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Interview Arnaud Marion : "Une crise, c'est ce qui arrive quand une entreprise ne s'est pas transformée"

Entretien avec Arnaud Marion, fondateur et dirigeant de l’Institut des hautes études de la gestion de crise (IHEGC)

Propos recueillis par Elodie Soury-Lavergne - 13 janvier 2022

Arnaud Marion est spécialisé dans la transformation des entreprises, avec 48 mandats de directeur général à son actif et 320 dossiers de redressement (dont Doux, Vélib, Hersant Média, etc.). Cofondateur du fonds régional de financement et d’accompagnement FE2T, dédié aux PME et ETI, il vient d’installer à Lille son Institut des hautes études de la gestion de crise (IHEGC), né à Londres il y a un an.

Arnaud Marion, fondateur et dirigeant de l’Institut des hautes études de la gestion de crise (IHEGC), qui s’est installée à Lille en janvier 2022.
Arnaud Marion, fondateur et dirigeant de l’Institut des hautes études de la gestion de crise (IHEGC), qui s’est installée à Lille en janvier 2022. — Photo : MCD

Vous venez d’installer à Lille votre institut de formation pour les dirigeants d’entreprise, l’IHEGC, né à Londres il y a un an. Quel regard portez-vous sur l’entrepreneuriat régional ?

Depuis 2020, j’accompagne des dirigeants d’entreprise des Hauts-de-France, sur le volet formation, via le fonds FE2T. C’est un fonds de financement et de transformation des PME et ETI, que je porte aux côtés du campus entrepreneurial Entreprises & Cités et du Groupe IRD (acteur de développement économique régional NDLR). Ce qui m’a frappé dans les Hauts-de-France, c’est le haut niveau entrepreneurial des gens rencontrés et leurs valeurs communes. J’ai travaillé dans d’autres régions : les entrepreneurs des Hauts-de-France se caractérisent par un souci d’être très intégrés dans leur territoire. Il y a une grande implication et une volonté de lui rendre ce qu’il a donné. Comme j’ai récemment quitté Londres pour m’installer à Lille (depuis janvier 2022 NDLR), j’y ai aussi implanté le siège de l’IHEGC.

Pourquoi avoir retenu le format numérique ?

Avec la crise du Covid, nous avons tous constaté que le format numérique est très agile. C’est donc celui-ci que j’ai retenu quand j’ai créé l’IHEGC. C’est un format qui permet facilement la rediffusion de formations mais aussi le partage de vidéos capsules, donnant la parole à différents experts. Il fait aussi gagner du temps et de l’argent aux dirigeants d’entreprise : les horaires sont respectés, il n’y a pas de temps de déplacements, ni de coûts liés au transport ou à la réservation d’un hôtel. Le bilan carbone d’une formation en ligne est bien meilleur que celui d’une formation en présentiel. S’il m’arrive de faire des formations sur-mesure, cette école fonctionne avec quatre sessions étalées sur quatre semaines, de 8 heures à 13 heures. L’IHEGC comporte aussi un club réservé aux diplômés. L’idée est de les réunir tous les trimestres, avec un invité de prestige et d’organiser par ailleurs un événement physique par an, afin de réunir tout le monde. Le premier événement de ce type aura lieu à Lille en juin 2022.

Quelles sont les clés de la pérennité d’une entreprise ?

Une crise, pour moi, c’est ce qui se passe quand une entreprise ne s’est pas transformée. D’où l’importance de la formation des dirigeants, qui permet de prendre de la hauteur. Nous abordons via l’IHEGC des sujets comme la détermination d’une raison d’être, la structuration d’une gouvernance, notamment dans le cas de franchissements de seuils, etc. C’est toujours l’absence de remise en question qui provoque la chute. On me dit souvent que les solutions avancées sont "désarmantes de facilité". C’est cela finalement mon rôle et celui de l’IHEGC : faciliter les choses complexes. Pour être réussie, une transformation doit être réalisée avec toutes les parties prenantes : les salariés en particulier, mais aussi les fournisseurs, clients, partenaires, etc. Il faut dialoguer avec tout le monde, chacun a une vision et une pièce du puzzle, qu’il s’agit ensuite de reconstituer pour déterminer les meilleurs leviers. Les solutions à la sortie de crise se trouvent toujours à l’intérieur des entreprises. Ce qui est sûr, c’est qu’un changement imposé aux collaborateurs, sans être expliqué, cela ne marche jamais. Le changement, il faut le bâtir ensemble. Quant au dirigeant, il a un rôle majeur, celui de l’impulsion.

Arnaud Marion, fondateur et dirigeant de l’Institut des hautes études de la gestion de crise (IHEGC), qui s’est installée à Lille en janvier 2022.
Arnaud Marion, fondateur et dirigeant de l’Institut des hautes études de la gestion de crise (IHEGC), qui s’est installée à Lille en janvier 2022. — Photo : MCD

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