Lille

Innovation

Avec Havr, la lumière ouvre toutes les portes

Par Jeanne Magnien, le 17 mai 2018

Après un lancement à Compiègne, la start-up Havr, qui a mis au point des serrures connectées, a pris ses quartiers à Euratechnologies, où elle compte bien accélérer son développement.

La Bright Lock développée par Havr est une serrure connectée, qui se déverrouille grâce à un code lumineux à usage unique, émis par le flash d'un smartphone.
La Bright Lock développée par Havr est une serrure connectée, qui se déverrouille grâce à un code lumineux à usage unique, émis par le flash d'un smartphone. — Photo : Pixabay

Contre les clés qui se multiplient, s'éparpillent et se perdent, Havr a la solution. La start-up, créée par deux étudiants de l'Université de Technologie de Compiègne (UTC), a mis au point la « Bright Lock », un système de serrure connectée. À une serrure mécanique traditionnelle vient s'adjoindre un lecteur optique, actionné par un code lumineux, produit par une application utilisant le flash du smartphone. Remarqué sur plusieurs salons, et notamment à Norbat, ce dispositif permet de sécuriser et de réguler l'accès à des locaux ou des lieux de stockage.

« Avec mon associé, nous avons eu l'occasion de voyager, et de constater à quel point la logistique autour des clés est souvent problématique » détaille Simon Laurent, co-fondateur, avec Alexandre Ballet, de Havr. « A l'UTC, nous avons eu l'occasion de travailler autour de la lumière, et c'est ainsi que nous avons eu l'idée d'utiliser cette technologie pour créer des serrures connectées, s'ouvrant à l'aide de codes lumineux à usage unique. »

Partage de clés à distance

Périssables, ces codes peuvent s'échanger à distance au travers de l'application développée par Havr. Pratique quand quelqu'un est coincé devant une porte, tandis que la personne qui a la clé est à des kilomètres. Mais le système permet aussi de savoir quand et par qui une porte a été déverrouillée, et de paramétrer les horaires d'accès, pour n'autoriser l'ouverture d'un bureau ou d'une armoire que pendant un certain laps de temps, par exemple.

« Nos serrures peuvent s'installer, en quelques minutes, sur n'importe quelle porte. Nous apportons une solution qui sécurise et fluidifie en même temps les accès, et qui peut être utilisée dans tous les contextes, et notamment pour des lieux ou des éléments partagés, comme des armoires de matériel, des bureaux partagés ou des espaces de coworking, ou encore des hôtels. On peut parfaitement imaginer des hôtels sans cartes pour ouvrir les chambres, où le client s'enregistre tout seul, télécharge son code, et peut arriver quand il le souhaite », précise Simon Laurent.

La start-up, qui vise avant tout une clientèle en B to B, a pour l'heure identifié 15 segments porteurs pour elle, dans un marché du contrôle d'accès pesant 20 Md€ à l'échelle mondiale.

« Des hôtels aux bureaux en passant par les bailleurs, le marché en B to B est très large, souligne le dirigeant. Nous pensons adresser le marché B to C fin 2019, mais c'est plus compliqué parce que ça implique de passer par un réseau de revendeurs et d'installateurs. »

En ordre de marche pour la commercialisation

La commercialisation devrait débuter à la fin de l'année, et Havr enregistre déjà des précommandes, partout dans le monde, assure Simon Laurent. Le dirigeant espère écouler un millier d'unités dès les premiers mois, pour atteindre la rentabilité entre 2020 et 2021, et à terme, un chiffre d'affaires oscillant entre 7 et 10 M€.

Pour préparer la commercialisation, la start-up est en train de lever des fonds, pour un montant qui n'est pas communiqué, et bénéficie d'un prêt d'honneur de Bpifrance. Les deux jeunes créateurs ont également noué des partenariats avec des industriels de la région, qui sont prêts à produire les différents éléments de leurs serrures, assemblées ensuite dans les locaux de la start-up.

Havr vient d'ailleurs de pousser la porte d'Euratechnologies à Lille, où elle va prendre ses quartiers, et installer une partie de son équipe de 13 personnes. Elle conserve, en parallèle, des bureaux à l'incubateur de l'UTC, où les dirigeants doivent encore… valider leur diplôme de fin d'étude.

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