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Done valorise les stocks invendus grâce aux dons à des associations

Par Élodie Soury-Lavergne, le 01 décembre 2023

Afin de limiter la destruction en France de stocks de produits invendus et encore utilisables, la jeune société lilloise Done se pose comme un intermédiaire entre les entreprises et les associations. Née en 2020, Done a contribué à revaloriser, à la fin de l’année 2023, plus de 700 000 produits invendus. Elle envisage une nouvelle levée de fonds pour 2024 et veut se positionner à l'international.

De gauche à droite : Guillaume Delory et Thomas Moreau, cofondateurs et codirigeants de l'entreprise lilloise Done.
De gauche à droite : Guillaume Delory et Thomas Moreau, cofondateurs et codirigeants de l'entreprise lilloise Done. — Photo : Done

Près de 630 millions de produits dorment chaque année dans des entrepôts en France, voués à être détruits alors qu’ils sont encore utilisables, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique. Cela représente "4 milliards d’euros de produits non alimentaires dans les stocks français", souligne Guillaume Delory, cofondateur et codirigeant de Done. C’est avec la volonté "de limiter ce gâchis", qu’il a créé Done, en 2020, aux côtés de Thomas Moreau. Cette jeune entreprise lilloise se positionne depuis ses débuts comme un intermédiaire entre d’un côté, les entreprises ayant des stocks dormants (surstocks, invendus, retours clients, produits défectueux…) et de l’autre, les associations qui peuvent les valoriser par de la revente ou en menant à bien des projets.

Une nouvelle levée de fonds en 2024

La jeune entreprise, qui a contribué à revaloriser plus de 700 000 produits invendus fin 2023, se rémunère en prélevant une commission de 15 %, "pour frais de service rendu aux entreprises". En 2023, Done devrait atteindre un chiffre d’affaires d’1,1 million d’euros, tout "en étant à l’équilibre". Pour financer son développement, Done a mené une levée de fonds en juin 2022, d’un montant d’1,2 million d’euros, marquée par l’entrée au capital d’un business angel, à hauteur de 15 %. Une nouvelle opération doit avoir lieu en 2024, avec l’ambition "de lever entre un et deux millions d’euros", afin de muscler les forces de vente et de communication.

S’il reste un large travail de défrichage à opérer en France, les dirigeants de Done n’excluent pas de dupliquer leur modèle à l’international, à l’horizon 2025, d’autant que certains de leurs clients y sont présents. Née sous le nom "donnez.org", l’entreprise est d’ailleurs devenue "Done" en septembre 2023, dans cette perspective de sortir un jour de l’Hexagone.

Cent entreprises déjà convaincues

L'activité de Done a un impact positif à la fois sur l'environnement, en limitant les déchets, et sur la société, grâce au soutien d'associations. Avec son équipe de 25 collaborateurs, Done identifie les stocks dormants au sein des entreprises, puis leur propose des associations ayant des projets concrets pour les utiliser. "Nous nous adaptons aux demandes des entreprises : certaines ne souhaitent pas que leurs produits soient revendus, d'autres veulent donner à des associations situées à proximité de leurs entrepôts…", illustre Guillaume Delory. Done met ensuite en place la logistique pour acheminer les produits vers les associations, grâce à un partenariat avec Geodis, tout en s'occupant de la traçabilité administrative et fiscale. 

Pour les entreprises, valoriser ce surstock présente plusieurs intérêts : éliminer les coûts liés au stockage et à la destruction de produits, bénéficier de 60 % de réduction d'impôt (à la fois sur la valeur totale des produits donnés, sur les frais de service de Done et sur les frais de transport). Le tout, en améliorant leur impact sociétal et environnemental. Forte de ces arguments et portée par la loi AGEC, Done a réussi à convaincre cent clients à date, dans le secteur de la distribution (Decathlon, Norauto, Bricoman, etc.) et de l'industrie (Saint-Gobain). Si l'entreprise a d'abord séduit des grands comptes, "nous constatons une explosion de nos clients PME cette année. Il y a un réel besoin car la plupart n'ont pas d'outils de gestion des stocks".

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