Distribution

Patatam investit 5 millions d'euros dans un entrepôt robotisé

Par Jeanne Magnien, le 24 novembre 2021

Acteur majeur du vêtement de seconde main, le basque Patatam se dote d’un outil logistique de pointe dans le Nord, près de Cambrai. Grâce à cet entrepôt robotisé, l’entreprise va pouvoir monter en volumes, et s’ouvrir les portes de l’Europe.

Eric Gagnaire, le président de Patatam (à droite), se dote d’un nouvel entrepôt dans le Nord, à Cambrai.
Eric Gagnaire, le président de Patatam (à droite), se dote d’un nouvel entrepôt dans le Nord, à Cambrai. — Photo : Jeanne Magnien

Pour nourrir son importante croissance, le basque Patatam (15 M€ de CA, 160 salariés) mise sur le Nord. Cet acteur du vêtement de seconde main, devenu majeur en un temps record, va créer un entrepôt de 14 000 m² près de Cambrai, dans le Nord. Grâce à cette nouvelle base arrière, l’entreprise va pouvoir rationaliser sa logistique sur toute la partie nord du pays et vers l’Europe, tout en se rapprochant de plusieurs de ses principaux clients.

Un changement de modèle

Créée en 2013 sur le créneau du vêtement d’occasion pour enfant, Patatam a connu une très forte accélération ces deux dernières années en se faisant le partenaire de grands retailers, qu’il accompagne sur le marché de la seconde main. Pour alimenter les rayons de vêtements d’occasion qui se multiplient au sein des grandes enseignes, Patatam est devenu grossiste. "Au départ, nous étions un pure player de la vente de vêtements de seconde main sur le web. Aujourd’hui, la vente sur le web, en direct ou chez nos partenaires, représente 3 % de notre chiffre d’affaires, contre 100 % il y a encore deux ans", retrace Eric Gagnaire, le président de Patatam.

Tous les mois, l’entreprise collecte, au sein de magasins partenaires, des centaines de milliers de pièces. Une fois triée, la moitié est envoyée au recyclage ou, pour la majeure partie, revendue sur le continent africain. L’autre moitié rejoint, elle, les corners spécialisés "seconde main" des clients de Patatam. On y retrouve l’ensemble des acteurs de la grande distribution, comme Auchan, Carrefour ou Leclerc. Mais aussi, des grandes enseignes spécialisées dans le textile, à l’instar de Kiabi, Promod ou des marques du groupe Beaumanoir, Cache-Cache et La Halle. Patatam est ainsi présent dans 600 points de vente en Europe.

Un outil de pointe, équipé par Exotec

"Nous sommes sur un ratio de 4 à 5 points de collecte pour un point de vente. Les enseignes sont très demandeuses, la seconde main est identifiée comme un axe fort de développement pour le secteur. Les clients prennent vraiment l’habitude de compléter leurs achats de produits neufs, par de la seconde main. On compte deux à trois achats par clients en moyenne, les enjeux sont colossaux pour nous," expose Eric Gagnaire.

Pour accélérer, il manquait à Patatam de quoi traiter du volume. Plus vaste que ses équipements actuels, son entrepôt cambrésien sera doté de la solution robotisée de la start-up nordiste Exotec, comme un autre entrepôt du groupe situé à Hastingues (40). La robotisation du site va nécessiter un investissement de 5 à 6 millions d’euros. Dès la fin 2022, la PME sera donc en mesure de traiter, sur son site de Cambrai, 3 millions de pièces de vêtements par mois, contre les 750 000 qui sont actuellement triées tous les mois au sein des deux sites de Patatam, à Morlaàs (64) et Hastingues, qui cumulent 4 000 m² à eux deux. Passée de 20 à 160 salariés en deux ans, Patatam compte créer, à terme, 400 emplois sur son site de Cambrai.

"Nous sommes très attachés au Pays basque et il n’est bien sûr pas question de déménager le siège social de l’entreprise. Mais pour autant, le centre de gravité de nos activités se déplace de plus en plus vers le nord, vers l’Allemagne et vers l’Europe de l’Est, où nous accompagnons plusieurs de nos clients, comme Auchan en Pologne et en Hongrie, ou Cora en Roumanie. D’un point de vue économique comme environnemental, il était important pour nous d’avoir un outil plus performant, dans une zone très accessible à l’échelle de la France comme de l’Europe," plaide Eric Gagnaire.

Grâce à ce nouvel entrepôt, Patatam compte atteindre 50 % de croissance dès l’an prochain, pour atteindre 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise vise les 60 millions d’euros dès l’année suivante.

Eric Gagnaire, le président de Patatam (à droite), se dote d’un nouvel entrepôt dans le Nord, à Cambrai.
Eric Gagnaire, le président de Patatam (à droite), se dote d’un nouvel entrepôt dans le Nord, à Cambrai. — Photo : Jeanne Magnien

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