Nord

BTP

Ramery fait de la diversification son nouveau levier de croissance

Par Elodie Soury-Lavergne, le 16 mai 2022

Avec un chiffre d’affaires de 560 millions d’euros, revenu au niveau d’avant crise, le groupe Ramery confirme sa résilience et déploie de nouveaux leviers de croissance. Sa nouvelle stratégie repose sur la diversification, à la fois métiers et géographique. Malgré un contexte compliqué par le conflit entre l’Ukraine et la Russie, le groupe cinquantenaire reste confiant pour 2022 et bâtit son avenir.

Mathieu Ramery, le président du groupe Ramery (deuxième en partant de la droite), entouré de son équipe de direction a choisi de se diversifier pour
Mathieu Ramery, le président du groupe Ramery (deuxième en partant de la droite), entouré de son équipe de direction a choisi de se diversifier pour — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Désormais quinquagénaire, le groupe nordiste de BTP Ramery déploie un nouveau plan stratégique pour accélérer sa croissance sur le prochain demi-siècle. Pour y parvenir, ce groupe familial installé à Erquinghem-Lys (Nord) peut s’appuyer sur des fondations solides. En 2021, il a réalisé un chiffre d’affaires de 560 millions d’euros, retrouvant son niveau d’avant la crise sanitaire. Le groupe, qui emploie 3 000 collaborateurs, se déclare d’ailleurs optimiste pour cette année 2022, "en raison d’un accroissement des volumes et du carnet de commandes, avec huit mois de visibilité. Nous sommes donc sereins, malgré un contexte mondial mouvant", commente Pascal Foulon, directeur général délégué (métiers fonctionnels).

Cap sur la diversification

Cette nouvelle stratégie repose sur la diversification : en termes d’activités, mais aussi sur le plan géographique. Dès 2022, Ramery devrait enregistrer une croissance de 10 %, "qui pourra toutefois être pondérée en fonction d’éventuels décalages de chantiers, liés à une pénurie de matières premières". Le groupe est donc confiant et compte recruter 250 collaborateurs cette année, pour se donner les moyens de ses ambitions. Matthieu Ramery, fils du fondateur et président du groupe, commente de son côté : "L’entreprise est bien assise, nous avons une vision et l’actionnariat familial nous permet d’écrire ce nouveau chapitre pour les 50 ans à venir".

Jusqu’à présent, Ramery avait surtout appuyé son développement sur la croissance externe, avec pas moins de 65 acquisitions ces dernières décennies. Des opérations qui lui ont permis à la fois d’élargir son périmètre géographique et d’enrichir son offre, pour rejoindre "le top 20 des entreprises françaises de la construction". Cette première étape franchie, le groupe va désormais actionner de nouveaux leviers de croissance, comme la création d’entités, l’ouverture à des partenariats stratégiques et la conquête de nouveaux territoires.

L’arrivée de nouveaux métiers

La croissance prévue pour l’année 2022 devrait ainsi être portée pour moitié par le développement des activités historiques du groupe et pour l’autre, par les entités créées. Cette croissance est également soutenue par un effort conséquent en matière d’investissements : l’enveloppe sera multipliée par deux cette année (par rapport à 2021), sur les volets exploitation et ingénierie et capital humain, pour atteindre un montant de 25 millions d’euros. Afin de concrétiser ce projet d’entités, le groupe a également adopté un nouveau mode de management. Il cultive la fibre entrepreneuriale des collaborateurs, les invitant à créer eux-mêmes ces entités. L’idée est de les inciter soit à exporter les savoir-faire actuels du groupe sur de nouveaux territoires, soit d’adresser de nouveaux métiers.

L’entité "Ramery Contractant" en est un exemple. Elle a vu le jour en 2020, pour répondre à la demande croissante de contrats globaux de la part des maîtres d’ouvrage, c’est-à-dire des contrats qui ne demandent pas une spécificité gros œuvre uniquement. Cette entité a déjà mené plusieurs chantiers : l’immeuble de bureaux Space X à Villeneuve-d’Ascq (Nord), l’ensemble Apollo à Lens (Pas-de-Calais), le Technicentre SNCF de Tergnier (Aisne) ou l’usine In’Tech Medical à Rang-du-Fliers (Pas-de-Calais)… Cette entité a terminé l’année 2021 avec un chiffre d’affaires de 19 millions d’euros et cible les 55 millions d’euros en 2022, puis 70 millions d’euros en 2023. Comptant une dizaine de projets en cours et 26 collaborateurs, elle s’impose donc comme un vrai relais de croissance, illustrant la nouvelle stratégie du groupe. L’idée est là : s’adapter aux demandes des clients, pour réfléchir avec les collaborateurs à la mise en place de nouveaux modèles. Courant 2021, Ramery a également créé à Lens une entité baptisée "Réhabilitation en site occupé", une activité sur laquelle le groupe n’était pas positionné jusque-là. Cette entité réhabilite des logements, collectifs ou individuels, en présence des résidents : logements sociaux, copropriétés, Ehpad… Elle compte 14 salariés et a déjà décroché deux contrats avec le bailleur social nordiste Maisons & Cités, l’un à hauteur de 9 millions d’euros et l’autre, pour 10 millions d’euros.

Des partenariats stratégiques

Ramery compte pour l’heure un peu plus de 70 entités. "Elles se créent en fonction des demandes des clients et des attentes au sein du groupe", souligne Laurent Gibello, directeur général délégué (contractant & commerce). Des créations qui sont synonymes de croissance organique : si ces entités fonctionnent de manière autonome, leur porte d’entrée commerciale reste le groupe Ramery. Elles offrent par ailleurs de nouveaux débouchés aux salariés. "La moitié des collaborateurs de ces entités viennent de l’interne et l’autre moitié, de l’extérieur. Et il existe beaucoup de passerelles de l’une à l’autre", précise-t-il encore. Même s’il muscle sa croissance organique, le groupe reste à l’affût d’opportunités de croissance externe, afin d’accélérer la conquête de nouveaux territoires. Ramery réalise près de 90 % de son activité dans les Hauts-de-France, malgré sa présence dans cinq autres régions : Île-de-France, Normandie, Pays de la Loire, Grand Est et Nouvelle-Aquitaine. "Nous ne nous interdisons rien, tout dépendra des opportunités. Notre développement se fera plutôt vers l’Est, se poursuivra en Île-de-France et vers les régions de l’Ouest, qui sont en développement économique fort", indique Pascal Foulon.

Pour se lancer sur ces nouveaux métiers, le groupe se doit de développer des expertises en lien avec les évolutions de son marché, comme celui des matériaux biosourcés, un marché en émergence. Pour y parvenir, Ramery table sur la mise en place de partenariats en matière de transition énergétique. Courant mars, le groupe a ainsi signé une convention avec Engie Green, portant sur le développement conjoint d’infrastructures d’énergies renouvelables dans la région, à l’image de centrales photovoltaïques sur des friches industrielles. Autre exemple, en Île-de-France, des équipes du groupe travaillent avec celles de GNVERT (filiale d’Engie), pour équiper le territoire de stations d’avitaillement en gaz naturel (liquide, comprimé et hydrogène), afin d’encourager les mobilités douces. Depuis cinq ans, 11 stations ont ainsi vu le jour, pour un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros.

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