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Interview Claire Bretton (Underdog) : "Nous reprenons l’activité de la S-Factory"

Entretien avec Claire Bretton, cofondatrice et présidente d’Underdog

Propos recueillis par David Pouilloux - 01 décembre 2023

La start-up Underdog, spécialiste du reconditionnement du gros électroménager, vient de reprendre l’activité de la S-Factory, à Nantes. En pleine croissance, l’entreprise de 25 salariés veut doubler ses effectifs en 2024, et vise 150 salariés fin 2025. Entretien avec Claire Bretton, cofondatrice et présidente, et tout juste élue ambassadrice Pays de la Loire du Mouvement Impact France.

Laura Chavigny, Claire Bretton et Léa de Fierkowsky ont fondé la start-up Underdog qui propose du gros électroménager reconditionné
Laura Chavigny, Claire Bretton et Léa de Fierkowsky ont fondé la start-up Underdog qui propose du gros électroménager reconditionné — Photo : Twin Pics - Underdog

Vous êtes depuis un an installée à Nantes dans les locaux de la S-Factory, lieu d’hébergement de start-up industrielles. Vous êtes désormais chez vous ?

En effet, suite à la mise en redressement judiciaire de la S-Factory, nous avons porté notre candidature pour reprendre l’activité de cette structure, et le tribunal de commerce de Nantes vient officiellement de nous choisir pour prendre la suite. Nous occupions déjà une grande partie des locaux, plus de 1 000 mètres carrés, et cela nous permettra d’avoir plus d’espace pour notre centre de reconditionnement. Nous sommes aujourd’hui 25 salariés, dont 15 réparateurs à l’atelier et dix personnes dans les bureaux.

Fin 2022, vous avez opéré une levée de fonds de 3, 8 millions d’euros dans la foulée de votre installation. Quel premier bilan tirez-vous de cette première année d’activité ?

Nous avons dépassé nos objectifs, en réalité. Nous reconditionnons 500 gros électroménagers par mois, et nous en vendons autant. Le marché produit un effet de traction très fort sur notre activité. Nous devons répondre présents, notamment en diversifiant notre gamme de produits. Sur notre e-shop, nous avions commencé par proposer à nos clients des lave-linges, des sèche-linges et des lave-vaisselles. Puis, cet été, nous avons proposé des réfrigérateurs, puis à l’automne des congélateurs et des caves à vin. Enfin, nous venons de proposer en novembre des fours. Cette diversification de produits répond à une demande de nos clients, qui cherchent des produits accessibles, environ 30 % moins chers par rapport au neuf, et qui sont inscrits dans une démarche à impact positif.

"Chaque année en France, 8 à 10 millions de gros électroménagers sont jetés. Seuls 3 % sont reconditionnés, alors que beaucoup pourraient être réparés"

Quel est votre plan de recrutement et avez-vous une stratégie de formation ?

Nous prévoyons 25 recrutements en 2024, qui seront pour l’essentiel des réparateurs. Nous visons un effectif de 150 salariés pour fin 2025. Il y a un manque de techniciens sur notre territoire. Pour cette raison, nous avons mis en place une formation en interne, qui nous permet de recruter notamment des personnes en reconversion professionnelle. On ne leur demande pas de diplôme, mais une appétence forte pour ce métier. Notre chef réparateur, un technicien très expérimenté, pilote cette formation, qui dure trois mois. La réparation, le reconditionnement, la seconde main, sont des métiers de demain. C’est une nouvelle industrie qu’il faut soutenir.

Votre démarche, qui peut surprendre, consiste aussi à encourager d’autres acteurs à se lancer ?

Les chiffres donnent le vertige. Chaque année, en France, 8 à 10 millions de gros électroménagers sont jetés. Seuls 3 % sont reconditionnés, alors que beaucoup pourraient être réparés. Il se vend ainsi entre 15 et 16 millions d’appareils électroménagers neufs par an dans notre pays ! Notre objectif, à Underdog, est d’atteindre 50 000 produits reconditionnés d’ici à fin 2025. Il y a donc de la place pour d’autres acteurs, sur ce même marché. J'aimerais avoir plus de concurrents. Nous sommes prêtes à aider d’autres entrepreneurs à se lancer. Il est important aussi que les Français s’engagent sur la consommation à impact, celle qui réduit notre empreinte sur l’environnement, sur le climat et qui a un impact social positif. La seconde main doit devenir une évidence pour leurs achats.

Vous venez justement d’être élue Ambassadrice Pays de la Loire du Mouvement Impact France. Quel est votre rôle ?

Je forme un duo, au niveau régional, avec Brieuc Saffré, dirigeant de Circulab. Notre feuille de route est de rendre visible les entreprises à impact auprès des collectivités territoriales et des élus, y compris au niveau du Gouvernement. Dans leurs appels d’offres, les acteurs publics devraient mettre des critères qui permettent aux entreprises à impact, celles de la seconde main notamment, d’avoir des chances de remporter ces appels d’offres et ainsi de pouvoir se développer. Dans les faits, notre région est l’une des plus riches en entreprises à impact. Nous souhaitons les fédérer, en particulier les start-ups à impact pour porter une voix collective. Une de nos priorités est de les rencontrer afin de mieux comprendre leurs besoins. Nous défendrons ensuite ces besoins au sein d’un plaidoyer national. À titre personnel, j’ai déjà affiché une position forte pour un principe de TVA à taux réduit sur le reconditionné. L’économie de la transition devrait être une priorité pour eux, car s’en est une pour la planète."

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