où les concurrents sont nombreux, à l’image du principal, Lunettes pour tous, installé dans la même rue nantaise, polette veut faire la différence par le design, la mode et son image de marque. « Nous voulons être transparents, nos usines chinoises sont ouvertes aux clients », insiste Pauline Cousseau. Pour incarner cet état d’esprit révolutionnaire dans un monde de l’optique opaque, polette affiche ses propres équipes en poster sur les murs du showroom et n’hésite pas à signer des campagnes de pub engageantes mettant en scène toutes les confessions religieuses. « On veut cultiver cette image fun et rebelle », explique la dirigeante. Une image qu’elle rêve exporter un jour aux États-Unis.

Pauline Casseau a créé Polette en 2010 depuis la Chine avec un associé Pierre Wisman.
Pauline Casseau a créé Polette en 2010 depuis la Chine avec un associé Pierre Wisman. — Photo : JDE

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