Nantes

Ingénierie

Comment Keran soigne ses salariés pour éviter le turn-over

Par Amandine Dubiez, le 08 octobre 2019

Des plages horaires sans téléphone ni réunion, des journées données aux salariés qui veulent innover, du télétravail, une école interne, des primes de cooptation en augmentation : le groupe d’ingénierie nantais, qui recrute 100 personnes par an, soigne sa politique RH pour diminuer le turn-over, toujours important dans son secteur. Pour fidéliser ses 575 salariés, Keran commence à ouvrir son capital aux salariés.

Séance de yoga hebdomadaire au siège de Keran, à Nantes.
Séance de yoga hebdomadaire au siège de Keran, à Nantes. — Photo : Groupe Keran

Un carnet de commandes en hausse de 25 % depuis le début de l’année, un chiffre d’affaires en hausse de 8 % (55 M€) par rapport à 2018 : les signaux sont au vert pour le groupe d’ingénierie Keran et ses quatre sociétés (SCE, Creocean, Naomis, Groupe Huit), qui s’apprête à ouvrir un bureau à Singapour. Pour répondre à la demande, le groupe, présidé par Yves Gillet, cherche actuellement à recruter 55 personnes, après avoir déjà embauché 30 nouveaux salariés en septembre. En tout, le groupe nantais de 575 salariés, qui compte 10 sites en France et 3 à l’étranger, recrute 100 personnes par an.

« L’enjeu majeur du moment, c’est le recrutement. »

Confronté, comme tous les acteurs de son secteur, à un turn-over important de ses équipes, de l’ordre de 15 à 20 %, Keran fait évoluer son management et sa politique RH pour fidéliser ses collaborateurs. « Dans un contexte de fort dynamique du territoire, l’enjeu majeur du moment, c’est le recrutement », explique Yves Gillet.

Le groupe a ainsi récemment fortement augmenté la prime de cooptation. Et ce n’est pas tout. Télétravail, séance de yoga hebdomadaire, école interne pour le suivi des formations, parrainage par un autre collaborateur : tout est fait pour accompagner les nouveaux salariés et encourager les talents à s’exprimer.

Pour fidéliser le personnel, le chef d’entreprise, qui a créé Keran il y a 37 ans, a ainsi décidé de proposer à ses collaborateurs de devenir associés de l’entreprise. 80 % de ceux sollicités, soit 61 personnes, ont répondu positivement. Elles détiennent 8 % du capital de l’entreprise.

Des plages horaires sans téléphone ni réunion

Autre initiative, largement plébiscitée par les collaborateurs : la mise en place d’une nouvelle méthode de travail. Désormais, aucune réunion, aucune sollicitation entre collaborateurs ne peut se faire entre 9h30 et 11h30 le matin, pour laisser le temps aux managers d’avancer sur leurs dossiers. But de la démarche : prévenir le burn-out et permettre aux collaborateurs de mieux se concentrer. La mesure a été lancée par des salariés eux-mêmes et validée dans le baromètre annuel social, qui prend le pouls des salariés de manière anonyme. Une politique qui commence à se ressentir sur le chiffre d’affaires.

80 % des innovations viennent des collaborateurs

Keran a instauré, depuis 5 ans, des Comptes Temps Innovation qui autorisent les salariés à prendre autant de journées que nécessaire pour mener à bien un projet, dont ils auraient eu l’idée. C’est, par exemple, un projet d’agriculture urbaine, lancé par une salariée. Il a débouché sur un contrat de maîtrise d’œuvre remporté, pour Nantes Métropole Aménagement, sur la construction de fermes, dans ce futur quartier urbain qui accueillera 2 700 logements.

C’est aussi grâce à ces journées aménagées pour les salariés qu’est née l’idée Abyssa, aujourd’hui une filiale de la société Créocean, qui s’apprête à clore une deuxième levée de fonds de 1,2 M€ pour cartographier les fonds marins avec des drones. « Aujourd’hui, 80 à 90 % des innovations de Keran sont venues des collaborateurs », souligne Yves Gillet.

Diminuer la dépendance à la commande publique

Ces innovations, qui conduisent Keran à se diversifier sur de nouveaux secteurs, devraient aider le groupe à affronter la toujours délicate période des élections municipales, alors que le groupe travaille toujours à 75 % pour de la commande publique. « L’objectif reste de diminuer ce ratio pour travailler à 30-35 % avec le secteur privé », commente Yves Gillet.

Toujours très investi localement, Keran copilote, aux côtés de La Poste et Idea, le projet de création d’une nouvelle logistique urbaine Urby. Le groupe est également aux commandes du projet de navette autonome Navway, qualifié au printemps de Programme d’Investissement d’Avenir, qui vise à commercialiser une ligne de navette autonome entre l’aéroport de Nantes et le terminus du tramway. Il a participé également à l’aménagement du port de La Turballe, ainsi qu’au réaménagement du quartier nantais Feydeau Commerce sur la maîtrise d’œuvre.

Séance de yoga hebdomadaire au siège de Keran, à Nantes.
Séance de yoga hebdomadaire au siège de Keran, à Nantes. — Photo : Groupe Keran

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