Ille-et-Vilaine

Réseaux économiques

Interview Éric Challan Belval (président de l'ex-UE35) : "Montrer que les entreprises ne sont pas hors sol"

Entretien avec Éric Challan Belval, président du Mouvement des entreprises de France Ille-et-Vilaine

Propos recueillis par Baptiste Coupin - 07 janvier 2022

Le président de La Feuille d’Erable, le Rennais Éric Challan Belval, 52 ans, vient d’être élu à la présidence du Mouvement des entreprises de France Ille-et-Vilaine (ex-UE35). Ce chef d’entreprise engagé dans l’inclusion veut faire du capitalisme responsable la grande cause de sa mandature.

Eric Challan Belval, président de l’UE35. Le nouvel homme fort de l’organisation patronale d’Ille-et-Vilaine veut faire du capitalisme responsable l’axe fort de sa mandature.
Eric Challan Belval, président de l’UE35. Le nouvel homme fort de l’organisation patronale d’Ille-et-Vilaine veut faire du capitalisme responsable l’axe fort de sa mandature. — Photo : Union des Entreprises 35

En devenant président de l’UE35, nouvellement renommé Mouvement des entreprises de France Ille-et-Vilaine, vous prenez la tête du plus gros réseau d’entrepreneurs en Bretagne (avec plus de 3 000 entreprises membres, NDLR). Comment accueillez-vous ce nouveau challenge ?

Ce n’est pas un engagement que l’on prend à la légère, surtout lorsque l’on est dirigeant de PME (il est président associé de La Feuille d’Erable, une PME de 60 salariés spécialisée dans la collecte et le recyclage de déchets, NDLR). Ma force c’est que c’est une candidature fédératrice et portée par le tissu économique local. Je ne suis pas nouveau dans l’UE35. Je suis adhérent depuis 2014 et au bureau depuis 2018. À cette occasion, Hervé Kermarrec (l’ancien président, aujourd’hui aux commandes du Medef Bretagne, NDLR) m’a missionné pour travailler sur l’inclusion. Nous avons créé le club des entreprises inclusives 35, qui était le premier club du genre en France et qui réunit aujourd’hui un peu plus de soixante entreprises. En échangeant avec mon équipe à La Feuille d’Erable, tout le monde a trouvé que c’était un bon signal de prendre la présidence de l’UE35. J’ai tout bien structuré pour que mon arrivée se fasse de manière ordonnée, sans nuire à l’activité de l’entreprise.

Sur quels axes avez-vous été élu ?

Il y a trois axes importants. D’abord soutenir la stratégie du dirigeant, notamment sur la gestion des risques. L’idée est de cartographier les risques et d’assurer un bon accompagnement. L’autre axe concerne la compétitivité des entreprises. De quel levier on dispose sur la fiscalité locale, comment on peut continuer à travailler avec les différentes parties prenantes du territoire pour avoir un environnement propice au développement économique. Enfin, nous souhaitons aussi renforcer l’interprofession. On partage des problématiques communes avec les branches sur le logement, le recrutement, la mobilité ou le coût de l’énergie, par exemple. Nous devons discuter ensemble sur ces sujets-là pour parler d’une même voix auprès de nos partenaires.

"Créer un nouveau contrat social entre les citoyens et les entreprises"

Vous placez aussi le capitalisme humaniste au cœur de votre mandature. Quelles intentions se cachent derrière ce vocable ?

Peut-être que le terme de capitalisme responsable serait encore plus signifiant. L’entreprise ne se contente pas d’être là juste pour faire du profit - même si c’est une nécessité absolue pour investir et créer de l’emploi. Elle doit aussi, notamment, se questionner sur sa raison d’être. Je pense qu’on est dans une phase où il y a quelque chose à créer entre les citoyens et les entreprises, comme un nouveau contrat social. Souvent l’entreprise est mal perçue alors que, pour moi, c’est un vrai lieu d’émancipation, où l’on peut construire des choses. Mes amis chefs d’entreprise ont tous une vision sociale et une envie de participer à la cohésion du territoire. Ils mesurent tous l'importance d'agir vite pour la planète. On doit trouver une voie et expliquer davantage ce qu’on fait pour montrer que les entreprises ne sont pas hors sol ! À nous aussi d'aider les entreprises qui souhaitent renforcer leurs actions RSE.

Sur quelles forces allez-vous pouvoir vous appuyer au sein du Mouvement des entreprises de France Ille-et-Vilaine pour tracer votre voie ?

Avec 8 salariés, et bientôt 10, l’ex-UE35 fonctionne comme une petite PME. C’est une cheville ouvrière qui travaille bien, j’ai déjà pu le mesurer. C’est une réelle force que d’avoir de vraies compétences en interne au service des chefs d’entreprise du territoire. Nos services à haute valeur ajoutée permettent par exemple de conseiller les dirigeants sur des sujets de droit social ou d’ingénierie financière. Notre objectif est de continuer à renforcer la proximité avec nos adhérents.
Pour ce qui est du bureau, je démarre avec une petite équipe de 9 personnes*, et avec la volonté de l’élargir au printemps prochain avec des dirigeants qui ne sont pas encore dans des instances. Mon ambition est de tendre vers la parité, tout en conservant des "pointures" et expertises sectorielles.
Je compte aussi sur la dynamique du comité jeunes, le "Comex 40" comme on l’appelle dans notre jargon interne, qui réunit de jeunes chefs d’entreprise. Ce comité, nouvellement créé, viendra nous challenger sur certains sujets et être un peu le poil à gratter du bureau. Au cours de cette mandature qui démarre, il doit se développer et agir à nos côtés.

* Sont membres du bureau du Mouvement des entreprises de France Ille-et-Vilaine : Maurice Bourrigaud (BPGO), Audrey Ballu-Gougeon (avocate au Barreau de Rennes), Jocelyn Denis (Digitaleo), Éric Martin-Lalande (Bagage France Luxe), Valérie Cottereau (Artefacto), Stéphane Deschamps (Buroscope), Jean-Yves Gautier (Gautier Fret Solutions), Olivier Raulic (Les Thermes de Saint-Malo), Xavier Champs (Siam Agencement).

Eric Challan Belval, président de l’UE35. Le nouvel homme fort de l’organisation patronale d’Ille-et-Vilaine veut faire du capitalisme responsable l’axe fort de sa mandature.
Eric Challan Belval, président de l’UE35. Le nouvel homme fort de l’organisation patronale d’Ille-et-Vilaine veut faire du capitalisme responsable l’axe fort de sa mandature. — Photo : Union des Entreprises 35

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