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En repli, les cessions-acquisitions de PME ont connu une année 2022 moins difficile que prévu

Par Pierrick Lieben, le 09 mai 2023

Le marché des fusions-acquisitions de PME est passé tout près de la catastrophe en 2022. Mais si la chute tant redoutée des transactions est finalement restée contenue, les investisseurs ne s’en sont pas moins montrés plus prudents et sélectifs. Et ils devraient rester sur leurs gardes cette année, avertit une étude d’In Extenso Finance et Epsilon Research.

Dans un marché des fusions-acquisitions de PME en baisse, le BTP détonne avec 52 % de transactions en plus, l’an dernier, relevées par In Extenso Finance et Epsilon Research.
Dans un marché des fusions-acquisitions de PME en baisse, le BTP détonne avec 52 % de transactions en plus, l’an dernier, relevées par In Extenso Finance et Epsilon Research. — Photo : ucarer

S’il existe des défaites encourageantes dans le sport, il peut aussi survenir des déclins rassurants en économie. C’est en tout cas le bilan, assez paradoxal, que tirent In Extenso Finance et Epsilon Research de l’évolution des cessions-acquisitions de PME en 2022.

Le marché des fusions-acquisitions reste hésitant et fluctuant

Oui, le marché a fini dans le rouge, constate ce 7e panorama annuel, centré sur les achats d’entreprises valorisées entre 1 et 50 millions d’euros. Il a comptabilisé au total 1 080 opérations, soit un recul de près de 8 % sur un an. Et pourtant, les auteurs ne cachent pas leur soulagement, et même leur surprise, face à cette contre-performance toute relative. Ils s’attendaient en effet à une contraction deux fois plus importante, après un millésime 2021 très dynamique et, surtout, au vu d’un premier semestre 2022 des plus poussifs. Les investisseurs ont alors été refroidis par une conjonction de vents contraires, entre la guerre en Ukraine, la montée de l’inflation, la hausse des taux d’intérêt, ou encore les difficultés d’approvisionnement et de recrutement dans les entreprises.

Autant d’inquiétudes dont ils ont finalement fait fi dans la deuxième moitié de l’année : le nombre de transactions est alors "exactement revenu au niveau observé à la même période" un an plus tôt. Avec notamment le retour remarqué des fonds d’investissement, à l’origine de 22 % des fusions-acquisitions de PME sur l’année (+8 points, et seule catégorie en hausse).

Pour 2023, il sera toutefois difficile de poursuivre sur la même lancée. In Extenso Finance et Epsilon Research ont déjà constaté "un attentisme renouvelé" de la part des acteurs, "en raison de la situation économique, des incertitudes politiques et du manque de visibilité". Pour ne rien arranger, les valorisations sont orientées à la baisse dans plusieurs secteurs, d’où une frilosité accrue des cédants. Mais les acquéreurs restent à l’affût et, avec cette "forte pression à l’achat", l’étude estime que "le marché devrait continuer, cette année, à prouver sa solidité".

Les acquéreurs privilégient les valeurs sûres

Reste que, dans ce contexte agité, les investisseurs se montrent plus sélectifs, comme l’a déjà prouvé l’année écoulée. Les investisseurs se sont ainsi largement détournés des PME valorisées moins de 5 millions d’euros : elles ne représentaient plus que 43 % des opérations recensées, en baisse de 11 points par rapport à 2021. À la place, ils se sont plutôt tournés vers les entreprises les plus importantes (+22 %, rien que pour celles pesant 15 à 50 M€).

De même, si tous les secteurs étaient à la fête en 2021, les acquéreurs ont semblé privilégier les plus porteurs en 2022. Seuls trois sont ainsi parvenus à conclure davantage d’accords en 2022. À commencer par le BTP (112 opérations, +52 % !), "tiré par les chantiers du Grand-Paris, la préparation des Jeux olympiques et paralympiques [de 2024], et la montée en puissance des exigences et des normes environnementales". Les transports ont, eux, poursuivi leur consolidation (43 transactions, +15 %), "au détriment des micro-entreprises, car l’activité à faible marge est soumise à une importante pression concurrentielle", relève le baromètre. Enfin, le domaine des technologies, médias et télécommunications, reste le plus attractif (332 acquisitions), sans pour autant briller outre mesure (+1 %).

L’année s’est avérée, en revanche, bien moins animée dans les biens d’équipement (-37 %, même s’ils demeurent le 4e secteur en nombre de deals), la distribution (-21 %) et les activités énergie, chimie et matières premières (-20 %).

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