Rennes

BTP

Témoignage « Les marges ont baissé, mais les volumes ont compensé »

Par Virginie Monvoisin, le 08 septembre 2017

Pendant la crise, le groupe rennais de construction, promotion et investissement a adapté son organisation et sa méthode. À la clé : la croissance !

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Ce qui nous a permis de bien tenir pendant cette période, c'est d'avoir travaillé plus en profondeur techniquement nos dossiers avec les entreprises partenaires, afin de maîtriser nos coûts », explique Vincent Bardon, directeur général du Groupe Bardon basé à Rennes, spécialisé dans la construction, la promotion et l'investissement. « Avant, la démarche était simple : nous lancions une consultation, par exemple auprès de charpentiers. Pendant la crise, il nous a fallu apporter davantage de solutions techniques afin de faire baisser les prix. Nous n'étions plus dans la négociation pure. La crise nous a permis de mieux négocier auprès des entreprises avec lesquelles nous travaillons. Comme les clients nous demandaient de revoir nos prix à la baisse, nous avons été obligés de négocier auprès de nos partenaires, plus enclins à baisser aussi leurs prix pour remporter un marché dans un contexte où ils se raréfiaient. La crise nous a donc tous tirés vers le bas. Aujourd'hui, la difficulté c'est que les prix de l'acier par exemple commencent à repartir à la hausse, donc les entreprises de construction la répercutent, ce que les clients ont encore du mal à comprendre... Car les nouvelles normes de constructions (HQE, RT 2012...) avaient fait augmenter les prix, mais les clients ne voulaient pas voir la facture grimper... »

Internaliser des compétences

« Nous avons dû trouver des solutions techniques pour entrer dans les budgets. Pour cela, nous avons même recruté : auparavant, nous sous-traitions les études thermiques ou les études béton, par exemple. Avec la crise, nous avons embauché un ingénieur thermique et un ingénieur béton, pour mieux répondre aux demandes. Résultat, même si les marges ont été réduites pendant cette période, les volumes ont compensé, et de 2012 à 2016 nous sommes passés de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires à 40 millions d'euros. »

Une croissance régulière

« Le Groupe Bardon a donc réussi ainsi à poursuivre sa croissance régulière pendant la crise. Nous n'avons pas cessé d'embaucher, nous avons aussi doublé nos effectifs en dix ans (de 25 salariés en 2007 à 50 en 2017). L'avantage que nous avions pendant cette période, c'est d'être confrontés à des taux d'intérêts bas. Résultat, cela a permis à notre foncière Bardon Investissement de se développer même de manière importante. »

Des investissements multipliés par trois

« Nous avons ainsi multiplié par trois nos investissements entre 2011-2012 et 2016 : nous sommes passés de 4 millions d'euros à 14 millions investis par an, avec aussi des projets plus gros. Il faut dire que les banques avaient besoin de dossiers sécurisés, ce qui était notre cas puisque nous construisons des bâtiments neufs avec des baux de longue durée pour des grands comptes. Ces investissements nous ont été possibles aussi parce que nous avions une trésorerie solide. La leçon à retenir en période de crise, est d'être prudent, et de bien gérer sa trésorerie. Cette phase nous a confortés dans notre idée de proposer de plus en plus de programmes clés en mains pour investir davantage et être plus solides. »

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