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La jeune pousse nantaise Néosylva redonne vie aux forêts

Par Cyril Raineau, le 31 juillet 2020

Néosylva a investi, en deux années d’existence, 205 000 euros pour renouveler des forêts du grand Ouest. La toute jeune entreprise nantaise intervient avec les propriétaires privés dans un esprit de responsabilité socio-environnementale. Et ce n’est qu’un début.

L'équipe de Néosylva, installée dans le bâtiment B où sont regroupés des acteurs de la filière bois, sur l'Île de Nantes.
La jeune entreprise Néosylva a son siège au cœur de la filière bois régionale des Pays de la Loire, au Bâtiment B, sur l’Île de Nantes. — Photo : Cyril Raineau

Une jeune pousse dont les racines se trouvent à Nantes et qui tend à croître pour donner de beaux fruits. L’image n’a certes rien d’original, mais s’applique parfaitement à Néosylva, acteur de la filière forêt-bois. Jean-Guénolé Cornet, ingénieur forestier, a fondé il y a deux ans sa petite société, accompagné dans son aventure entrepreneuriale d’une autre ingénieure et d’une juriste. Néosylva avait atteint fin 2019 une centaine d’hectares de nouvelles plantations. « Nous sommes actuellement dans une deuxième phase de 1 000 hectares avec pour objectif, dans trois ans, une troisième phase de 10 000 hectares », ambitionne le dirigeant.

Résumer par ces chiffres l’activité de Néosylva, c’est beaucoup la simplifier. Car aux dires du Jean-Guénolé Cornet, le modèle de l’entreprise « est très innovant », à telle enseigne qu’il dit « ne pas avoir de concurrent » mais travailler en partenariat avec les acteurs de la filière bois (experts, exploitants, scieurs…). La start-up propose aux propriétaires forestiers un service d’accompagnement pour financer leurs travaux et gérer leur forêt sur le long terme. Par travaux, il faut entendre des investissements : « Les propriétaires peuvent être en difficulté pour des raisons financières, de compétences, de temps, de distance qui font qu’ils vont laisser leur forêt dans un état qui va en se dégradant. Ce qui a un impact pour leur patrimoine, leur famille (la forêt se léguant souvent de génération en génération) et pour l’ensemble de la filière car c’est un bois qui ne sort pas de la forêt et ce sont des forêts qui ne sont pas renouvelées. »

Le bois comme valeur marchande

Première étape, la visite sur place. « Nous faisons en quelque sorte un état des lieux, regardons s’il y a des parcelles en friche, touchées par les tempêtes, des pâtures à planter éventuellement, des arbres malades, trop anciens… » Puis, Néosylva établit avec le propriétaire le reboisement à effectuer, les travaux à réaliser, « pendant toute la vie d’un nouveau peuplement forestier ». Soit une cinquantaine d’années en moyenne.

C’est là que se situe la spécificité de la start-up nantaise. Outre le diagnostic, elle investit avec le propriétaire. « Nous assurons également la gestion de la forêt et nous nous rémunérons à terme sur les recettes tirées du travail », décrit Jean-Guénolé Cornet. De cet intérêt commun, découle une garantie pour le propriétaire : « On fera tout pour, qu’ensemble, nous donnions à sa forêt le plus de valeur possible. » Une valeur marchande dont la principale source est le bois, pour l’énergie et la construction. « Nous en avons de plus en plus besoin, notamment au regard des enjeux climatiques. Le bois est bien plus écologique que d’autres matériaux. »

Une vingtaine de clients à ce jour

À fin 2019, Néosylva a investi 205 000 euros en travaux forestiers. Une nouvelle levée de fonds de 1,7 million d’euros se clôture « avec des investisseurs qui ont une vraie vision de transition écologique de long terme. » La Caisse des Dépôts pourrait aussi entrer au capital.

Plutôt que de mesurer l’activité par le chiffre d’affaires (les investissements sont à très long terme), Jean-Guénolé Cornet préfère évoquer le nombre de clients, « une vingtaine à ce jour, pour des contrats sur 50 ans ». Néosylva, qui intervient sur des forêts entre 4 et 100 hectares, est présent en Pays de la Loire et Bretagne. Début 2021, l’entreprise entend ouvrir un bureau à Nancy pour favoriser son implantation dans le Nord-Est.

L'équipe de Néosylva, installée dans le bâtiment B où sont regroupés des acteurs de la filière bois, sur l'Île de Nantes.
La jeune entreprise Néosylva a son siège au cœur de la filière bois régionale des Pays de la Loire, au Bâtiment B, sur l’Île de Nantes. — Photo : Cyril Raineau

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