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Ineat : Le groupe lillois poursuit sa croissance en mode start-up

Par Élodie Soury-Lavergne, le 03 février 2017

Installé près d'Euratechnologies, dont il est issu, Ineat est un groupe de 200 salariés qui vise les 18 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017. Pour y parvenir, la société cultive un esprit start-up.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Start-up un jour, start-up toujours. Telle pourrait être la devise d'Yves Delnatte, directeur général de la société de services dans le digital Ineat. Même si cette entreprise vient de passer le cap des 200 salariés, avec un chiffre d'affaires 2016 de 15,1 millions d'euros, Yves Delnatte n'entend pas perdre la flamme de startuper qui l'animait à la création, il y a 10 ans. En 2009, Ineat était d'ailleurs la toute première start-up à poser ses bureaux et ses dossiers dans l'emblématique Euratechnologies. « Nous étions trois et tellement impatients de nous installer que nous sommes arrivés avant le wifi et nous avons même fait sonner l'alarme... », se souvient en souriant le dirigeant. Il ajoute : « Si on nous avait dit à la création que nous serions un jour 200 ! Nous cherchions surtout à être des experts ».

Une structure de groupe...

Avec une telle croissance, qui s'établissait à 30 % par an ces dernières années, Ineat a eu besoin de se réorganiser. D'autant que le développement est loin d'être achevé : une quarantaine de recrutements sont annoncés cette année et la société vise un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros en 2017, en étant rentable. « Nous pensions atteindre les 20 millions d'euros mais nous avons été un peu ralentis par le départ d'un associé. Nous repartons à présent sur une phase d'accélération », précise Yves Delnatte. Pour cela, Ineat vient de réorganiser ses compétences en six activités, qui tournent toutes autour de l'accompagnement de grands comptes dans leur transformation digitale. La société affiche à présent une division conseil (avec une trentaine de salariés), qui accompagne les directions générales, ou les directions métier, dans la conduite du changement. Vient ensuite une partie expertise technique (80 salariés), qui réalise des projets chez les clients comme un développement mobile, un site responsive, etc. L'entreprise a également mis en place une web agency en interne (10 salariés) : « Nous avions toutes les compétences en interne, mais avant cette réorganisation, elles étaient noyées. Cette web agency nous fait souvent gagner des projets », constate Yves Delnatte. Ineat possède également Ineat Technology (17 salariés), qui fait de la mise en production et Ineat Academy, qui concerne tous les salariés, et leur permet de former les clients.

... avec un esprit de start-up

Enfin, dans le cadre de cette réorganisation, le groupe a créé un centre de services, Ineat Solutions (30 à 40 salariés). « Cela va nous pousser à faire de la R&D. L'idée est qu'Ineat développe désormais ses propres solutions, à la manière des start-up », indique Yves Delnatte. Il ajoute : « Nous avons déjà détecté 5 solutions à lancer et nous voulons réaliser 20 % du chiffre d'affaires avec cette activité d'ici 2020 ». La première de ces solutions est Ploop, un outil de gestion des notifications, à destination des enseignes commerçantes. « Leurs clients vont pouvoir choisir les notifications qu'ils veulent recevoir en priorité », explique le dirigeant. Ces solutions sont développées en interne, par les salariés d'Ineat « à qui on donne du temps. Nous faisons de l'intrapreneuriat comme les start-up, qui ont tout compris dès le départ. Nous essayons de cultiver ça », lance Yves Delnatte. Et pour rester proche de l'esprit start-up, Ineat accompagne également ces dernières. L'entreprise est par exemple entrée au capital des start-up Stereograph et Crezeo. Elle loue par ailleurs une partie de ses locaux aux start-up Pumpkin et Rubee. Et même si sa clientèle est essentiellement composée de grands comptes, Ineat accompagne aussi les porteurs de projets. « Un jour des étudiants sont venus nous voir avec une idée sur la gestion automatisée de mots de passe. Comme cette idée était pérenne et disruptive, nous les avons accompagnés et cela a donné naissance à la Fabrik », raconte le dirigeant. Il précise : « C'est une offre destinée aux porteurs de projets. Nous les accompagnons dans la conception, le développement, leur stratégie d'attaque du marché, la commercialisation, le financement, etc. On ne s'engage auprès d'eux que si on y croit et ensuite, nous nous portons garants de leur réussite. »

Miser sur l'international

Ineat entend également poursuivre son développement sur le plan géographique. Le groupe possède déjà des bureaux à Lille, Paris (40 personnes) et Bruxelles (1 personne) et a trois destinations en ligne de mire pour 2017 : Nice, qui ouvrira sous peu avec un salarié, Bordeaux et Lyon. « Nous avons également une boîte postale à Londres, où nous avons réalisé nos trois premiers jours de prestation en décembre dernier », annonce Yves Delnatte. Dans le cadre du Brexit, ce dernier reste toutefois prudent sur la suite à donner. Ce qui ne l'empêche pas de viser par ailleurs un développement international. « Nous allons lancer une campagne de recrutement de VIE. Nous voulons être présents partout où Euratechnologies a un bureau de représentation », lance le dirigeant. En attendant, une mission est prévue à New York en novembre, une à Shanghai en mars et une en Italie en juin.

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