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Keran se diversifie pour sortir de sa dépendance à la commande publique

Par Amandine Dubiez, le 11 octobre 2018

A Paris, Marseille mais aussi à Dakar, au Qatar et Amérique Latine, le groupe d’ingénierie nantais étoffe ses équipes et diversifie ses clients pour sortir d’une dépendance à la commande publique qui représente 75% de son chiffre d'affaires

Le siège du groupe nantais d'ingénierie, rue Viviani. — Photo : Groupe Keran

En 2014, Keran avait essuyé un trou d’air, directement liées aux élections municipales. Le groupe d’ingénierie nantais qui propose une offre globale en urbanisme, ingénierie des infrastructures, environnement et numérique avait alors souffert des retards générés par le renouvellement des équipes municipales. Pour ne pas subir le même revers en 2020, aux prochaines élections, Keran a travaillé à la diversification de ses clients. Objectif : ne plus dépendre à 75% de la commande publique.

Une agence parisienne étoffée pour les JO

Constitué de quatre sociétés (SCE, Groupe Huit, Creocean, Naomis), Keran travaille donc de plus en plus avec de grands donneurs d’ordre comme Vinci, Total etc. Il vient par exemple de renouveler un accord-cadre concernant des études environnementales et en a décroché un autre de 6 ans pour des infrastructures pour le compte de l’Aéroport de Paris. Ce dernier engage en effet des travaux afin d’optimiser ses infrastructures en vue des JO 2024.

C’est justement pour répondre aux nombreux appels d’offres liés au projet de Grand Paris et au JO 2024 que Keran double son agence parisienne, de 25 à 50 salariés. Le groupe présidé par Yves Gillet qui compte 15 agences en France souhaite aussi augmenter les effectifs de son agence marseillaise.

Ouverture d'une filiale au Sénéral et au Qatar

En tout plus de 1 000 projets sont gérés par Keran chaque année, que ce soit pour des travaux publics un peu partout en France jusqu’en Corse pour la création d’une passerelle piétonne, mais aussi des études de faisabilité d’assainissement au Sri Lanka, ou la définition d’une stratégie de développement urbain en Mongolie.

Coté international, Keran a ouvert une filiale avec ses 4 entités à Dakar, au Sénégal, ainsi qu’au Qatar.  Elle envisage aussi de se développer en Amérique latine, où elle a décroché des premiers contrats, au Mexique, pour le groupe Total, et en Colombie. L’international représente toujours 20 % de son CA. « Le but est de le monter à 30 % », explique Yves Gillet.

Création d'une société de drones sous-marins

Keran présentait fin 2017 un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros et compte 550 salariés, 80 de plus que l’an dernier. « On a un objectif de croissance de 6 à 8 % par an », explique Yves Gillet.

En interne, Keran s’apprête à créer sa société Abyssa, dont la mission sera de cartographier des fonds marins à l’aide de drones connectés entre eux. A l’origine ce projet, il y a un travail collaboratif né avec Naval Group, il y a 3 ans. La société pourrait voir le jour avec l’association d’autres partenaires. Abyssa intéresse avant tout les Etats qui voudraient pouvoir connaitre le contenu des fonds marins situés à 3 000 ou 4 000 m de fonds et notamment détecter la présence de métaux.  « Nous sommes sur le même fonctionnement que Wexity », précise Yves Gillet. Née au sein du groupe Keran, Wexity a levé l'an dernier 950 000 euros, pour développer un logiciel de gestion urbaine pour les villes d’Afrique et du Moyen Orient.

Le siège du groupe nantais d'ingénierie, rue Viviani. — Photo : Groupe Keran

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